Note conceptuelle : Enjeux et opportunités pour les petits producteurs

Forum Régional sur le manioc en Afrique centrale, 6-9 déc 2016 Yaoundé, Cameroun

  • Afrique centrale

Si les cultures de rente, le bétail et les céréales continuent de jouer un rôle économique important dans la région d’Afrique centrale, les racines et tubercules en général et le manioc en particulier apparaissent comme l'une des cultures agricoles présentant le plus grand potentiel sur le plan de l'amélioration de la productivité, de la création de valeur ajoutée et de développement du commerce régional. Contribuant directement aux objectifs généraux de sécurité alimentaire et nutritionnelle et de réduction de la pauvreté dans la région, le manioc constitue encore très largement la base de l’alimentation humaine et dispose d’un important potentiel en ce qui concerne l’alimentation animale et la transformation industrielle. 1

En effet, alors que ses racines constituent une source d'énergie, ses feuilles un apport intéressant en protéine, vitamines et minéraux, le manioc est aussi utilisé comme matière première pour un vaste éventail de produits alimentaires transformés (gari, chips, farine, bière, etc.). Il s'agit donc d'un produit stratégique qui répond directement aux exigences alimentaires et nutritionnelles des villes en croissance rapide de la région. Enfin, dans un contexte de changement climatique certain, le manioc fait preuve d'une grande capacité à résister aux périodes de sécheresse et à croître dans des sols peu fertiles. Autant d'atouts qui permettent aux différents acteurs de la filière manioc de générer des revenus non négligeables.

Le développement de cette filière a fait, et continue de faire l'objet de très nombreux projets d'appui (FIDA, IITA, DONATA, CORAF, NRI, FAO, PIDMA/MINADER/Banque mondiale, UE, C2D, BAD, etc.) dans les différents pays de la région tant sur les aspects liés à la production et multiplication de boutures de qualité et l'adoption de nouvelles variétés que sur les questions de pertes post-récolte en passant par les techniques de transformation et de commercialisation ainsi que l'organisation des acteurs. Les expériences et les connaissances générées par l'ensemble de ces projets sont malheureusement trop peu souvent partagées au sein de la région et les succès comme les échecs ne semblent pas être suffisamment capitalisés. Une situation qui ne facilite ni la mise à l'échelle des projets ni l'augmentation des investissements privés.

En tant qu'institution ACP-UE œuvrant au développement des chaînes de valeur agricoles notamment via une meilleure gestion des connaissances, un renforcement des capacités des acteurs et un plus grand dialogue entre eux, le CTA s'est engagé à appuyer, sur la période 2016-2020, la région Afrique centrale à promouvoir le développement des chaines de valeur manioc pour réduire la pauvreté et contribuer à la sécurité alimentaire de la région. Fort des liens étroits développés depuis de nombreuses années avec la plateforme régionale des organisations de producteurs d'Afrique Centrale (PROPAC) mais aussi des nombreuses discussions et échanges avec les autres acteurs de la région et plus particulièrement le PRASAC, la CEMAC, la CEEAC, le FIDA et IITA ; le CTA propose de jouer un rôle d'intermédiation, de mise en commun des synergies, de mise en cohérence des approches et de facilitation du changement en vue d'une amélioration des pratiques et des politiques en cours dans la région.

L'organisation d'un forum régional d'une semaine consacré au développement des filières manioc s'inscrit donc à la fois dans le cadre du démarrage des appuis du CTA à la région Afrique centrale et notamment la validation d’un certain nombre d’études de cadrage et d’analyses des besoins mais répond aussi au souci direct des acteurs de la région de disposer d’un espace de dialogue, de partage et de capitalisation des connaissances ainsi que de renforcement des capacités.

Objectifs et résultats attendus

L’objectif principal de ce forum consiste à réunir les principaux représentants des différents maillons des filières manioc d’Afrique centrale et d’élaborer de façon participative un agenda commun pour la région qui puisse répondre à leurs attentes ainsi qu’à celles exprimées par les autres acteurs que sont les chercheurs, les décideurs politiques ainsi que les financiers.

