Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
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Des livres pour renforcer la sécurité alimentaire

Impact story

Members of the Sincedise poultry Group formed as a result of a reading circle

© CTA

Knowledge management

En 2018, le CTA a fait don de près de 80 000 publications à Book Aid International (BAI). Ces ouvrages ont intégré les rayons de bibliothèques au Zimbabwe et renforcé les compétences des populations, en particulier au sein des communautés rurales qui n’ont pas souvent accès à des documents écrits.

Les publications mises à disposition par les bibliothèques rurales du Zimbabwe permettent aux petits exploitants agricoles d’atteindre une meilleure productivité. Ceux-ci ont entre autres accès aux ouvrages publiés par le CTA, essentiellement des guides techniques en anglais et français. Citons simplement les Guides pratiques du CTA, les Agrodoks ainsi que les livres des collections The Tropical Agriculturalist/Agricultures tropicales en poche et Opportunities in food processing qui constituent une véritable mine d’informations pour les agriculteurs inscrits à un service de bibliothèques communautaires.

La plupart de ces publications sont conçues pour une utilisation sur le terrain. Elles fournissent aux vulgarisateurs et aux producteurs des informations qui leur permettent de s’améliorer dans les domaines de la production végétale et animale et de la transformation alimentaire et les encouragent à adopter des innovations.

Le partenariat du CTA avec BAI remonte à 2012. A ce jour, pas moins de 195 000 ouvrages ont été offerts. Dans la plupart des cas, ce sont des bibliothèques et des centres éducatifs de pays en développement qui en ont bénéficié. Par exemple, l’Autorité nationale des services de bibliothèques de Gambie qui travaille avec des écoles et des institutions du secteur tertiaire dans tout le pays. Au Kenya, dans le camp de réfugiés de Kakuma, des élèves d’écoles primaires et secondaires ont, pour la première fois, reçu des livres à lire et à utiliser en classe.

La productivité des petits exploitants agricoles, qui contribuent à l’essentiel de la sécurité alimentaire nationale, est faible par manque d’accès à des intrants et à des méthodes agricoles plus efficaces. Ils ne disposent pas d’informations mises à jour sur les techniques agricoles améliorées qui les aideraient à doper la production de leurs cultures et élevages.

Cependant, dans le sud du Zimbabwe, des petits producteurs nourrissent aujourd’hui leur famille car ils savent lire et écrire. L’alphabétisation a fait d’eux de meilleurs agriculteurs. Elle les a armés pour affronter la pauvreté et l’insécurité alimentaire dans une région durement marquée par les pénuries alimentaires, de faibles moyens de subsistance et la variabilité climatique.

Les groupes d’étude communautaires permettent également aux producteurs d’accéder aux publications du CTA. Les membres d’un de ces groupes, soutenus par une organisation locale, l’Edward Ndlovu Memorial Trust (ENMT), qui gère une bibliothèque communautaire à Gwanda, à plus de 130 km au sud de Bulawayo, ont littéralement chassé l’ignorance et l’insécurité alimentaire à coups de livres.

La lecture, moteur de développement

« Les horticulteurs, éleveurs de petits ruminants et de volaille se réfèrent à ces publications lors des réunions hebdomadaires des groupes d’étude : ils lisent les chapitres qui traitent des sujets liés à leurs activités, par exemple la construction d’un poulailler ou la sélection de semences pour avoir un meilleur rendement. Ils discutent des méthodes recommandées pour ensuite les appliquer. « Les publications du CTA nous apportent les informations dont nous avons besoin pour développer les zones rurales, en particulier sur l’alimentation et la sécurité alimentaire des ménages. Ces ouvrages sont faciles à lire, bien illustrés et adaptés au contexte de notre région aride », explique Jackson Ndlovu, directeur de la bibliothèque établie à Gwanda par l’ENMT.

Les publications sont devenues une ressource précieuse pour les agriculteurs du groupe d’étude car elles fournissent des informations liées à une large gamme de thèmes liés à l’agriculture. M. Ndlovu précise que les ouvrages du CTA viennent compléter ceux du Swedish Corp et du département des Services de vulgarisation agricole du ministère zimbabwéen de l’Agriculture, auxquels les agriculteurs accèdent par l’intermédiaire des groupes d’étude.

