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Améliorer le développement grâce aux coopératives

Wednesday, 14 February 2018 Mis à jour le Friday, 13 April 2018

Ces deux dernières années, le CTA a formé 460 dirigeants et gestionnaires d’associations paysannes et de coopératives agricoles pour les aider à transformer leurs structures en entreprises viables, plus à même d’intégrer leurs membres dans différentes filières de produits agricoles.

Les coopératives agricoles africaines sont généralement inclusives, démocratiques, équitables et socialement responsables. Pourtant, rares sont celles qui parviennent à commercialiser efficacement la production agricole de leurs membres. Lorsqu’une coopérative agricole ne se lance pas dans la commercialisation collective, elle ne peut pas générer assez de fonds propres pour fournir à ses membres les services dont ils ont besoin. Ces organisations complexes sont aussi souvent dirigées par des agriculteurs pauvres, qui n’ont qu’une expérience limitée en matière de gestion d’entreprise et d’organisation.

L’initiative Enhancing Development through Cooperatives (EDC, ou améliorer le développement grâce aux coopératives) a pour objectif de développer le « capital de gestion » en Afrique rurale et de documenter si, comment et quand ce capital stimule le développement de l’agribusiness. Depuis mai 2016, EDC a formé et accompagné 460 dirigeants et gestionnaires de 460 coopératives et associations de Madagascar, du Malawi, du Rwanda et de l’Ouganda, dans le cadre de cinq CLE (Cooperative Leadership Events, ou événements axés sur le leadership des coopératives). Ces CLE visent à renforcer le leadership, la gestion et la gouvernance des coopératives agricoles en proposant des formations, des services de coaching et d’apprentissage mutuel et des expériences en matière de plaidoyer politique. Les données recueillies au niveau des coopératives lors de ces événements contribuent aussi à alimenter les recherches et à orienter la prise de décisions au niveau des gouvernements, des donateurs et des investisseurs.

Des coopératives « nouvelle génération »

En février 2017, 100 membres de coopératives agricoles de 16 régions de Madagascar, ainsi que 100 représentants du gouvernement, du secteur privé et d’ONG internationales ont passé 3 jours à faire connaissance avec des coopératives dites « de nouvelle génération », qui fonctionnent comme des entreprises et sont pleinement intégrées dans les chaînes de valeur. Ce nouveau modèle de coopérative est destiné à offrir aux agriculteurs des liens plus fiables et plus rentables avec les marchés, ainsi que des financements et d’autres services commerciaux. Le développement d’une nouvelle génération de coopératives devrait aussi créer des possibilités d’emploi rural, en particulier pour les jeunes et les femmes, qui ont du mal à avoir accès aux terres arables et qui ne parviennent pas à se projeter dans l’avenir dans le domaine de l’agriculture.

Pendant le CLE organisé à Madagascar, les membres des coopératives ont eu la possibilité de faire part de leurs préoccupations et de discuter des solutions possibles pour résoudre leurs problèmes, ainsi que de déterminer comment les coopératives pourraient être renforcées. La porte-parole de l’une des coopératives participantes, Nirina Razafimanantsoa, a déclaré que « ce que nous défendons, c’est la mise en place d’un environnement favorable, qui permette à chaque coopérative de s’établir dans sa chaîne de valeur et de répondre aux demandes du marché. » À la suite de ces discussions, des responsables gouvernementaux ont créé un comité interministériel chargé de réviser les lois et les politiques en vigueur afin d’aider les coopératives à devenir des entreprises inclusives et viables, dotées d’une meilleure capacité d’intégration verticale dans différentes chaînes de valeur. Le CTA a également mis en place une unité de conseillers en gestion et de fournisseurs de services pour conseiller et soutenir les coopératives qui approvisionnent les chaînes de valeur clés. L’objectif à long terme est de faire en sorte que les coopératives comprennent l’intérêt de ces services et s’engagent à payer pour la fourniture de services et les conseils en gestion.

Développer les capacités des dirigeants de coopératives

En juillet 2017, en partenariat avec le projet du CTA « Service d’information ICT4Ag axé sur le marché et appartenant aux utilisateurs » (MUIIS), 150 dirigeants et gestionnaires de 70 coopératives se sont réunis en Ouganda pour promouvoir le développement de coopératives fondées sur les TIC, axées sur les affaires et intelligentes sur le plan climatique. Cet événement, qui s’appuyait sur un précédent CLE, visait à sensibiliser et à former les dirigeants de coopératives pour leur permettre de participer activement au projet MUUIS.