De façon plus spécifique, la « semaine manioc » d’Afrique centrale permettra de :

  • valider un certain nombre d’études récentes réalisées par le CTA et d’autres organisations sur des thèmes spécifiques liés au développement des filières manioc,  
  • sensibiliser et former toute une série d’acteurs de la région sur certains aspects transversaux clés tels que la gestion des connaissances y compris les NTIC, les financements innovants des chaînes de valeur, les rôles et enjeux liés aux interprofessions, etc.,
  • organiser des visites de terrain sur des cas pilotes innovants ainsi que des sessions business-to-business (B2B) en vue de faciliter les liens entre producteurs, commerçants, transformateurs/agribusiness et institutions financières.

Compte tenu de l’importance du manioc pour la région et l’importance pour les acteurs de pouvoir se réunir régulièrement, l’idée sera lancée d’organiser la « semaine manioc » tous les deux ans en tant que forum ou foire régionale. Ce forum régional pourra ensuite continuer à vivre sous la forme d’une communauté de pratique virtuelle animée par une ou deux organisations se portant volontaire.

Approche

L’approche retenue se base sur une série de principes directeurs qui guideront les activités tout au long de l’évènement. Ces principes intègrent une approche de génération et d’appropriation collective de connaissances. Il s’agit notamment de :

  • Partager les informations, les connaissances et les leçons à tirer d'expériences passées ;
  • Contextualiser les cas de succès/échecs en reconnaissant les forces et faiblesses de chaque expérience et des acteurs en présence ;
  • Acquérir de nouvelles compétences propres aux besoins des différents acteurs impliqués ;
  • Identifier de nouveaux partenaires ;
  • Développer un agenda commun.

Contenu thématique

Le contenu de cet évènement portera notamment sur les thèmes suivants :

  • Plateformes d'innovations multi-acteurs manioc et harmonisation des pratiques
  • Interprofessions manioc : rôles et enjeux
  • Financements innovants et gestion des risques dans la chaîne de valeur manioc
  • Rôle des nouvelles technologies de l'information et de la communication dans la chaîne de valeur manioc
  • Enjeux liés au développement de produits nutritionnels à base de manioc
  • Intégration des jeunes et des femmes dans la chaîne de valeur manioc
  • Contractualisation
  • Commercialisation des produits et sous-produits du manioc et obstacles au commerce : harmonisation des politiques, débouchés commerciaux, etc.
  • Gestion des connaissances
  • Itinéraires techniques de production, gestion des maladies et bonnes pratiques

La liste présentée ci-dessus ne constitue qu’une première ébauche en lien avec les thèmes directement couverts par le CTA mais pourrait être complétée par la suite en fonction des propositions formulées par les partenaires.

Partenariats

L'atteinte des objectifs de cet évènement est fortement liée à la mobilisation de multiples partenariats permettant de couvrir l'ensemble des catégories d'acteurs impliqués dans le développement des chaînes de valeur manioc en Afrique centrale.

Le forum sera organisé en collaboration avec la PROPAC et avec l'appui du PRASAC, de l'IITA, la FAO, le FIDA, l'IRAD, le PIDMA, le MINADER et le MINMIDT.

Ces organisations seront impliquées dans l'organisations d'activités spécifiques (sessions parallèles, formations, visites de terrain/'learning journey', etc.) et contribueront directement au succès de l'évènement.

Participants

Le Forum Manioc mobilisera approximativement 120 participants, représentant les différents acteurs impliqués dans la chaine de valeur manioc : producteurs, transformateurs, commerçants, ONG d’appui, chercheurs et décideurs publics. Au-delà des partenaires du Forum (cf. supra), des délégations nationales des six pays (Cameroun, Congo, Gabon, RCA, RDC, Tchad) composées des principaux représentants des filières manioc seront invitées ainsi que des représentants d’organisations régionales, internationales et bailleurs de fond. Enfin, des représentants du secteur manioc du Ghana et du Nigéria seront également présents afin de partager leurs expériences avec les pays d’Afrique centrale concernés.

