Jour 1 : Le manioc – une mine d’or pour l’Afrique centrale

  • Afrique centrale

Le manioc offre des perspectives importantes aux petits producteurs et transformateurs d’Afrique centrale. Il renforce la sécurité alimentaire et nutritionnelle et crée des emplois au sein des communautés rurales. Tel est le message du Forum régional sur le manioc en Afrique centrale - Défis et opportunités pour les petits producteurs, qui s’est ouvert aujourd’hui à Yaoundé, au Cameroun.

Avec une production annuelle moyenne de 27 millions de tonnes par an en Afrique centrale, le manioc est la principale culture de base de la région. Il permet la création de valeur ajoutée et génère de nombreux emplois et donc des revenus, en particulier parmi les femmes et les jeunes.

Le forum rassemble plus de 120 des principaux acteurs des différents secteurs de la chaîne de valeur du manioc en Afrique centrale. L'objectif est de permettre l'échange de connaissances et d'expériences entre différentes initiatives destinées à relever le défi d'améliorer les productions, la gestion post-récolte, la transformation et la vente du manioc. L'événement, qui se tient jusqu'au 9 décembre, est organisé en parallèle du Salon International annuel de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire de Yaoundé (SIALY).

L'objectif est d'élaborer un programme commun, de construire des synergies afin de développer des projets et d'attirer des investissements publics. Des avancées indispensables pour assurer la croissance et le développement durable du secteur.

« Le manioc est la culture agricole qui présente le plus grand potentiel de productivité et de création de valeur ajoutée, » explique Michael Hailu, le directeur du CTA, qui organise le forum de quatre jours conjointement avec la Plateforme Sous-Régionale des Organisations Paysannes d'Afrique Centrale (PROPAC) et avec le soutien d'autres partenaires. « Il est et continue de faire l'objet de nombreux projets en Afrique centrale. Malheureusement, l'expérience et la connaissance générées par ces projets ne sont pas transmises convenablement dans la région et personne ne tire les conclusions des succès ou des échecs rencontrés. Cette situation porte préjudice au développement de projets ou à l'augmentation du nombre d'investissements privés. »

Pour relever ce défi, l'approche adoptée par le forum est pratique. Le programme du premier jour propose des visites sur le terrain afin de découvrir des projets pilotes de recherche et de transformation innovants. Les jours suivants, des formations auront lieu sur des domaines intersectoriels clés, tels que la gestion des connaissances, les technologies de l'information et de la communication (TIC) et les outils de financement innovants pour la chaîne de valeur. Le renforcement des liens entre les petits producteurs et le secteur agroalimentaire fera l'objet d'une attention toute particulière. Des rencontres business-to-business seront organisées pour promouvoir des liens plus étroits entre les producteurs, négociants, transformateurs et institutions financières. Des études de cas d'entreprises performantes seront présentées, tant lors du forum que par après, grâce à une « communauté de pratique » instaurée pour partager les connaissances et les bonnes pratiques.

« Le manioc est largement cultivé et consommé en Afrique centrale, » explique Elisabeth Atangana, présidente de PROPAC. « Il a un impact important sur l'éradication de la pauvreté et sa contribution à la sécurité alimentaire et nutritionnelle est inestimable. Mais le manioc est aussi une culture stratégique recelant un grand potentiel pour l'amélioration de la productivité, la création de valeur ajoutée et le renforcement du commerce régional. La chaîne de valeur du manioc est d'une importance capitale à nos yeux. Le manioc est une mine d'or qui peut fortement contribuer à réduire la pauvreté dans notre pays, garantir des emplois pour les femmes et les jeunes et atténuer notre dépendance excessive à l'importation agricole. »

Le forum est aussi l'occasion d'aborder l'importance d'organisations interprofessionnelles plus fortes, les problèmes rencontrés lors du développement des produits nutritionnels à base de manioc et comment garantir l'implication étroite des femmes et des jeunes dans les initiatives de la chaîne de valeur du manioc où des perspectives importantes pour ces deux groupes existent, spécialement pour les jeunes.

« L'agriculture doit être vue comme un business. Nous devons provoquer l'intérêt des jeunes à son sujet et montrer que le manioc peut être source de revenus, » a déclaré Ananga Messina, ministre délégué auprès du ministre de l'Agriculture et du Développement rural au Cameroun. « Le manioc peut être utilisé dans les boulangeries, les brasseries, pour fabriquer l'amidon, le garri et beaucoup d'autre choses. Et tous les maillons de cette chaîne de valeur peuvent créer de l'argent. Le marché est là. »

Le Forum régional sur le manioc en Afrique centrale est organisé par le CTA et le PROPAC, avec le soutien du Pôle régional de recherche appliquée au développement des systèmes agricoles d'Afrique centrale (PRASAC), l'Institut international d'agriculture tropicale (IITA), l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (FIDA), l'Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD), le Projet d'investissement et de développement des marchés agricoles (PIDMA), le Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural (MINADER) du Cameroun et le Ministère des Mines, de l'Industrie et du Développement Technologique (MINMIDT) du Cameroun.