The Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation (CTA) confirms closure by end of 2020.

Analyse comparative de l’agriculture de précision - Burkina Faso

Analyse comparative de l’agriculture de précision incluant l’utilisation de la technologie drone et de l’agriculture classique en matière de production de riz et de revenu des agriculteurs au Burkina Faso

Les drones, également désignés comme « véhicules aériens sans pilote » (UAV) ou « systèmes aériens sans pilote » (UAS) – cette dernière dénomination incluant le capteur, les logiciels et d’autres composantes –, offrent de nombreuses applications : cartographie et arpentage, régime foncier et aménagement du territoire, inspection, suivi et surveillance, livraison de marchandises, recherche scientifique, gestion des actifs agricoles, assurances, évaluation des dommages causés aux cultures/infrastructures. Cette recherche a été initiée dans le but de déterminer si les petits exploitants de riz, agissant sur la base de données et conseils générés par des drones équipés de capteurs multispectraux, pouvaient voir s’accroitre leur revenu net (rendement plus élevé) et/ou réduire leurs coûts (moins d’intrants), ce dans les plaines rizicoles de Korsimoro et de Mogtédo, au Burkina Faso. Pour ce faire, des enquêtes socio-économiques, des couvertures par drone ainsi qu’une évaluation des paramètres agronomiques ont été réalisées. À noter que le site de Korsimoro a servi de site d’expérimentation et celui de Mogtédo, de site témoin. Il ressort des enquêtes socio-économiques trois (03) types de riziculteurs : le type R1, à savoir les nantis disposant d’assez de facteurs de production ; le type R2, correspondant aux riziculteurs moins riches que les premiers, et le type R3, c’est-à-dire les individus démunis et disposant de faibles moyens de production. Ces derniers étant, dans la plupart des cas, des agro-éleveurs, en d’autres termes, ceux pratiquant à la fois l’agriculture et l’élevage. La culture de riz constitue l’activité principale. Il s’est également avéré que la technologie des UAS a impacté les composantes de rendement du riz des producteurs ayant bénéficié de l’appui de l’agriculture de précision, comparativement à ceux pratiquant l’agriculture classique. Les paramètres agronomiques tels que les hauteurs de plants, le nombre de thalles sont plus impactés avec l’agriculture de précision. C’est en matière de rendement en riz paddy que l’agriculture de précision a enregistré la production la plus élevée, quelle que soit la saison culturale. L’utilisation des drones a également permis d’assurer le suivi des cultures et joué le rôle de système d’alerte précoce pour prévenir les anomalies lors des différentes phases de développement de la culture. Les perceptions paysannes sont positives en ce qui concerne cette nouvelle technologie. Les agriculteurs burkinabè y voient en effet une opportunité considérable en termes de : dépistage/surveillance des cultures, évaluation du volume et de la vigueur des cultures, inventaire des cultures (ou comptage des plants individuels), production de cartes de prescription (comme des recommandations relatives au dosage d’engrais azoté pour des emplacements spécifiques), évaluation des dommages causés par les ennemis des cultures. Et, de fait, au regard de la complexité de la technologie, ils consentent de payer 5 000 FCFA par individu et par couverture pour le suivi de leur exploitation agricole. L’analyse coût-bénéfice des deux (02) types d’agriculture donne un avantage à l’agriculture de précision par rapport à l’agriculture classique, avec une marge bénéficiaire nette de plus de 200 000 FCFA/ha. De plus, la différence de retour sur investissement est de 31,42 % entre l’agriculture de précision et celle classique. De nos jours, la technologie des drones se développe de façon exponentielle en Occident et l’agriculture se trouve être l’un des principaux secteurs économiques dans lesquels elle est employée. L’Afrique ne doit pas être à la traîne. Les États membres de l’Union Africaine devraient donc, via un processus consultatif, élaborer et adopter des cadres réglementaires nationaux relatifs aux UAV, qui garantissent la sécurité, encouragent l’innovation et ne freinent pas l’émergence de fournisseurs de services agricoles basés sur les UAS ni ne découragent les investissements du secteur privé dans ce domaine.