Press review

Media room

Echanges céréaliers en Afrique de l’Ouest

by Boukary Bonkoungou, aouaga.com, 1 Dec 2016

December 1, 2016

Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA), en collaboration avec le Réseau des organisations paysannes et de producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA) organise, du 29 novembre au 1er décembre 2016 à Ouagadougou, une conférence régionale sur la commercialisation des céréales en Afrique de l’Ouest.

Les céréales, notamment le riz et le maïs sont des produits stratégiques qui assurent la sécurité, voire la souveraineté alimentaire des populations en Afrique de l'Ouest, selon la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Les actions, en direction des autres céréales, manquent de visibilité et en dépit de l'importance que les acteurs accordent au secteur céréalier, jamais, il n'a eu un forum d'envergure régionale pour promouvoir leur marché. Ce constat a valu une conférence internationale sur le commerce des céréales, tenue le mardi 29 novembre 2016 à Ouagadougou. Pendant trois jours, le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) avec ses partenaires, à savoir le Réseau des organisations paysannes et de producteurs agricoles de l'Afrique de l'Ouest (ROPPA), le Réseau Ouest-africain des céréaliers (ROAC), l'Association africaine du crédit rural et agricole (AFRACA) et d'autres acteurs vont partager la vision d'une modernisation du marché des céréales. C'est sous le thème : «Comment fluidifier les échanges des céréales en Afrique de l'Ouest : quels instruments et mesures de marché ?» que les parties prenantes à cette rencontre vont se pencher pour faire de cette modernisation du marché céréalier, un élément-clé dans l'optique de relever la barre haute de la production et la transformation des céréales en Afrique de l'Ouest. Selon le directeur du CTA, Michael Hailu, en organisant cette conférence, sa structure souhaite fédérer avec ses partenaires les offres de plusieurs acteurs régionaux et nationaux pour transformer les marchés en un instrument qui galvanise la production céréalière. L'objectif principal de cette conférence sur «Les chaines de valeurs céréalières transfrontalières» est d'analyser les défis, les enjeux et les opportunités liées au développement du commerce régional. Pour le conseiller technique du ministère en charge de l'agriculture, Tinga Ramdé, représentant le ministre de tutelle, Jacob Ouédraogo, la pertinence de ce thème n'est plus à démontrer. Car, les échanges entre les pays en matière de commerce de céréales sont un pan très important du développement économique en Afrique de l'Ouest. Selon lui, la sécurité alimentaire n'a pas de frontière, par conséquent, les transactions céréalières vont permettre de transférer les céréales des zones de production vers celles déficitaires. Le ROPPA, présent à cette rencontre, a salué l'initiative de la CTA d'avancer la réflexion sur des questions stratégiques liées à l'agriculture et d'aider les organisations paysannes et professionnelles agricoles à prendre leur place et assumer pleinement leur rôle dans les agendas de développement. Pour le président du conseil d'administration du ROPPA, Djibo Bagna, le combat à mener pour faciliter les échanges est la recherche de politiques agricoles au sein d'organisations sous-régionales comme l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) dans laquelle, les économies des pays membres sont basées sur l'agriculture familiale. «Nous nous battons pour une Afrique nourricière en vue de produire Afrique, consommer Afrique...», a-t-il expliqué. De l'avis du président du ROAC, Soumaïla Sanou, sa structure, en prenant part à la conférence internationale, va plaider pour qu'il y ait véritablement une libre circulation des céréales dans les pays d'Afrique de l'Ouest. A l'entendre, ce sont des expériences vécues ailleurs que la ROAC veut transférer aux pays de la sous-région ouest-africains pour briser les frontières qui existent encore. L'AFRACA qui a récompensé le CTA séance tenante s'est convaincue que les recommandations issues de la rencontre vont améliorer les conditions de vie des populations.

Boukary BONKOUNGOU