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Capitalisation des expériences au CTA

Janvier 30, 2018

Le CTA, en collaboration avec la FAO et avec l'Institut interaméricain de coopération pour l'agriculture (IICA), met actuellement en œuvre le projet de « Capitalisation de l'expérience pour renforcer l'impact sur le développement rural » dans différentes parties du monde, avec le soutien financier du FIDA. Cette initiative de gestion des connaissances a été lancée en avril 2016, pour une durée de 3 ans, afin de contribuer à améliorer l'analyse, la documentation, le partage, l'adoption et l'utilisation des enseignements et des bonnes pratiques, dans une approche d'apprentissage, d'amélioration et de renforcement permanents des interventions de développement.

Qu'entend-on par « capitalisation des expériences » ?

Beaucoup de documents de projets révèlent une création continue de connaissances en de nombreux endroits et à de nombreux niveaux. Cependant, une grande partie de ces connaissances sont rarement consignées par écrit ni même publiées, de sorte qu'elles restent largement méconnues. La capitalisation des expériences garantit la numérisation des expériences concrètes et la création d'un « capital » matériel à partir de ces données. Ce processus contribue à identifier des innovations et pratiques spécifiques, et à comprendre les raisons de leur succès ou de leur échec. Il peut fournir des éléments probants sur lesquels fonder les efforts de plaidoyer. En outre, la participation de diverses parties à ce processus permet de renforcer les capacités des participants et les collaborations entre ceux-ci.  

L’amélioration de pratiques existantes dans leur contexte d'origine, l'adoption/le renforcement de bonnes pratiques ou de pratiques prometteuses dans de nouveaux contextes, ou l'adaptation de pratiques de mise en œuvre d'activités, en vue d’atteindre un changement souhaitable, constituent autant de concrétisations de la capitalisation des expériences.

Différentes étapes

Tout processus de capitalisation des expériences comporte des phases similaires, même si la cible choisie et la taille de l'équipe concernée varient. Le processus peut se résumer en six étapes clés :

  • Définitions, évaluations des besoins et identification de l'expérience. La première étape consiste à étudier les buts et avantages potentiels, à définir la capitalisation de l'expérience comme un processus d'apprentissage et à identifier l'expérience à décrire et à analyser. Il convient de sélectionner un objectif général et l'expérience à examiner; pour ce faire, différents critères sont à prendre en considération, la priorité devant être donnée aux leçons qui pourront être tirées de ce processus.
  • Planification. Après avoir défini la voie à suivre et sélectionné l'expérience à analyser, il y a lieu de planifier et préparer la mise en œuvre du processus, ce qui signifie identifier les parties prenantes du processus (c'est-à-dire les personnes décrites comme les « détenteurs » de l'expérience, ainsi que celles qui peuvent apporter une contribution positive aux discussions et aux résultats), identifier les documents clés à consulter, et affecter le temps et les ressources nécessaires au processus.
  • Collecte, organisation des informations disponibles et description. Cette étape consiste en une analyse approfondie de l'« expérience » sélectionnée, sur la base de critères spécifiques. Il est particulièrement crucial d'interpréter les informations collectées à ce stade, en examinant pourquoi les activités ont été mises en œuvre de cette façon particulière et pourquoi elles ont abouti aux résultats connus. Par exemple, pourquoi 75 % des villageois ont participé aux formations ? Pourquoi, malgré les avantages manifestes, 25 % ont refusé d'y prendre part ? Pendant cette phase, l'équipe effectue des démarches spécifiques pour recueillir les avis de toutes les parties intéressées et pour tirer des conclusions claires sur la base de ces différents points de vue. L'analyse permet ensuite de tirer des leçons et de formuler des recommandations pour améliorer la gestion de cas futurs ou de cas similaires.
  • Partage et diffusion. Il s'agit ici de diffuser largement les connaissances résultant de ce processus en utilisant divers médias et canaux, en fonction des objectifs de communication. Le but peut être de partager ces leçons au sein de l'équipe ou avec un public plus vaste. Dans l'un et l'autre cas, il est essentiel de définir une stratégie de diffusion. Les informations, idées, opinions ou observations sont présentées de façon à pouvoir être facilement partagées, que ce soit sur support écrit, audiovisuel ou autre, et mises à disposition du public cible.
  • « Utiliser » les enseignements. Malgré leur importance, le partage et la diffusion des leçons tirées ne doivent pas être perçus comme la fin du processus : un processus de capitalisation des expériences n'atteint son plein aboutissement que lorsque les leçons tirées sont intégrées dans le cycle du projet. Outre le partage des leçons avec d'autres, les résultats du processus deviennent visibles lorsque les acteurs sur le terrain et leurs chefs d’équipe peuvent dire qu'ils ont appris quelque chose de nouveau à la suite de l'analyse de leur expérience et lorsqu'ils mettent en œuvre les leçons tirées.

Un module d'apprentissage élaboré par la FAO dans le cadre de ce projet du CTA sur la capitalisation de l'expérience est aussi disponible. Il s'appuie sur les différents efforts de capitalisation de l'expérience qui ont été testés et mis en œuvre par différentes organisations dans le monde. Il livre des exemples pour faciliter la planification et la mise en œuvre d'un processus en tant que composante clé d'un programme ou d'un projet de développement, afin d'assurer une amélioration de l'efficacité et de l'efficience.

Pour plus d'informations, visiter le site KM4ARD - Experience capitalization.

Crédit photo homepage : Atelier de capitalisation des expériences à Accra, au Ghana, par Laura Eggens