Depuis le début de son partenariat avec BAI en 1992, l’ENMT a reçu plus de 40 000 publications. Il les a distribuées à des institutions du secteur tertiaire, des centres de santé, des organisations de services et à des écoles primaires et secondaires.

Apprendre à lire pour avoir de meilleurs revenus

Les 21 membres (en majorité des femmes) du jardin nutritionnel de Sibambene cultivent des tomates, des choux, des oignons, des courges, des légumes-feuilles et du maïs destinés à la vente en se basant sur les brochures techniques du CTA.

« En participant au groupe d’étude, j’ai appris à cultiver différentes plantes et à gérer les cultures en faisant des projections avant de semer », se souvient Siziwe Dube, vice-présidente du Groupe de Sibambene dans la région de Tshanyaugwe.

« L’an dernier, j’ai vendu neuf cageots de tomates et utilisé ce revenu pour couvrir les frais de scolarité de mes enfants et des orphelins dont je m’occupe. De plus, les connaissances acquises dans notre groupe d’étude m’ont permis d’augmenter mes revenus et la sécurité alimentaire de ma famille. »

Sincedise, un autre groupe d’étude, élève des poulets d’engraissement et s’est récemment risqué à élever et engraisser des chèvres. Il ambitionne d’établir son propre abattoir de poulets et un commerce attenant. Joyce Nyathi, 62 ans, une des fondatrices de Sincedise, ne savait ni lire ni écrire lorsqu’elle a arrêté l’école primaire. Aujourd’hui elle maîtrise correctement la lecture grâce au groupe qui l’encouragée à lire sans se soucier de son âge avancé.

Selon Thabani Dube, responsable communautaire à l’ENMT, les membres du groupe gagnent chacun environ 715 € par an.

Pour Murielle Vandreck, coordonnatrice du programme des publications au CTA, même si le CTA a arrêté de produire des publications imprimées en 2018, leur impact sur les agriculteurs est une magnifique récompense pour le Centre. « Nous sommes ravis d’entendre que nos publications ont joué leur rôle : renforcer les capacités dans les pays ACP, générer des revenus et améliorer la sécurité alimentaire au sein des communautés rurales. »

Acquérir l'expertise agricole

par

A 30 ans, le Camerounais Willy Mboukem, spécialiste en agronomie tropicale, lance son propre cabinet de conseil en agroalimentaire, The Farming Agency, avec pour vocation d’aider les agriculteurs à devenir plus productifs, de leur apprendre à se servir de drones et à pratiquer l’agriculture biologique. Willy a découvert le CTA et le magazine Spore lors de ses études supérieures. Il explique à quel point cette découverte a influencé son travail et celui des autres.

« Le CTA est pareil à un bon agriculteur. Il sait qu’il ne peut cultiver seul de grandes superficies. »

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Tout au long de sa carrière universitaire et professionnelle, Wellington Ekaya, responsable du développement des capacités à l’Institut international de recherche sur l’élevage (ILRI), a collaboré avec le CTA. Dans cet article, il nous parle de l’impact déterminant du Centre sur son parcours. Au cours de ces 15 dernières années, le CTA l’a en effet mis en contact avec des réseaux et des mentors tout en lui offrant des opportunités de développement.

Des sols en bonne santé pour la sécurité alimentaire en Afrique

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Plus les agriculteurs sont nombreux, moins il y a à manger ; ce schéma historique est devenu une loi économique mondiale et continue d’être la réalité en Afrique. La plupart des pays agricoles, c'est-à-dire ceux où l'agriculture est le secteur ou l’un des secteurs qui contribuent le plus au revenu national, sont touchés par la pauvreté et une grave insécurité alimentaire. Le ratio consommateurs/producteurs est défavorable ; faute de revenus suffisants, les agriculteurs n’ont pas les moyens d’investir dans des systèmes plus productifs.

De l'importance de la visualisation des données dans l'évaluation des projets du CTA

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Comment qualifier, quantifier et décrypter l'impact d'un projet ? Le CTA s'est posé la question et a apporté une réponse en lançant une initiative de gestion des données relatives aux résultats des programmes. Objectif : s'assurer que les projets lancés répondent bien aux missions fixées par le centre et améliorer leur évaluation afin d'en tirer un maximum d'enseignements.

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