Promouvoir le partage des connaissances au sujet du manioc - Le débat diffusé en direct par la Cameroon Radio Television

  • Afrique centrale

Mieux informer les petits producteurs et transformateurs de manioc peut contribuer à développer ce secteur. Ceci a été discuté lors du débat diffusé par la télévision nationale camerounaise en collaboration avec le magazine Spore du CTA, en décembre 2016. A l’antenne : Marie Noëlle Koraya, ministre conseiller auprès du président de la République Centre Africaine en matière de développement agricole et rural, Elisabeth Atangana, présidente de la Plateforme Sous Régionale des Organisations Paysannes d'Afrique Centrale (PROPAC), Alain Eba, représentant du groupe Nestlé et Thomas Ngue Bissa, coordinateur national du Projet d’Investissement et de Développement des Marchés Agricoles (PIDMA). Présentation : Mélanie Bétébé (CRTV).

Le débat, rediffusé en direct par la Cameroon Radio Television (CRTV), était organisé en collaboration avec le magazine Spore, dans le cadre du Forum régional sur le manioc en Afrique centrale qui s’est tenu du 6 au 9 décembre à Yaoundé, au Cameroun. Le Forum a été organisé par le CTA et le PROPAC avec le soutien d’autres partenaires. L’objectif principal de cet événement de quatre jours a été la consolidation et le partage des connaissances entre tous les acteurs de la chaîne de valeur du manioc.

Michael Hailu, le directeur du CTA, a souligné, lors du débat retransmis en anglais, l’importance d'apporter de la valeur ajoutée au manioc comme stratégie d’amélioration des conditions de vie pour les communautés rurales de la région.

« Pour l’instant, il y a très peu de création de valeur ajoutée », a-t-il déclaré. « Le défi réside dans le développement des capacités des producteurs et des transformateurs à exploiter les opportunités de marché lucratives qui existent », a-t-il ajouté.

Selon Elisabeth Atangana, la présidente du PROPAC, il est crucial de soutenir les petits exploitants afin qu’ils puissent accroître leur production et améliorer la qualité de manière à pouvoir prendre part aux chaînes de valeur profitables du manioc.

« Au Cameroun, l’essentiel du manioc est produit par des familles d’agriculteurs et ces petits exploitants n’approvisionnent pas seulement leurs propres communautés, mais aussi les consommateurs urbains et plus encore », a-t-elle rappelé. « La plateforme PROPAC essaie de renforcer leurs capacités de développer une approche agroalimentaire de la production de manioc. »

Toutes les stratégies destinées aux agriculteurs devront être adaptées à leurs besoins et aux circonstances. Cela implique notamment des efforts de recherche visant à améliorer le rendement des récoltes et combattre les ravageurs et les maladies.

« Beaucoup des techniques disponibles sont simples et abordables pour les petits exploitants », a expliqué le Dr Rashid Hanna, directeur de l’Institut international d’Agriculture tropicale (IITA) du Cameroun. « Les agriculteurs ont besoin de solutions simples. Le travail requiert donc leur participation. Il est important de travailler avec tous les acteurs de la chaîne de valeur, y compris les consommateurs. »

Le partage des connaissances de la chaîne de valeur du manioc peut aider à faire évoluer le secteur en Afrique centrale, ont rappelé les conférenciers participant au débat télévisé.

« Ce n’est pas comme si nous partions de zéro. Cela fait des dizaines d’années que le Nigeria transforme le manioc à échelle industrielle », a expliqué le professeur Ben Bennett, directeur adjoint du Natural Resources Institute du Royaume-Uni « Nous devons tirer les leçons des expériences réussies et des échecs. »

Il a cité la Thaïlande comme modèle de gestion efficace du manioc, avec une infrastructure bien établie et un système routier très développé permettant d’acheminer le produit brut jusqu’aux centres de transformation et aux marchés.

« Le manioc est étonnamment périssable. Il se détériore considérablement 72 heures après avoir été retiré du sol. Il faut donc être très organisé », a expliqué le professeur Bennett. « Le manioc peut être transformé à petite ou à grande échelle. Les pays comme la Thaïlande le font avec succès. Il n’y a pas de raison pour que l’Afrique centrale n’y parvienne pas aussi. »

Selon Ngue Bissa, coordonnateur national du PIDMA Cameroun, le manioc n’est plus une culture de subsistance mais plutôt une culture de rente au Cameroun. La place prépondérante qu’occupe cette culture favorise le développement de nombre d’initiatives parmi lesquelles figurent des collaborations avec des acteurs de la recherche. « Avec les instituts de recherche, notamment l’IRAD et l’IITA, nous avons signé des conventions et une quinzaine de variétés de manioc ont été fortement développées en milieu paysan avec des rendements allant à plus de 20 tonnes à l’hectare » a-t-il déclaré.

Le manioc apparait comme une culture qui dispose d’un fort potentiel de substitution aux matières premières importées. Selon Alain Eba, représentant du Groupe Nesté, la société a défini une stratégie de substitution des matières premières importées par des produits locaux.  « Qu’est-ce que nous pouvons remplacer dans nos recettes par des substituants locaux ? Et cela nous a conduit à travers nos travaux de recherche à identifier la farine de manioc et même l’amidon de manioc » a-t-il expliqué.

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