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Changer les comportements par la cartographie participative

©CTA

Monday, 19 March 2018 Mis à jour le Wednesday, 23 May 2018

Une étude portant sur l’expérience samoane de modélisation participative en trois dimensions (P3DM), encouragée par le CTA, s’est avérée améliorer la gestion des ressources naturelles, aider les communautés locales à affronter les changements climatiques et modifier la relation entre gouvernements et communautés locales.

La P3DM est un procédé de cartographie permettant aux communautés locales d’établir des modèles géoréférencés en relief avec des caractéristiques physiques, comme les rivières et les villages, et la façon dont le territoire est utilisé – pour la chasse, la pêche et la culture. Cet exercice aidant à renforcer le sentiment d’appartenance et les connaissances locales, de nombreuses communautés l’ont utilisé pour faire valoir leurs droits, identifier les ressources et les opportunités, et penser une nouvelle gestion des terres.

Giacomo Rambaldi, responsable des activités P3DM du CTA, fut contacté en 2016 par Barbara Dovarch, doctorante à l’Université de Sassari (Italie) qui souhaitait étudier l’efficacité de cette méthode. M. Rambaldi lui suggéra de se rendre aux Samoa. Dans ce pays, un projet de cinq ans financé par le Fonds pour l’environnement mondial et géré par le ministère samoan des Ressources naturelles et de l’Environnement avait utilisé la P3DM pour sensibiliser les locaux au changement climatique. Au lieu d’être lancée par les communautés et leurs partenaires, la P3DM a été mise en place par ce ministère souhaitant toucher celles-ci et gagner leur confiance.

Barbara Dovarch a constaté qu’avant l’introduction de la P3DM, les représentants de la communauté étaient généralement passifs lors des consultations avec les autorités. «Les représentants gouvernementaux, eux, adoptaient une attitude magistrale lors des réunions, utilisant des PowerPoint et des brochures d’information, souvent sans succès», déplore Barbara Dovarch dans sa thèse. La P3DM a toutefois offert aux communautés l’occasion de s’exprimer et de participer plus activement à la gestion des ressources. Le processus a également permis aux jeunes et aux aînés de dialoguer, d’échanger des connaissances sur la nature, la culture et l’histoire.

Selon les membres samoans interrogés par Barbara Dovarch, la P3DM a incité le gouvernement à modifier son attitude vis-à-vis des habitants. Au lieu «d’enseigner», il est prêt à «écouter». Les représentants gouvernementaux ont abandonné les «consultations» au profit de la participation active, contribuant à renforcer la confiance mutuelle. Ils estiment également que la méthode a «complètement modifié l’attitude et l’approche des communautés en ce qui concerne leur environnement et la gestion des terres», selon Barbara Dovarch.

Le gouvernement samoan a découvert la P3DM à travers les activités ICT4G du CTA, contribuant à la construction de 19 modèles P3DM sur quatre ans et s’engageant à jouer un rôle important en popularisant la technique dans d’autres régions du Pacifique, en commençant par Tonga. Les conclusions de Mme Dovarch ont fait l’objet d’un document de travail du CTA intitulé Participatory 3D modelling in Samoa: Triggering behavioural changes in climate change resilience.

in Une année en revue 2017

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