Politiques, Marchés et TIC

Projects

Améliorer la gouvernance et la compétitivité des chaînes de valeur agricoles dans l’ensemble des régions ACP

Aperçu du projet

La chaîne de valeur désigne l’ensemble des activités requises pour mettre un produit sur le marché, de la conceptualisation à la consommation, en passant par la conception, le développement du produit, la transformation, la commercialisation et la distribution. Le CTA mobilise ses partenaires ACP et internationaux ainsi que ses ressources propres pour contribuer à développer des chaînes de valeur agricoles viables dans les régions ACP.

Les principales activités du projet concernent : l’accès croissant à l’information et aux connaissances sur les demandes des consommateurs et les marchés ; les activités de transformation à forte valeur ajoutée ; le financement des chaînes de valeur ; le soutien au développement de politiques favorables et à la mise en œuvre effective de ces politiques ; la mobilisation des ressources et le renforcement institutionnel. Le projet comprend trois composantes complémentaires décrites ci-après.

Promouvoir des chaînes de valeur intégrant les petits exploitants pour les produits prioritaires dans les pays ACP

Les techniques de développement de chaînes de valeur agricoles inclusives sont souvent méconnues. Cette méconnaissance nuit à la mobilisation des investissements et des moyens qui permettraient d’inclure les petits exploitants dans des activités commercialement viables concernant des produits aussi prioritaires que les céréales, les produits horticoles et le bétail en Afrique, les racines et tubercules et le bétail dans les Caraïbes, les noix de coco et le cacao dans le Pacifique. Il y a un manque de recherches permettant d’informer à la fois les politiques et le secteur privé sur les difficultés rencontrées par le secteur privé pour travailler avec des petits agriculteurs, les raisons pour lesquelles certains agriculteurs intègrent des chaînes de valeur et d’autres non, le rôle des organisations de producteurs, l’impact des normes et des systèmes de certification et les contraintes qui pèsent sur l’approvisionnement des marchés urbains. 

Le projet met l’accent sur la production de résultats de recherche et leur utilisation dans les deux autres composantes du projet et les autres projets du CTA. Il met également l’accent sur la diffusion maximale de ces résultats en partenariat avec d’autres organisations.

Développement des capacités et modernisation des chaînes de valeur et des entreprises agricoles

Le développement des chaînes de valeur agricoles requiert un grand nombre de compétences. Il requiert en particulier des jeunes capables d’assumer des responsabilités dans un contexte commercial orienté vers le marché. Pour l’heure, les pays ACP manquent de personnels suffisamment formés aux divers maillons clefs des chaînes de valeur, en particulier les aspects techniques et managériaux. La plupart des universités ne sont pas en mesure de fournir des jeunes diplômés pour l’agro-business, de mettre à niveau des compétences ou de former des décideurs politiques à la compréhension des problèmes. Par ailleurs, la participation des organisations d’agriculteurs dans des configurations à multiples parties prenantes est souvent relativement faible, problème auquel il convient d’apporter une solution.  

Il est possible d’enregistrer un impact maximal s’il y a un partage actif des expériences et une collaboration entre les différentes initiatives portant sur ces questions et si l’accent est mis sur des formations concernant le développement de produits prioritaires. Une approche basée sur le partenariat, qui est au cœur de la stratégie du CTA, constitue le mode opérationnel privilégié pour ces activités. Les universités et les écoles de commerce des régions ACP constituent des partenaires clefs. 

Améliorer l’accès au financement pour les chaînes de valeur

Une croissance durable et équitable n’est possible que si les zones rurales peuvent prospérer, ce qui à son tour exige que les exploitations familiales deviennent des entreprises profitables, orientées par les marchés. Pour cela, les agriculteurs doivent pouvoir investir dans leurs exploitations, acheter les intrants dont ils ont besoin et commercialiser leur production lorsqu’ils estiment que la période est propice plutôt que lorsqu’ils y sont obligés pour des raisons financières. Or les banques et autres organismes de financement estiment qu’il est difficile de prêter à l’agriculture. L’agriculture comporte de nombreux risques qui peuvent ébranler la capacité des agriculteurs à rembourser leurs prêts et, même s’ils en sont capables, les politiques publiques ne les encouragent pas toujours à emprunter. 

Dans la chaîne de valeur financière, les bailleurs de fonds utilisent les interconnexions au sein de la chaîne de valeur pour réduire les risques liés à l’octroi de crédits. Cela permet aux agriculteurs qui ne pourraient autrement pas bénéficier de services bancaires (notamment les femmes et les jeunes) d’avoir accès au crédit, à la fois avant et après la récolte. Par exemple, les agriculteurs qui disposent de contrats garantis sont en meilleure position pour obtenir des prêts des banques ou peuvent obtenir des prêts directement de l’entreprise avec laquelle ils traitent. Cependant, ce n’est pas encore un instrument usuel pour les banques dans les régions ACP, en particulier en raison du fait que les réussites n’ont pas été largement communiquées. Les institutions visant à aider les banques à structurer et à gérer les prêts à la chaîne de valeur sont rares et l’environnement politique peut également être un obstacle majeur. 

Le CTA, de par ses liens étroits avec les banques et les organisations d’agriculteurs dans les régions ACP, est particulièrement bien placé pour soutenir le développement le financement des chaînes de valeur agricoles. La réponse massive à la Conférence Fin4Ag en juillet 2014 à Nairobi (qui a rassemblé plus de 800 participants) indique que le CTA est effectivement à même de catalyser un tel mouvement. Les organisations d’agriculteurs y ont démontré qu’elles pouvaient être des partenaires fiables pour les transformateurs, les acheteurs et les banques et les représentants des instances publiques (y compris des banques centrales) ont reconnu qu’il existe des modèles de partenariat public-privé viables capables de favoriser un accès durable au financement pour les petits exploitants agricoles.