A la rencontre de six jeunes agripreneurs à succès

CTA

Un réel avenir dans l’agriculture

Iese Mataia / Samoa

Originaire de Vaitele dans les Samoa, Iese Mataia, 24 ans, avait toujours prévu de suivre les traces de son père en devenant menuisier. Il travaillait pour une entreprise de construction lorsqu’il a entendu parler du programme « Organic Warriors Academy », une initiative lancée par le partenaire du CTA « Women in Business Development Inc » (WIBDI) afin d’encourager les jeunes à revenir vers l’agriculture. Il prit alors une décision qui allait changer sa vie.

Pourriez-vous nous dire quelques mots sur votre entreprise ?

Je travaille dans le commerce de l'agriculture maraîchère. Je cultive des choux, des tubercules et des herbes. Ma parcelle de terrain n'est pas très grande – je dispose seulement de 0,1 hectare, que je cultive et sur lequel je vis. Mais le commerce agroalimentaire soutient ma famille à bien des égards grâce aux revenus générés. J'apprécie beaucoup mon métier d'agriculteur.

Comment avez-vous commencé ?

Je n'avais jamais pensé que je deviendrai agriculteur. Mon père est menuisier, donc je pensais que j'allais faire comme lui et reprendre son travail. Mais j'ai rejoint le programme « Organic Warriors Academy » géré par « Women in Business Development Inc » (WIBDI), ce qui m'a fait changer d'avis. La formation offerte par le programme mettait en avant la valeur de l'agriculture et cela m'a aidé à réaliser tout ce que l'on peut réussir par le travail agricole. C'est ainsi que j'ai réalisé que l'agriculture pouvait générer des revenus importants pour ceux qui la pratiquent.

Comment commercialisez-vous vos produits ?

Je vends mes légumes et d'autres produits par l'intermédiaire de « Farm to Table », un projet géré par la WIBDI. Ce système met en relation les petits exploitants et les marchés du secteur hôtelier. Mon travail s'en est trouvé simplifié. Je fournis sept restaurants, cafés et hôtels des Samoa, avec les produits que je cultive dans mon exploitation. Tout ce qui reste est utilisé pour la consommation familiale. Je suis heureux de ne pas avoir eu à chercher d'endroit physique où vendre mes produits – contrairement aux autres qui passent toute la journée à vendre leurs produits au marché.

Quel rôle a joué la formation dans votre succès en tant qu'agripreneur ?

Le programme « Organic Warriors Academy » m'a apporté les connaissances et l'ambition essentielles pour lancer ma propre entreprise. J'ai pu développer un potager, planter des herbes et beaucoup d'autres plantes. J'ai aussi appris beaucoup d'autres choses qui m'ont donné des idées concrètes et appris des méthodes pour développer une petite entreprise agricole : la cartographie du terrain, le développement d'une ferme biologique, la conservation des semences et l'élaboration d'un business plan.

Quels sont vos plus grands défis ?

L'un des plus grands problèmes est l'effet du changement climatique sur tout ce que je cultive. Ce problème est commun à tous les cultivateurs. Les dégâts occasionnés par les ravageurs à mon potager constituent également une autre préoccupation majeure. Beaucoup de plantes sont vulnérables aux maladies et cela peut causer de très gros problèmes, spécialement pour les feuilles des légumes lorsqu'ils sont presque prêts à être récoltés. Un défi auquel je suis actuellement confronté est de ne pas disposer de certaines plantes en demande sur les marchés. Je ne dispose pas des ressources nécessaires pour toutes les cultiver. Cette situation affecte ma relation avec l'acheteur.

Quels sont les avantages de l'agriculture ?

L'aspect positif de l'agriculture est de voir le produit porter ses fruits. Un autre bienfait est son aspect santé. En tant qu'agriculteur biologique, vous devez vous assurer que toutes les plantes qui poussent sur votre terrain sont saines pour les consommateurs. L'agriculture apporte de bons revenus qui vont vous aider à subvenir aux besoins de votre famille. De plus, comme vous êtes votre propre patron, vous pouvez gérer votre temps vous-même. En tant que cultivateur, vous n'êtes pas sous la supervision de quelqu'un, comme vous le seriez si vous travailliez dans un bureau. Vous travaillez pour vous-même et votre propre famille et vous contribuez au village pour le bien de votre pays.

Quel avenir prédisez-vous pour l'agriculture ?

Je crois en un très bel avenir pour l'agriculture et les jeunes agriculteurs. En travaillant dur, il est possible de générer de bons revenus et même d'économiser de l'argent. Aux Samoa, nous sommes très dépendants de l'agriculture et les possibilités de relations commerciales avec d'autres pays sont nombreuses. Personnellement, j'estime qu'il est très important de partager les connaissances que j'ai acquises en travaillant sur mon terrain. Je veux partager ma réussite de manière à encourager d'autres gens à développer leur propre petite entreprise.

Quel conseil donneriez-vous à d'autres jeunes ?

Je voudrais dire à tous mes jeunes frères et sœurs qu'être agriculteur est quelque chose qui vient du cœur. Vous devez travailler avec amour et passion pour développer votre projet agricole. Votre passion pour l'agriculture vous permettra d'aider beaucoup de gens, c'est-à-dire de contribuer au développement de votre famille élargie. Ensuite, je voudrais conseiller aux jeunes de changer leur manière de penser, d'arrêter de croire que l'agriculture est un métier sale, qui ne rapporte pas d'argent. Beaucoup de cultivateurs gagnent bien leur vie en développant toutes sortes de travaux agricoles. Je recommanderais aux jeunes de prendre l'agriculture au sérieux, de la voir comme un travail à temps plein. Vous pouvez économiser de l'argent, engager les gens dont vous avez besoin pour les activités quotidiennes et vous pouvez travailler à votre propre rythme.

Clare Pedrick