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Améliorer l’alimentation en région Pacifique

©CTA

Monday, 19 March 2018 Mis à jour le Thursday, 11 October 2018

Les îles reculées dispersées dans le Pacifique ont longtemps subsisté grâce à l’agriculture et la pêche. Aujourd’hui, ce mode de vie traditionnel – et la santé des populations – est menacé par le déclin de la production agricole, la surpêche, la dépendance accrue de l’importation de produits alimentaires transformés et les conséquences du changement climatique.

D’ici à 2050, la population des îles du Pacifique devrait doubler, pressant encore plus les systèmes alimentaires et sanitaires. Quarante pour cent des 9,7 millions d’habitants de la région souffrent d’une maladie non transmissible, pathologie à l’origine de trois décès sur quatre et absorbant 40 à 60 % des dépenses de soins de santé.

Un projet de grande envergure de quatre ans, cofinancé par le CTA et le Fonds international de développement agricole (FIDA) et mis en œuvre en partenariat avec l’Organisation du secteur privé des îles du Pacifique (PIPSO), renforce la capacité des gouvernements, des agriculteurs et des organisations du secteur privé à élaborer de nouvelles stratégies pour améliorer la santé et la nutrition d’environ 40 000 petits agriculteurs et pêcheurs artisans démunis.

«Le projet Promouvoir des systèmes alimentaires nutritifs dans les îles du Pacifique poursuit un objectif quadruple : améliorer la nutrition, les revenus, la chaîne de valeur et le développement de l’agrobusiness», avance Judith Ann Francis, coordinatrice senior du programme de politique des sciences et technologies du CTA. Le projet entend également influencer la politique gouvernementale et attirer les investisseurs publics et privés.

Une série d’événements parallèles à la 1e Semaine de l’agriculture du Pacifique (Vanuatu, octobre 2017) soutenait la réalisation des objectifs du projet. Trente-trois participants du Pacifique, des Caraïbes et d’Afrique ont pris part à un parcours d’apprentissage incluant trois ateliers – le parcours dédié à l’agritourisme –, une visite de terrain et des discussions interactives. «Le parcours d’apprentissage a permis des échanges entre notre principal groupe cible – petits producteurs, transformateurs et autres acteurs de la chaîne de valeur – et des scientifiques, des représentants du secteur public et privé», poursuit Judith Ann Francis.

Sous la forme d’un séminaire d’une demi-journée sur la promotion des jeunes agripreneurs dans le Pacifique, l’évènement a réuni plus de 64 personnes parmi lesquelles des représentants du FIDA, de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), de la Commission du Pacifique Sud (SPC), de la Banque nationale de Vanuatu, de World Vision, de groupes de jeunes et du secteur privé. Deux tables rondes ont permis d’explorer des initiatives de promotion de l’entrepreneuriat des jeunes, valorisées par les success-stories de jeunes entrepreneurs venus parfois du Kenya et de Trinité-et-Tobago, et d’en tirer des enseignements.

Les échanges ont abouti à la publication du communiqué de Port Vila, contenant cinq recommandations majeures à l’attention des responsables politiques : l’appel à la coopération des ministères pour favoriser l’entrepreneuriat ; l’accès aux services financiers et d’appui aux entreprises ; l’investissement dans l’éducation et la formation ; le renfort des collaborations entre gouvernements, partenaires du développement, organismes financiers et jeunes.

Un atelier dédié aux Plateformes de coordination des chaînes de valeur prioritaires/Innovation agricole a suivi de près le séminaire. Organisé par le CTA, le FIDA et la PIPSO, ce dernier a mobilisé 41 participants et portait sur la façon d’améliorer la capacité des petits agriculteurs, l’analyse de la chaîne de valeur et les mécanismes stimulant l’innovation, améliorant ainsi l’efficacité des chaînes de valeur prioritaires.

Une plateforme en ligne de coordination de la chaîne de valeur/innovation agricole y a notamment été lancée. « Elle se révélera un mécanisme très utile pour renforcer les liens et améliorer la confiance entre les acteurs des chaînes de valeur», souligne Mme Francis, ajoutant qu’une plateforme efficace, synergique, à l’échelon national devra tenir compte des besoins et des capacités spécifiques de chaque pays.

En 2017, le projet de promotion de systèmes alimentaires nutritifs a organisé trois ateliers nationaux de deux jours aux Fidji, aux îles Salomon et à Vanuatu. Ces ateliers interactifs ont réuni 150 participants – pour moitié des femmes – issus du secteur public et privé. Leurs recommandations ont été adressées aux ministères et agences gouvernementales concernés. À titre d’exemple, les recommandations de l’atelier fidjien ont été présentées au ministère de l’Économie puis intégrées dans le plan national pour le développement des Fidji 2017-2021, lancé en octobre 2017 durant la COP23 à Bonn (Allemagne). 

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