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Le CTA et les solutions intelligentes face au changement climatique en Afrique Australe: c’est parti !

Juin 23, 2017
  • Afrique australe

Entretien avec Olu Ajayi, Coordinateur de programme senior chargé des politiques de développement agricole et rural au CTA. Ce projet a pour but d’aider les petits producteurs à faire face aux conséquences du changement climatique en adoptant des solutions « climato intelligentes ». Il vient d’être lancé au Malawi.

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Olu Ajayi, Coordinateur de programme senior/Politiques de développement agricole et rural au CTA © CTA

Quelles sont les conclusions tirées par les participants au lancement du projet après ces deux jours de discussion ?

Nous sommes tous d'accord pour dire qu'il s'agit d'un projet de développement qui vise à améliorer l'adaptation au changement climatique et aider les petits producteurs à y faire face sur le terrain. Nous avons réuni des personnes qui mettront en œuvre ce projet dans trois pays : la Zambie, le Malawi et le Zimbabwe. Nous avons tout d'abord estimé que pour mener à bien ce projet, les rôles et les responsabilités des partenaires devaient être clairement définis. Deuxièmement, nous pensons que pour pouvoir être en mesure de communiquer des informations concrètes sur le projet – en particulier ses résultats et son impact – nous devons partir d'éléments concrets et avérés. Par exemple, nous devons pouvoir être en mesure de répondre à des questions comme « Ce projet a-t-il apporté des bénéfices aux producteurs ? » Si oui, de quelle manière, quels sont les indicateurs, quels sont les éléments qui le prouvent ? Nous devons mettre en place un système efficace de suivi et d'évaluation. Troisièmement, nous avons dû nous assurer que les partenaires ont bien compris les procédures administratives et financières de façon à mettre correctement en œuvre le projet. Ils savent à présent clairement ce qu'on attend d'eux. Même si certaines activités seront mises en œuvre au niveau national, nous avons pu faire en sorte que notre Responsable financier senior, basé aux Pays-Bas, explique par Skype les divers aspects financiers et réponde aux questions des partenaires.

Les partenaires ont présenté des plans de projet nationaux. Pouvez-vous nous expliquer succinctement leur contenu ?

En gros, les partenaires ont proposé des stratégies et des méthodes afin de permettre une diffusion à grande échelle des quatre solutions identifiées par le projet et de s'assurer que les producteurs des pays concernés en bénéficient réellement. Ils ont proposé des stratégies et des activités qu'ils mettront en œuvre pour permettre aux petits producteurs d'avoir accès à des germoplasmes tolérants au stress et à des services d'informations météorologiques pour pouvoir prendre au bon moment des décisions en toute connaissance de cause. Ils ont également examiné les moyens de promouvoir l'accès des agriculteurs à l'assurance climatique indicielle et comment les aider à diversifier leurs moyens d'existence en se lançant dans la gestion de l'élevage.

Avez-vous le sentiment que vos partenaires ont bien compris ce qu'on attend d'eux ? Ont-ils des préoccupations particulières ?

Oui. À ce stade, il semblerait que les partenaires aient bien compris ce que l'on attend d'eux car nous leur avons demandé de nous présenter leurs plans. Ceux-ci ont été examinés et commentés par leurs pairs. Nous avons pu ainsi identifier dans les plans quelques innovations particulièrement intéressantes, jugées utiles par d'autres pays. Certains partenaires m'ont d'ailleurs expliqué qu'ils affineront leur proposition et y intégreront certaines innovations utiles pour eux. La réunion terminée, les partenaires vont mettre le projet sur les rails. La première étape consiste en un relevé : enregistrement des exploitations, enregistrement numérique des petits producteurs et localisation de leur position GPS afin qu'ils puissent recevoir directement des informations météo précises et adaptées à leur situation grâce au géo-référencement de leur position. De leur côté, les assureurs définissent l'indice climatique, car il s'agit là d'un aspect essentiel. Nous sommes très enthousiastes et les producteurs sont contents eux aussi. Ce projet est particulièrement pertinent, il apporte des réponses aux problèmes et aux défis actuels qu'ils rencontrent réellement.

Vous parlez des innovations. Certaines vous ont-elles particulièrement impressionné ?

Oui, en particulier l'utilisation des téléphones portables et satellitaires pour communiquer des informations sélectives aux producteurs sur leur portable. Il y a aussi le service Dial-A-Mudhumeni au Zimbabwe. Il permet aux agriculteurs d'appeler avec leur portable un numéro gratuit en cas de question spécifique à l'agriculture. Autre innovation, une solution qui permet aux producteurs de bénéficier d'une assurance pour 25 centimes par mois.

Quelle est la prochaine étape ?

Comme vous le savez, nous avons défini les principes de base du projet. Les partenaires vont à présent affiner leur plan et devraient bientôt soumettre la version finale de leur proposition. Ensuite, les aspects contractuels du projet seront finalisés et la mise en œuvre sur le terrain pourra alors commencer.

Comment vous sentez-vous ?

Soulagé et aussi très excité de constater que les choses bougent. Cela fait des années que je voulais faire plus que parler du défi du changement climatique – sans cesse rabâché – et voir comment nous pouvions contribuer à trouver des solutions en coopérant avec les agriculteurs, les organisations agricoles et le secteur privé.

Busani Bafana

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