La plate-forme des Chefs pour le développement arrive en Afrique centrale

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Un réseau de chefs cherchant à promouvoir des liens plus étroits entre les acteurs de la chaîne de valeur dans les secteurs culinaire et agricole a été lancé en Afrique centrale. « Chefs for Development » (« des chefs pour le développement ») opérait auparavant dans les régions des Caraïbes et du Pacifique uniquement. La plate-forme avait été officiellement dévoilée en octobre dans les îles Caïmans, lors de la Semaine caribéenne de l'agriculture 2016

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Le réseau a été conçu pour renforcer l'accès des petits exploitants au marché du tourisme et promouvoir de la nourriture plus saine d'origine locale pour tous les consommateurs. « Chefs for Development » (Chefs4Dev) a déjà remporté un succès considérable dans les régions ACP où il opère.

En plus d'organiser des activités de terrain – notamment des formations pour les jeunes chefs, des festivals culinaires et des émissions télévisées – Chefs4Dev fonctionne aussi comme une communauté en ligne.

Son site internet sert de plate-forme sur laquelle les chefs des pays ACP peuvent échanger des nouvelles, des expériences et des recettes.

Le CTA coordonne cette plate-forme innovante en partenariat avec l'Institut interaméricain de coopération pour l'agriculture (IICA), l'Organisation du secteur privé des îles du Pacifique (PIPSO), la Communauté du Pacifique (SPC), l'Organisation du tourisme du Pacifique Sud (SPTO), le Fonds international de développement agricole (FIDA), l'organisation Women in Business Development Inc. (WIBDI) et des chefs, des organisations d'agriculteurs et des entreprises agroalimentaires locaux.

À l'occasion du lancement de l'élargissement de l'initiative à l'Afrique centrale, aujourd'hui à Yaoundé au Cameroun, Stéphane Gambier du CTA a déclaré que la plate-forme « Chefs for Development » représentait une opportunité précieuse pour les communautés rurales d'Afrique centrale, où la plate-forme va se développer conjointement avec la Plateforme Sous Régionale des Organisations Paysannes d'Afrique Centrale (PROPAC).

« Les chefs sont les acteurs majeurs de la chaîne de valeur agroalimentaire. Ils jouent un rôle décisif en choisissant les ingrédients qui figureront au menu », a expliqué Stéphane Gambier lors de cette troisième journée du Forum régional sur le manioc en Afrique centrale qui se tient cette semaine à Yaoundé. « Ils connaissent les produits, ainsi que les producteurs et les transformateurs. Ils occupent une position unique en tant qu'ambassadeurs culturels : ils peuvent promouvoir le secteur touristique et contribuer à garantir un plus grand accès aux marchés, ainsi que créer des revenus et des emplois pour les communautés rurales.
Les cinq chefs locaux qui participaient aujourd'hui à la journée de lancement de la plate-forme se sont engagés à proposer plus de plats locaux dans les menus proposés à leurs hôtes.

« Ici, au Cameroun, beaucoup d'hôtels et de restaurants ont tendance à négliger la cuisine africaine », a expliqué Patrice Tomo, chef cuisinier de l'Hôtel Merina à Yaoundé. « Nous devons revenir à nos racines et revisiter la cuisine africaine. » Nous devons présenter nos plats locaux à nos hôtes avant de leur proposer ceux venus d'ailleurs. »

Le chef Emile Engoulou, du restaurant Le Club Municipal, est aussi président de l'association des chefs du Cameroun qui a été lancée pour mettre en valeur l'héritage culturel et culinaire du pays.

« Nous voulons promouvoir la cuisine locale auprès des jeunes camerounais. Ils doivent pour cela comprendre de quoi il s'agit », a-t-il expliqué. « Il s'agit d'un travail de sensibilisation. Nous devons mettre les produits camerounais au centre de notre cuisine. »

Marie Joseph Medzeme Engama, la spécialiste en chaîne de valeur de la PROPAC, a rappelé que le plan d'action lancé aujourd'hui impliquerait de créer des liens plus étroits avec les producteurs locaux.
« Beaucoup de chefs ont eu des difficultés à trouver les ingrédients locaux et garantir un approvisionnement fiable ainsi qu'une bonne qualité de produits », a-t-elle remarqué. « Cela est dû au fait qu'ils ne sont pas en contact direct avec les producteurs – et par conséquent, ils se tournent souvent vers des produits importés. C'est l'un des problèmes clés auxquels nous devons répondre en développant cette initiative. »

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