Selon le Dr Nicola Francesconi, conseiller technique principal au CTA, la formation dispensée lors du CLE cherchait à marquer une rupture par rapport à l’ancien modèle des coopératives communautaires. Francesconi estime qu’injecter du sang neuf dans les instances dirigeantes des coopératives pourrait ouvrir d’autres portes. Selon lui, « l’une des principales limites des coopératives traditionnelles est le fait qu’elles sont presque toujours dirigées par des agriculteurs âgés de sexe masculin, généralement peu instruits et qui sont surtout élus à la tête ces coopératives en raison de leur rôle de chefs de communauté ou de chefs traditionnels. Motiver et former de nouveaux gestionnaires de coopératives – non pour remplacer les dirigeants traditionnels, mais pour les aider – permettrait aux coopératives de se professionnaliser et de devenir plus compétitives sur le marché. Les instances dirigeantes des coopératives pourraient accueillir plus de jeunes et de femmes ; des gens qui ont fait des études, qui ont l’esprit d’entreprise et qui sont capables de saisir les opportunités offertes par les nouvelles technologies de l’information et de la communication. »

Les recherches menées par l’initiative EDC en Ouganda ont démontré que le renforcement des capacités de gestion au sein des coopératives agricoles par l’intermédiaire des CLE s’est traduit par une augmentation des revenus pour les membres de ces coopératives. « Nous avons constaté que la formation permettait d’améliorer la compréhension et l’acceptation des nouveaux principes et que cela encourageait les dirigeants et les gestionnaires à procéder à des changements organisationnels favorisant la commercialisation collective », ajoute Francesconi. Les résultats ont également montré que les agriculteurs membres des coopératives qui avaient participé au premier CLE avaient mieux résisté que d’autres agriculteurs à une grave sécheresse survenue pendant la période entre le premier CLE et le deuxième.

Outre le renforcement des capacités des dirigeants de coopératives, le CTA œuvre également à améliorer et à évaluer les effets des stratégies d’investissement du secteur privé en faveur des coopératives. À l’issue d’un CLE organisé au Malawi en septembre 2016, le CTA a conclu un partenariat public-privé avec l’Agricultural Commodity Exchange (ACE). L’ACE est impliquée dans le commerce des produits agricoles, en particulier les céréales et les fèves, et a récemment investi d’importants capitaux dans quatre nouveaux entrepôts. Le CTA fournit actuellement un soutien technique et financier à l’ACE pour lui permettre de transférer la propriété de ces entrepôts à des coopératives locales. Dans cette optique, le CTA collabore avec l’ACE pour renforcer le leadership et la capacité de gestion des coopératives du Malawi, améliorer leur niveau de professionnalisme et optimiser leurs structures de gouvernance, de façon à ce que ces coopératives puissent accroître le volume de produits vendus via les entrepôts.

Regarder vers l’avenir

En plus des deux CLE, EDC a également organisé un CRS (Cooperative Research Seminar, ou séminaire de recherche sur les coopératives) à Washington DC en 2017, en partenariat avec USAID, la US African Development Foundation, et le Overseas Cooperative Development Council et ses organisations membres. Ce séminaire a lancé une initiative de coaching d’un an pour soutenir les dirigeants et gestionnaires de quatre coopératives du Malawi. Chaque coopérative bénéficie de services de conseils et met en place des systèmes de récépissés d'entrepôt pour améliorer ses performances commerciales et créer des emplois. En s’appuyant sur les deux premières années du projet, EDC a prévu d’organiser trois CLE en Afrique en 2018, ainsi qu’un autre CRS à Washington. D’autres activités de recherche sont en cours et des synergies avec d’autres projets du CTA, comme le projet MUIIS, sont mises en place et consolidées. Le CTA espère que ces efforts supplémentaires, ainsi que le suivi et l’évaluation de l’impact de ces activités contribueront à consolider les progrès réalisés pendant la première année du projet EDC en vue d’aboutir à des coopératives plus axées sur les affaires et générant des revenus intéressants pour leurs membres.

in Une année en revue 2017

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