Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
Leading image

Améliorer l’adoption de l’agriculture intelligente face au climat en Jamaïque

Blog

Selon la FAO, les petits exploitants agricoles de la Jamaïque sont particulièrement vulnérables aux catastrophes naturelles.

© IFAD/ Guy Stubbs

Blog

La Jamaïque, de plus en plus confrontée aux effets du changement climatique qui menacent la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de ses habitants, mise sur les réseaux de politique pour diffuser les pratiques et méthodes de l’agriculture intelligente face au climat. Ces approches améliorent en effet la résilience des agriculteurs et les aident à rester productifs en cas de phénomènes météorologiques extrêmes.

La Jamaïque s’est dotée d’un cadre de politique pour lutter contre l’impact du changement climatique. Il a été élaboré à la suite d’une consultation avec de multiples acteurs à laquelle ont participé les secteurs public et privé, la société civile ainsi que les agriculteurs, dont beaucoup subissent les effets du changement climatique.

Una May Gordon, directrice de la division Changement climatique au ministère du Développement économique et de la création d’emplois, explique que le gouvernement a créé cette division en 2013, l’idée étant d’en faire le point focal pour l’action climatique. La division est chargée de coordonner et de faciliter la mise en œuvre du programme sur le changement climatique dans toutes les structures gouvernementales par le biais de réseaux de politique

Le travail des réseaux de politique

En 2015, la Jamaïque a élaboré un cadre de politique sur le changement climatique qui lui a permis de lancer un certain nombre d'interventions pour protéger les principaux secteurs économiques contre le changement climatique. L’une d’elles est axée sur la promotion de l’agriculture intelligente face au climat (AIC).

« Le ministère de l’Agriculture est doté d’un point focal pour l’action climatique qui fait partie d’un réseau. Cet instrument de politique soutient le travail de la division Changement climatique », explique Mme Gordon.

« L'agriculture est ancrée dans l'économie rurale et affecte la vie des petits exploitants. Nous avons constaté à quel point le changement climatique a de l'influence sur la productivité des agriculteurs et nous avons donc conçu des politiques qui visent à atténuer l’impact du changement climatique. L’une d’elles concerne l’agriculture intelligente face au climat. »

Una May Gordon explique ensuite qu’une des structures mises en place à la suite de l’adoption du cadre de politique est le réseau de points focaux pour l’action climatique. Ce réseau est composé de représentants du gouvernement, du secteur privé et d’organisations paysannes. Le réseau soutient la mise en œuvre de la politique sur le changement climatique.

« Dans le secteur de l’agriculture, les points focaux ont pour mission de soutenir, d’intégrer et de coordonner les efforts d'adaptation et d'atténuation. Il faut ici tenir compte du fait que les femmes sont touchées de manière disproportionnée par le changement climatique. Nous avons voulu remédier à cette inégalité entre les hommes et les femmes dans le secteur de l’agriculture par le biais de cette action. »

L’agriculture contribue au PIB de la Jamaïque à concurrence de 7,5 %. Il s’agit d’un secteur économique stratégique pour le pays, tant au niveau alimentaire qu’en termes d’emploi et de commerce extérieur. Mais ce secteur n’est pas à l’abri des effets du changement climatique, notamment la multiplication des événements climatiques extrêmes.

Le changement climatique est un défi pour le développement de l’agriculture dans le pays, en raison de sa faible superficie, de la fragilité de ses écosystèmes et de sa forte dépendance à l'égard des importations alimentaires. Ce secteur est aussi menacé par les phénomènes météorologiques extrêmes qui sont de plus en plus fréquents. Entre 1994 et 2010, ces événements ont infligé au secteur agricole de lourdes pertes, estimées à 289 millions € (14,4 milliards J$).

Promouvoir l’agriculture intelligente face au climat

Selon la FAO, les petits exploitants agricoles de la Jamaïque sont particulièrement vulnérables aux catastrophes naturelles. Les mesures d'adaptation au changement climatique et d'atténuation doivent donc cibler prioritairement cette catégorie.»

« La diffusion de l’AIC nécessite que chaque secteur adopte une attitude intelligente face au changement climatique. Car ce phénomène n’affecte pas seulement l’agriculture. Tous les autres secteurs,  le secteur du tourisme et le secteur industriel, sont également touchés », souligne Mme Gordon.

