Histoires d'impact

CTA

Mieux impliquer les communautés dans le projet MP3D

Interview de Debora Linga, fondatrice de Tribal Peoples Development

Lorsqu’elle a quitté un travail de bureau peu inspirant, Debora Linga a bénéficié de l’aide du CTA pour créer sa propre ONG, Tribal Peoples Development, au Suriname. Grâce à ses origines saramacas, elle est en mesure d’appliquer une approche du développement réellement participative. Nous sommes entretenus avec Debora pour comprendre comment elle génère un impact durable sur sa communauté et comment le CTA implique les populations indigènes dans le développement de solutions aux problèmes qu’elles rencontrent.

Comment avez-vous découvert la modélisation participative en 3D (MP3D) ?

J’ai commencé à travailler avec le CTA en 2014, en tant que facilitatrice d’exercices de MP3D au sein de ma communauté locale. Le projet impliquait 220 Saramacas et visait à produire des cartes 3D et autres ensembles de données sur le cours supérieur du fleuve Suriname. Jusqu’alors, je n’avais jamais travaillé de manière participative et j’ai beaucoup apprécié la façon dont les membres de la communauté étaient réellement impliqués : on ne se contentait de leur dire ce qu’ils devaient faire. Je me suis dit que c’était de cette manière que je voulais travailler avec les communautés, que c’était ce que je voulais faire.

Comment le CTA vous a-t-il aidée à réaliser cette ambition ?

Le CTA m’a aidée à coordonner mon premier processus participatif et à acquérir l’expérience requise pour fonder ma propre ONG de MP3D, Tribal Peoples Development, en 2015. Il est agréable de travailler avec des personnes qui apprécient ce que vous faites, et c’est le sentiment que j’ai eu lorsque le CTA m’a offert son soutien – j’avais l’impression qu’ils m’appréciaient pour ce que je pouvais apporter. Lorsque j’ai organisé le premier atelier de cartographie, ils ont vu que j’étais une facilitatrice efficace et je pense qu’ils ont remarqué que j’avais du potentiel.

Qu’est-ce qui vous pousse à continuer à travailler avec des populations indigènes ?

À travers mon travail, j’ai observé les avantages réels des processus participatifs. Les cartes crées à l’aide de la MP3D offrent non seulement une ressource précieuse et accessible pour la planification spatiale, mais elles constituent aussi un outil utile pour arbitrer les litiges relatifs à l’accès aux ressources naturelles. Il y a une semaine environ, je me trouvais du côté du cours supérieur du fleuve Suriname et j’ai rencontré un homme qui avait participé au projet de MP3D. Il m’a dit qu’il avait utilisé une version numérique de la carte 3D qu’ils avaient produite pour régler de manière pacifique des conflits relatifs à la propriété de terres entre son village et les communautés voisines.

Au ministère de la santé, j’étais arrivée à un stade où j’avais l’impression de ne plus avoir d’avenir, j’avais l’impression que ce que je faisais ne servait à rien. Mais à présent, grâce au travail avec les communautés autour des problèmes qu’elles rencontrent et à l’expérience que j’ai acquise, j’ai le sentiment de pouvoir me tourner vers l’avenir et changer les choses.

Pour en savoir plus sur le potentiel passionnant du processus participatif, consultez Le pouvoir des cartes : quand la 3D s’invite à la table des négociations et regardez l’interview complète de Debora Linga.