Format, lieu et organisation

Le Forum Manioc se tiendra à Yaoundé du 6 au 9 décembre 2016 sur le site de l’hôtel de ville (Communauté Urbaine de Yaoundé - CUY) sous la forme d’une série d’activités diverses répondant aux besoins des différentes catégories d’acteurs représentées. Le forum se déroulera en même temps que le Salon International de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire de Yaoundé (SIALY) qui se tiendra également sur le site de la CUY et avec lequel des synergies seront développées.

Plus spécifiquement, le forum débutera avec une séance d'ouverture officielle, une conférence de presse suivie d'une visite des stands d'exposition et d'un cocktail d'ouverture en présence des officiels. L'après-midi de la première journée sera consacrée à plusieurs visites de terrain à la carte. Les journées suivantes seront consacrées à des mini-conférences thématiques et des sessions de formation ainsi que plusieurs rencontres Business to Business ('B2B') entre opérateurs privés facilités par un cabinet spécialisé. Une session d'échanges sur les connaissances acquises lors du forum sera organisée le dernier jour suivie d'une séance de capitalisation et de recommandations sous la forme d'une feuille de route avant la clôture officielle de l'évènement.

Chaque activité sera pensée de façon à mener à un résultat concret et opérationnel.

Plusieurs visites de terrain seront proposées afin d'illustrer certains aspects spécifiques de la chaîne de valeur : aspects liés à la production et aux semences/variétés améliorées, aspects liés à la transformation artisanale, aspects liés à la transformation industrielle et semi-industrielle, aspects liés à la commercialisation/emballage/normes, aspects liés au financement, etc.

Les mini-conférences thématiques consisteront en une série de sessions de deux heures chacune sur un thème spécifique lié au développement des chaînes de valeur manioc de la région.

La partie 'business-to-business' visera à favoriser le networking entre opérateurs privés et plus spécifiquement entre producteurs, commerçants et transformateurs avec comme objectif de déboucher sur des accords commerciaux ou promesses de contrat. Une préparation importante en amont sera nécessaire pour maximiser les résultats des sessions d'échange entre opérateurs. La préparation et la facilitation des échanges sera confiée à un cabinet spécialisé.

Par ailleurs, des stands seront mis à disposition des différents pays représentés afin de disposer d'une vitrine des filières manioc nationales. Les organisations partenaires du Forum auront également la possibilité de réserver un stand pour présenter leur programmes, activités et éventuelle offre de services.

Communication

L'organisation du forum sera accompagnée par un plan de communication ambitieux qui permettra d'assurer le succès de l'évènement. Une large couverture médiatique au niveau national, régional et international sera mise en place de façon à disséminer le plus largement possible les résultats des discussions et des échanges. Les médias sociaux seront également fortement mobilisés avec la présence d'une équipe de jeunes 'bloggers' et reporters africains. Des partenariats avec des organes de presse au Cameroun et dans la sous-région seront établis.

Un plateau télé animé par un journaliste spécialisé sera organisé au début du Forum afin d'augmenter la visibilité de l'évènement et promouvoir le thème auprès du grand public. Twitter et Facebook seront utilisés pour augmenter les interactions avec le public.

 


 

1 La production moyenne de manioc en Afrique centrale a été évaluée à plus de 27 millions de tonnes entre 1994 et 2014 (rendement moyen de plus de 7,2 t/ha) avec une croissance de 27% sur ces 20 dernières années. Selon la FAO, l’Afrique centrale a enregistré son niveau le plus élevé en 2013 avec une production de plus de 40 millions de tonnes, représentant ainsi près d’un tiers de la production de l’Afrique dans son ensemble. Il convient de noter que la RDC et le Cameroun constituent les principaux pays producteurs de la région.