Déjà s'adapter

30th anniversary

En quoi le Savoir est-il source de résilience?

Les effets du changement climatique et autres chocs environnementaux ont contraint les communautés agricoles à réajuster leurs pratiques pour adopter une approche de l’agriculture plus intelligente face au climat. Pour garantir la sécurité alimentaire dans les années à venir, l’agriculture doit pouvoir bien davantage s’adapter au climat.

Depuis quelques années, le CTA promeut, aux cotés de ses partenaires, les principes de l’agriculture intelligente face au climat. Le Centre s’implique en effet fortement au sein d’initiatives en faveur du développement et de la mise en œuvre de politiques d’adaptation et d’atténuation au changement climatique. En collaborant avec d’autres institutions pour la valorisation et la vulgarisation de bonnes pratiques, le CTA parvient à rassembler décideurs politiques, experts du climat, agriculteurs, éleveurs pastoraux et autres acteurs directement affectés par le changement climatique, autour de rencontres multi-acteurs, garantes d’impacts majeurs pour l’élaboration de politiques appropriées.

La promotion de politiques et pratiques pour une agriculture durable constitue un autre fer de lance du CTA qui continuera à défendre l’idée selon laquelle « savoir, c’est déjà s’adapter ».

La Confédération des syndicats agricoles d'Afrique australe (SACAU), partenaire du CTA, représente 17 organisations d'agriculteurs dans 12 pays. Avec beaucoup de détermination, elle a appelé les négociateurs à la conférence des parties à reconnaître que l'agriculture devrait faire partie des débats sur le changement climatique. Ci-dessous, Manyewu Mutamba, analyste politique à la SACAU, explique pourquoi l'agriculture devrait bénéficier d'une plus grande attention.

Après des années de déforestation au Niger qui ont entraîné de graves problèmes d'érosion des sols et une chute considérable des rendements des cultures et du bétail, un projet de revitalisation rurale mené dans la région de Maradi encourage les agriculteurs à laisser repousser les souches d'arbres indigènes abattus. En outre, les exploitants plantent de nouveaux arbres pour remplacer ceux qui ont été détruits au fil des années. Résultat, une érosion moindre des sols, une hausse du niveau des nappes phréatiques, des récoltes plus abondantes, une plus grande disponibilité du bois à brûler et une diminution des parasites et des maladies. Une étude récente menée par le Centre mondial de l'agroforesterie (ICRAF en anglais) a montré que cette pratique, connue sous le nom de régénération naturelle gérée par les agriculteurs (RNGA), a plus que triplé les récoltes de millet, qui sont passées de 150 kg/hectare (ha) à 500 kg/ha. Dans l'ensemble, la valeur des changements apportés par la RNGA a été chiffrée à 56 dollars par hectare et par an.

Le changement climatique est un problème de premier plan pour des millions d'agriculteurs des pays en développement, ainsi que pour ceux qui dépendent d'eux pour produire leur nourriture. Les périodes de sécheresse, les précipitations violentes, les ouragans et les autres phénomènes météorologiques extrêmes peuvent détruire les cultures et causer des dommages dévastateurs au bétail. De plus, comme le constatent les producteurs de nombreux pays ACP à leurs dépens, ces phénomènes sont de plus en plus fréquents.

Les outils utilisés pour les plates-formes de connaissances sont susceptibles de varier grandement en fonction du public cible ; il s'agit souvent d'une association de plusieurs outils. Pour des groupes fermés, comme le Groupe Fer de lance mélanésien (MSG), les groupes de discussion par courriel sont souvent très efficaces. Les médias sociaux sont particulièrement utiles pour rassembler un groupe de personnes disparate avec des agendas très différents. Pour les organisations de producteurs agricoles, Facebook est apparu comme un moyen de communication utile et Twitter est utilisé lors des réunions et des événements principaux. Le MSG a également utilisé Facebook pour faire savoir qu'il avait développé un Cadre d'action pour la croissance verte.