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Visite de terrain : Exploiter le potentiel du manioc au Cameroun – les femmes sur tous les fronts !

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Les participants au Forum sur le manioc ont eu l’occasion de visiter une petite coopérative de transformation du manioc. Ils ont ainsi pu constater qu’il est possible, pour les femmes, d’augmenter leurs revenus grâce à cette culture.  

Dans les collines du Cameroun, à une heure de route de la capitale, Yaoundé, des groupes de femmes assises en demi-cercles lavent, pèlent et découpent des tubercules de manioc pris sur un gros tas placé devant elles. À quelques mètres de là, un autre groupe enlève les feuilles des tiges avant de les marteler vigoureusement pour en faire une pâte épaisse.

Ces femmes font partie des 253 membres féminins de la Coopérative SOCOOPMATPA, une initiative dynamique lancée en 2004 pour valoriser le manioc et améliorer les revenus des communautés rurales locales.

Presque tout le travail est fait à la main ; la coopérative ne dispose que d'une machine pour fabriquer la farine de manioc. « C'est un travail très dur », explique Hélène Mnisili. Connue de tous sous le nom de Mama Douala, cette femme énergique aux cheveux gris est la présidente de la coopérative qui compte aussi 144 hommes et 53 jeunes parmi ses membres.

Les membres de la coopérative viennent des villages environnants. Ils cultivent le manioc sur les flancs de colline entourant l'unité de transformation, certains étant détenus à titre individuel, d'autres à titre collectif. Il y a un champ spécifique pour la reproduction des jeunes plants de manioc par bouturage et même les enfants de l'école locale disposent d'une parcelle. Ils y cultivent le manioc et apprennent comment fertiliser le sol de manière écologique en utilisant les fleurs de souci qui poussent partout. Cette grosse fleur jaune vif est en réalité une espèce invasive mais elle contient de la potasse, un élément primordial à la croissance du manioc.

Les membres de la coopérative ont récemment commencé à planter des variétés améliorées qui produisent de meilleurs rendements et sont plus résistantes aux maladies. « Cette utilisation de variétés améliorées a considérablement augmenté la production », explique Mama Douala. « Notre vision est de contribuer au développement d'une agriculture moderne et durable, une agriculture entrepreneuriale et compétitive. Nous voulons assurer notre sécurité alimentaire et nutritionnelle et améliorer l'économie et le bien-être social des communautés rurales. »

Les récoltes se font aussi à la main et les tubercules sont entassés dans des sacs de 50 kilos avant d'être transformés. Ils sont d'abord pelés et ramollis dans l'eau avant d'être râpés. L'étape suivante dépend du produit final : le manioc peut être moulu devenir de la farine, frit pour préparer le garri ou séché sur des treillis de bambou pour faire des chips. Il peut aussi être écrasé en pâte et roulé dans des feuilles qui seront cuites au-dessus d'un feu pour créer des bâtons que les femmes ont rebaptisés « saucisses de manioc ».

Les feuilles sont aussi utilisées, soit pour emballer les produits à base du tubercule ou comme base pour de nombreux plats. Les femmes s'en servent aussi comme teinture. Tous les produits sont emballés sur place avant d'être vendus dans des commerces de détail à Yaoundé.

Dans une autre partie de l'unité, on prépare un mélange d'eau, de sucre et de farine de manioc, que l'on fait fermenter dans une cuve réchauffée à feu doux pendant quatre jours afin d'obtenir une boisson alcoolisée. « On boit cela lors des fêtes, au lieu d'acheter du whisky », explique l'une des femmes. « Rien ne se perd dans le manioc. »

Socoopmatpa inline

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