Intégrer la cohérence des politiques de développement dans la PAC
Selon un article publié en mars sur le site Internet Euractiv.com consacré à l’actualité et aux politiques, bien que le processus de réforme de la PAC entrepris jusqu’ici ait permis de réduire drastiquement le besoin de recourir aux instruments politiques, les ONG de développement ont tout de même souligné l’importance d’évaluer l’impact des mesures de la PAC sur les pays en développement. Ces instruments politiques comprennent notamment les subventions à l’exportation, les paiements à l’intervention et les paiements couplés, et sont traditionnellement considérés comme des formes de soutien ayant des effets de distorsion des échanges. Des appels ont été lancés pour la surveillance des effets de la PAC en termes d’exportations et d’importations sur les pays en développement. Certains eurodéputés soutiennent ces appels, et suggèrent la nécessité d’« évaluer régulièrement l’impact mondial des politiques de la PAC ».
Le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation affirme également que, « pour que la PAC soit efficace auprès des agriculteurs à l’intérieur et à l’extérieur de l’UE, (…) une surveillance minutieuse des impacts des exportations et des importations agricoles de l’UE sur les pays en développement » doit être mise en place.
Cependant, cela n’est pas si facile. Comme le relève le Centre européen de gestion des politiques de développement (ECDPM), les pays en développement représentent « un groupe extrêmement hétérogène », ce qui rend « épineuse l’identification d’un intérêt de développement commun ». Les analystes de l’ECDPM ont également fait remarquer que « les effets négatifs évidents du dumping par les subventions à l’exportation [ont] pour la plupart disparu », affirmant qu’il y a à présent « d’autres chats à fouetter alors qu’il s’agit de s’assurer que les politiques de l’UE ne mettent pas en péril la sécurité alimentaire mondiale ». Selon eux, cette situation délicate renforce la nécessité d’une surveillance efficace des effets externes de la PAC.
L’article d’Euractiv.com signale que certaines ONG de développement sont allées encore plus loin, en liant les appels à une surveillance des effets externes des mesures de la PAC aux appels pour l’établissement d’un mécanisme de plaintes officiel à l’égard du « dumping » des produits alimentaires et agricoles par les exportateurs de l’UE sur les marchés des pays en développement. L’impact des exportations de morceaux de viande de volaille de l’UE sur le secteur de la volaille en Afrique de l’Ouest suscite une certaine inquiétude. En effet, l’article fait référence à un rapport de l’OCDE publié en septembre 2012 qui avance que l’UE « a augmenté [les subventions] pour les exportations de produits laitiers et de volaille ces dernières années ».