« Nous examinons comment jumeler les efforts de la division Changement climatique avec d’autres secteurs afin que tous les acteurs et tous les secteurs apportent leur soutien et réalisent les investissements nécessaires pour aider les agriculteurs. »

La Jamaïque est une destination touristique phare. L’année dernière, le pays a accueilli près de 3 millions de touristes pour un montant total de recettes supérieur à 2 milliards US$. Le secteur de l’agriculture, source clé d’approvisionnement pour le secteur du tourisme, soutient aussi les moyens de subsistance de nombreux habitants qui cultivent la canne à sucre, des bananes, du café, des agrumes, du cacao et des piments pour les marchés d’exportation.

Ce pays insulaire a mis en place tout un arsenal de mesures pour faire face aux menaces du changement climatique. Le plan « Vision 2030 » du secteur agricole propose des solutions à grande échelle pour le développement durable et la résilience environnementale de l’agriculture jamaïcaine. Parmi les principales mesures, retenons le développement des énergies renouvelables grâce à la production de biocarburants issus de l’agriculture et le renforcement du rôle de ce secteur dans le système d'échange de quotas d’émissions, ainsi que le renforcement des mécanismes de réponse aux catastrophes et de redressement pour le secteur agricole.

La Jamaïque est membre du Caribbean Climate-Smart Agriculture Forum, une plateforme de discussion, créée en 2015, pour aider l’agriculture de la région à faire face au changement climatique. Ce forum réunit des acteurs du secteur agricole qui, par le biais de discussions, d’apprentissages et d’actions de planification, s’emploient à promouvoir dans les Caraïbes des politiques, des stratégies et des actions pour assurer le développement d’un secteur agricole durable et capable de s’adapter au changement climatique.

Le CTA a soutenu un projet d'agriculture respectueuse du climat en Jamaïque par le biais de la Rural Agriculture Development Authority, un service de vulgarisation rattaché au ministère de l’agriculture et à sa division Action climatique.

Cet article a été rédigé dans le cadre d’une initiative menée par le CTA visant à documenter et à partager les connaissances exploitables sur les approches agricoles efficaces pour l’agriculture des pays ACP. Il capitalise sur les connaissances, les enseignements et les expériences pratiques afin de documenter et d’orienter la mise en œuvre de projets axés sur l’agriculture pour le développement.

Nigéria : faire des déchets de manioc une richesse dans la stratégie d’atténuation du changement climatique

par

Au Nigéria, production et transformation de manioc génèrent d’importantes quantités de déchets et de résidus dangereux. Ces déchets contribuent aux émissions de gaz à effet de serre (GES). Une intervention innovante et intelligente face au changement climatique consiste à transformer les épluchures de manioc en aliments pour animaux. La valorisation réduit la demande de maïs pour l’alimentation animale, crée de nouveaux débouchés commerciaux à partir des déchets tout en diminuant les risques liés aux déchets et les émissions de GES.

Agriculture intelligente face au climat : exploiter les synergies agriculture-élevage

par , et

Malgré la concurrence entre les entreprises agricoles et d’élevage, il est possible d’introduire des systèmes intégrant agriculture et élevage et générer ainsi des synergies au bénéfice de systèmes de production intelligents face au climat et plus résilients. Pour cela, il y a lieu de bien comprendre les arbitrages nécessaires et d’exploiter les possibilités offertes par une telle intégration.

Foires aux semences : un concept innovant et intelligent pour promouvoir les semences résistantes au stress

par , , et

Au début de chaque saison, les agriculteurs doivent prendre une décision importante : choisir leurs semences et trouver des fournisseurs. Une décision capitale dans le contexte du changement climatique. Dans le cadre d’un projet du CTA pour aider les agriculteurs face aux sécheresses et autres phénomènes météorologiques extrêmes, des foires aux semences sont organisées en Zambie. L’objectif ? Améliorer l'accès des petits exploitants agricoles à des semences de qualité qui leur permettront de cultiver des variétés de maïs résistantes au stress.

Améliorer l’adaptation au changement climatique au bénéfice de l’élevage de poulets à petite échelle en Afrique

par et

Les publications sur le changement climatique en Afrique épinglent souvent l’impact négatif de l’élevage et ses importantes émissions de gaz à effet de serre. Si certains animaux d’élevage rejettent beaucoup de gaz à effet de serre, ce n’est pas une raison pour montrer du doigt l’ensemble du secteur. Les poulets ont peu d’impact sur l’environnement et une faible empreinte carbone. Des travaux de recherche sont en cours pour que les petits éleveurs africains puissent adopter des techniques de production avicole intelligentes face au climat.

Ne pas manquer l'opportunité de travailler avec CTA. Abbonez-vous maintenant!