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Place aux drones à la plantation de thé d’Igara

Les petits exploitants d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique voient leur horizon s’élargir grâce à l’accès aux technologies et aux applications numériques au service de l’agriculture. En Ouganda, un projet soutenu par le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) a établi un partenariat avec Igara Growers Tea Factory (IGTF) pour transformer la culture grâce à l’innovation numérique.

Onesimus Matsiko est le directeur général d’IGTF, une usine située non loin de la ville d’Ishaka, dans la région montagneuse de Butare, dans le sud-ouest de l’Ouganda. En 2017, il a, avec le concours du responsable de la plantation, Jackson Byaruhanga, et du directeur informatique, Hamlus Owoyesiga, conçu un business plan destiné à aider les agriculteurs et à doper la productivité grâce à la technologie.

C’est en octobre 2016, lors de la 2e Conférence et exposition du réseau panafricain des incubateurs d’entreprises agroalimentaires organisée à Accra, au Ghana, qu’Onesimus Matsiko a découvert les applications agricoles de la technologie des drones. Lors de cet événement, auquel il a assisté grâce à l’aide du CTA, il a découvert des applications étonnantes, qui pourraient contribuer à promouvoir des pratiques agricoles innovantes et plus durables.

« Nous avons commencé par nous demander ce que les drones pouvaient faire pour nous. Maintenant que nous les utilisons régulièrement, la question est de savoir ce que nous voulons qu’ils fassent pour nous », explique-t-il, insistant sur le changement d’état d’esprit qui les avait amenés à réfléchir à leurs besoins.

Les drones sont utilisés dans le projet du CTA Eyes in the Sky pour dresser l’inventaire des cultures (comptage des parcelles et estimation des rendements) et calculer leurs rendements ainsi que les volumes de semences et d’engrais dont les agriculteurs ont besoin. Ce projet a également permis de profiler plus de 4 000 petits agriculteurs. Le profil numérique recense la situation, la taille et la productivité de leurs exploitations. Grâce au croisement de ce profil avec les données fournies par les drones, « il est maintenant plus facile pour les agriculteurs d’accéder aux engrais et au crédit, non seulement auprès de nous, mais aussi auprès des banques, car les informations enregistrées peuvent être utilisées comme garantie de prêt », explique Onesimus Matsiko.

Les drones (les systèmes aériens sans pilote, dans le jargon) sont désormais utilisés dans le processus de profilage ; ils nous aident à recueillir des données supplémentaires que nous versons au dossier numérique des agriculteurs. Onesimus Matsiko désigne une lointaine colline et explique : « D’ici, je peux voir que son rendement sera maigre, de l’ordre de 30 %. En revanche, ce que je ne peux pas voir, ce sont les collines situées plus loin. Sans drone, je n’ai aucun moyen de déterminer de quoi les producteurs ont besoin ou d’évaluer leur rendement si je ne me rends pas sur place. » La plantation couvre plus de 6 000 ha.

Le projet Eyes in the Sky a inspiré d’autres initiatives de développement informatique. « Certaines applications qui seraient utiles n’existent pas encore ou doivent encore être adaptées à nos besoins. Nous allons nous atteler à cette tâche, assure Hamlus Owoyesiga. Chaque jour, de nouvelles idées révolutionnaires d’applications technologiques germent et permettront d’aider tous les petits exploitants. »

Les offres d’emplois décents dans le domaine de la gestion des drones attirent dans la région des jeunes très qualifiés désireux de travailler dans le secteur du thé – un secteur que nombre de jeunes écartaient par le passé en raison de son image désuète. « C’est la même différence qu’entre aller à l’école à moto le portable en poche ou y aller à pied avec un vieux sac à dos. Les jeunes qui entrent dans la vie active ne veulent pas suivre l’exemple de leurs aînés, ils veulent prouver qu’ils ont les moyens d’aller de l’avant », observe Jackson Byaruhanga, le responsable de la plantation.

Alors qu’un drone survole les plantations, piloté par un jeune de 25 ans, spécialisé dans la surveillance air-sol et formé par le CTA, les gérants d’IGTF sont tous d’accord : « Avec cette technologie, tout est possible. »        

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