Création d’emplois jeunes dans l’agriculture

Des milliers d'opportunités pour les jeunes grâce à l'agriculture

Les jeunes ont des aspirations et beaucoup d’attente par rapport à leur avenir. Cette réalité a suscité un panel co-organisé par le CTA mercredi 6 septembre 2017 au Sofitel Hôtel Abidjan, avec pour thème : « Créer des emplois et promouvoir l’esprit d’entreprise vers la sécurité alimentaire au 21ème siècle ». 

Le cercle est vertueux. Non seulement le développement agricole est créateur d'emplois, mais c'est parmi les jeunes que l'on peut faire les meilleurs entrepreneurs, ce précisément dont a besoin l'agriculture africaine pour se développer.

La cause était entendue parmi les six intervenants au panel co-organisé par le CTA mercredi 6 septembre 2017 à l'auditorium du Sofitel Hôtel Abidjan, qui avait pour thème : « Créer des emplois et promouvoir l'esprit d'entreprise vers la sécurité alimentaire au 21ème siècle ».

Faire aimer leur milieu aux jeunes

Car il y a bel et bien deux types d'investissements : l'investissement direct dans l'agriculture, qui permet de créer des emplois, et l'investissement indirect dans la nutrition. Mais avant toute chose, a rappelé Mamadou Cissokho, fermier à Bamba-thialene (Koumpentoum) au Sénégal, « Mobilisons-nous pour que les jeunes vivent bien dans leur milieu ! C'est un problème de revenu et de conditions. Créez des environnements favorables pour les jeunes».

Un accès aux finances reconnu par tous comme un défi, un obstacle à l'initiative privée de jeunes et ne leur permettant pas de dynamiser leur activité, a précisé Coulibaly Alima, présidente de l'association d'Agro-industrie en Côte d'Ivoire. « Il faut des subventions aux jeunes débutants, aux jeunes entrepreneurs, aux petits transformateurs, aux agroindustriels pour l'achat d'équipements, d'appareils, et pouvoir mécaniser leurs activités. Le problème, c'est la subvention ; il faut leur donner des subventions. Il n'y a pas de politique de financement ».

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Les compétences, le ferment de l'emploi

« Il n'y a pas que des difficultés, il y a des milliers d'opportunités», estime, pour sa part, Dr Mima S. Nedelcovych, présidente d'Initiative for Global Development (IGD). Des opportunités qui émergent notamment grâce à la formation, a précisé Isolina Boto, responsable du CTA à Bruxelles. « Les compétences sont le ferment des emplois. »

« Vous devez apprendre de vos échecs à l'échelle continentale. Il faut que la formation universitaire soit liée aux entreprises afin qu'elles puissent former des jeunes opérationnels. Il faut des incubateurs d'emplois au niveau des universités pour lier la formation aux entreprises», selon Mima Nedelcovych.

Il s'agit d'accompagner les jeunes, les encadrer, les mettre en réseau, les confier à des mentors. « Il faut faire le plaidoyer à l'accès aux financements et il faut les assister en termes de gestion », a poursuivi la responsable du CTA. Pour Sambou Coly, directeur de programme inclusion financière de Mastercard, il s'agit aussi de mettre en œuvre des programmes de formation ciblés et attractifs, leur apprendre les techniques, les TIC et comment créer une entreprise.

Sans oublier l'indispensable réseautage. «Nous nous organisons pour que les jeunes entrepreneurs inter-échangent...", a indiqué Isolina Boto.

La jeune fondatrice et directrice de Sooretul, Awa Caba, est allée plus loin encore, appelant à dessiner un nouveau canevas en terme d'environnement des affaires et de responsabilisation individuelle: « Améliorer le capital humain, enclencher la bonne approche, toiletter les textes légaux, rédiger de nouveaux textes (approche beaucoup plus innovante), renforcer les capacités des jeunes, des femmes, afin qu'ils se prennent en charge».

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