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Agriculture intelligente face au climat : l’importance de la communication et des politiques de soutien

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L'adoption à grande échelle de pratiques agricoles intelligentes face au climat par les agriculteurs d’Afrique australe est freinée par un manque de communication.

© Cecilia Schubert, CCAFS

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L'agriculture intelligente face au climat (AIC) pourrait bien changer la donne pour les petits exploitants d’Afrique. Beaucoup d’entre eux subissent en effet l’impact de la hausse des températures et de la multiplication des inondations et des sécheresses qui diminuent leur productivité et leurs bénéfices. Des efforts sont donc nécessaires pour inciter le plus grand nombre d’entre eux à adopter des pratiques agricoles intelligentes face au climat.

Selon les chercheurs, ces efforts pourraient encore porter davantage leurs fruits si ces pratiques AIC se généralisaient. Pour améliorer l’adoption de ces approches agricoles climato-intelligentes, il s'agit de sensibiliser les agriculteurs à leurs avantages et de les aider à introduire les pratiques et technologies AIC. Certaines technologies sont d’ailleurs encouragées depuis de nombreuses années.

« La plupart des technologies intelligentes face au climat nécessitent une forte intensité de savoir, explique Joyce Mulila-Mitti, chercheuse spécialisée dans les végétaux qui a travaillé aux côtés de la FAO en Afrique australe pour soutenir l’intensification de la production agricole. Pour convaincre les agriculteurs, il faut leur expliquer pourquoi ils doivent modifier leurs méthodes et en adopter de nouvelles. Le changement climatique impose de produire plus avec moins, ce qui nécessite d’utiliser les intrants de manière plus efficace. Mais pour faire passer ce message, il faut que les agriculteurs en sachent plus sur les raisons qui justifient l’adoption d’autres méthodes et pratiques agricoles. Pour promouvoir l’adoption de l’AIC à grande échelle, il faut donc renforcer les capacités des petits agriculteurs mais aussi des services de vulgarisation agricole. »

Wycliffe Kumwenda dirige l’unité Services agricoles de l’Association nationale des petits exploitants du Malawi (NASFAM). Selon lui, les informations inappropriées et contradictoires qui parviennent aux petits exploitants font obstacle à l’adoption massive de l’AIC. La NASFAM met en œuvre, avec le soutien du CTA, un projet de promotion de solutions agricoles résistantes face au climat pour les petits exploitants du Malawi. Le projet encourage ainsi l’utilisation de l’assurance fondée sur un indice climatique, des semences tolérantes à la sécheresse et de services d'information météorologique qui utilisent les technologies de l'information et de la communication (TIC).

« La promotion des approches d’AIC nécessite aussi l’adhésion des décideurs », affirme Mme Mulila-Mitti. A cet égard, elle souligne en particulier l’importance de fixer des objectifs régionaux et de mettre en place des mécanismes d’examen collégial, deux mesures qui peuvent inciter les décideurs à franchir le pas et faciliter le suivi de l’adoption de technologies capables d’améliorer la productivité agricole. Elle rappelle à titre d’exemple que plusieurs pays ont mis en place des commissions de protection des végétaux en charge de la surveillance de la propagation de la chenille légionnaire d’automne et de la lutte contre les invasions de cet insecte nuisible. Ce modèle pourrait être un point de départ pour la promotion des approches d’AIC.

« L’AIC contribue à lutter contre les invasions de la chenille légionnaire d’automne ; c’est là un ‘plus’ que nous pouvons utiliser pour diffuser l’agriculture de conservation. Nous constatons en effet que les agriculteurs qui pratiquent l'agriculture de conservation ont considérablement réduit les dommages causés par ce nuisible. Nous pouvons ainsi utiliser cet argument dans nos discussions avec les décideurs politiques », explique-t-elle. Les bons résultats enregistrés à ce jour peuvent aider à plaider auprès des décideurs politiques en faveur de l’introduction de mesures pour la diffusion de l’AIC.

« Nous devons fournir aux décideurs politiques des informations sur l’AIC », estime M. Kumwenda. Il faut qu’ils comprennent de quoi il s’agit et quels sont ses avantages. Deux fois par an, la NASFAM invite ainsi des députés à participer au Sous-comité de l'agriculture et de la gestion des ressources naturelles. Nous leur faisons également visiter les champs et les exploitations qui sont passées à l’AIC pour qu’ils puissent constater par eux-mêmes l’efficacité et les résultats de cette approche. »

Oluyede Ajayi, coordonnateur de programme Sr, Agriculture & changement climatique au CTA, revient sur l'expérience acquise dans le cadre d'un projet d’AIC visant à aider plus de 150 000 petits exploitants agricoles du Malawi, de Zambie et du Zimbabwe. Il conclut que plusieurs mesures peuvent être envisagées et mises en œuvre pour promouvoir les approches d’AIC : une communication de qualité avec les petits agriculteurs et leur formation, un partenariat efficace avec les acteurs des secteurs public et privé et l’adoption prioritaire de l’AIC dans les exploitations qui sont les mieux placées pour bénéficier des avantages de l’AIC.

Cet article a été rédigé dans le cadre d’une initiative menée par le CTA visant à documenter et à partager les connaissances exploitables sur les approches agricoles efficaces pour l’agriculture des pays ACP. Il capitalise sur les connaissances, les enseignements et les expériences pratiques afin de documenter et d’orienter la mise en œuvre de projets axés sur l’agriculture pour le développement.

Foires aux semences : un concept innovant et intelligent pour promouvoir les semences résistantes au stress

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Face au changement climatique, les agriculteurs se lancent dans la culture « intelligente »

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