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Développer l'industrie semencière africaine

Mars 16, 2015
  • Afrique de l'est
  • Afrique centrale

L'Afrique est un acteur mineur dans le commerce mondial des semences ( elle représente moins de 2 %). Pourtant, un approvisionnement fiable en semences de grande qualité est d'importance vitale pour la croissance et le développement de l'agriculture africaine. La forte fragmentation du système semencier, l'incohérence des politiques, normes, réglementations et procédures, le coût élevé de l'enregistrement des nouvelles variétés et les infrastructures inadaptées à l'industrie semencière sont autant d'obstacles aux investissements, aux avancées et au développement du commerce dans ce secteur essentiel. 

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Une publication comprenant des contributions d'acteurs étroitement impliqués dans le secteur des semences en Afrique centrale et orientale a examiné les différents systèmes semenciers utilisés et décrit l'environnement politique et les acteurs de la chaîne de valeur concernés, dont les universités, les entreprises et les groupes d'exploitants et de femmes, ainsi que les agences de réglementation et les autres structures d'assistance.

Le travail préparatoire de la publication Seed systems, Science and Policy in East and Central Africa a eu lieu lors d'un atelier d'écriture organisé conjointement par le CTA et l'Association pour le renforcement de la recherche agricole en Afrique orientale et centrale (ASARECA) en décembre 2013. Il a rassemblé des universitaires, chercheurs, experts, exploitants et décideurs politiques de premier plan, afin de partager des résultats de recherches, des connaissances et des expériences, en retirer des enseignements politiques et planifier des interventions pour encourager l'entrepreneuriat dans le domaine des semences. 

Obstacles et opportunités

Parue en anglais en février 2015, la publication propose des leçons fondamentales sur les obstacles qui entravent le développement du secteur des semences et l'action collective à mener pour le dynamiser. Un résultat clé indique que l'Afrique doit développer et intégrer ses différents systèmes semenciers si elle veut augmenter sa contribution actuelle au commerce mondial des semences. Les améliorations à apporter à la qualité des systèmes semenciers informels et aux liens avec les systèmes semenciers officiels sont essentielles. Un partenariat stratégique entre le monde de la recherche, de l'entreprise et les pouvoirs publics est nécessaire pour atteindre cet objectif.

« Les exploitants africains ont besoin de semences de qualité. En outre, l'Afrique doit augmenter sa contribution au commerce mondial des semences », a déclaré Judith Francis, Coordinatrice de programme senior au CTA, Politique, science et technologie, qui a coordonné la publication. « Aucun objectif ne pourra être atteint si les politiques, les réglementations et les systèmes d'assurance qualité ne sont pas mis en place et appliqués correctement. Les pays et les scientifiques africains ont également besoin d'infrastructures, par exemple, des laboratoires, pour faire avancer ce secteur. »

Progrès et propositions

Certaines avancées ont déjà été réalisées. Le lancement du Comité des semences de l’Afrique de l’Est (EASCOM, Eastern Africa Seed Committee), avec le soutien de l'ASARECA, encourage l'adoption et la mise en œuvre de réglementations, normes et procédures régionales harmonisées concernant les semences, avec des bénéfices sur le bien-être de la région d'Afrique orientale et centrale estimés au total à plus de 727 millions de dollars (688 millions d'euros). Toutefois, il reste beaucoup de travail à accomplir pour que les décideurs politiques soient mieux informés sur les nombreuses questions interdépendantes du développement de l'industrie semencière, afin que la mise en œuvre des politiques et des programmes nationaux et régionaux puisse progresser rapidement. 

Les autres recommandations concernent le renforcement des capacités des systèmes de livraison de semences, les investissements pour stimuler l'innovation pour les semences commerciales, l'amélioration de la cohésion entre les parties prenantes afin d'identifier les lacunes, la fourniture de données fiables sur les marchés des semences, la mise au point d'interventions et l'information des processus politiques, l'augmentation des recherches sur les variétés adaptées aux environnements locaux et des formations pour les acteurs des systèmes semenciers.

Le renforcement des institutions de réglementation, la mise en œuvre de normes, procédures et réglementations harmonisées concernant les semences et la conformité avec les normes semencières internationales sont des éléments critiques pour le développement du secteur semencier africain. Des entreprises semencières communes établies entre des structures privées, des universités et des instituts nationaux de recherche agricole pourrait s'assurer de la commercialisation des nouvelles variétés et de l'accessibilité de ces dernières pour les exploitants. Enfin, une application plus stricte des droits de la propriété intellectuelle pourrait motiver les producteurs de semences, les sélectionneurs et le secteur privé à investir dans la recherche afin de mettre au point de nouvelles variétés améliorées. 


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