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Des services agrométéorologiques pour améliorer la résilience face au changement climatique en Afrique

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Woman farmer Mestawut Sisay is one of the project beneficiaries in southern Ethiopia. After receiving training, she doubled her harvest to 1,000 kg per ha.

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L’agriculture est le pilier de l’Ethiopie et du Mali et fait vivre la majeure partie de la population de ces deux pays. Mais le changement climatique a déjà un impact sur la sécurité alimentaire en raison de la fréquence accrue des phénomènes extrêmes et des régimes de précipitations imprévisibles. Les services d’avis agrométéorologiques aident certains agriculteurs à accroître leur production malgré ces difficultés.

Les petits agriculteurs et éleveurs sont particulièrement touchés par les récentes évolutions du climat et leurs répercussions. Beaucoup n’ont pas accès à des informations météorologiques pour prendre des décisions à court terme, ni à des renseignements plus vastes sur les options envisageables pour adapter leurs systèmes de production.

Pour relever ces défis, il faut de toute évidence fournir des informations météorologiques de qualité – à la fois des prévisions saisonnières et à court terme. Ces informations doivent être « adaptées à l’usage prévu », c’est-à-dire précises et suffisamment localisées. En outre, ces informations doivent être fournies et traduites afin d’être facilement accessibles et utilisables par les agriculteurs, directement ou à travers le système de vulgarisation.

Les services météorologiques en action

Plusieurs projets démontrent que cette approche peut fonctionner dans la pratique. Entre autres études de cas réussies, on peut citer les projets « Alerte rapide, action rapide / Système d’information des agriculteurs » (EWEA/FIS), mené au Mali (World Vision/CTA), « CommonSense » et « Accélérer l’adoption de l’agriculture intelligente face au climat dans les pays ACP » (CTA/Farm Africa) menés en Ethiopie.

A KoliKoro et à Kayes, au Mali, les producteurs peuvent recevoir des prévisions météorologiques via différents canaux de communication (par message SMS, par radio et lors de rencontres en personne avec des agriculteurs leaders), ce qui leur permet de prendre ensuite des mesures appropriées dans leurs activités agricoles. Un dispositif particulièrement efficace est celui des « groupes d’assistance météorologique », qui produisent des bulletins extrêmement localisés tous les 10 jours. Les agriculteurs et les agents de vulgarisation se sont tous déclarés très satisfaits des résultats obtenus. Le tableau ci-dessous présente les pratiques concrètement mises en œuvre grâce aux informations et aux formations reçues.

En Ethiopie, le projet « CommonSense », mené en collaboration avec l’Institut national de météorologie, fournit des prévisions locales de qualité concernant les précipitations, les températures et le vent aux agriculteurs des régions de culture du sésame de Tigray et d’Amhara. Ce projet s’est employé à trouver les meilleures manières de fournir des prévisions par message SMS aux agriculteurs, qui sont souvent illettrés. Dans une enquête d’évaluation, environ 97 % des agriculteurs ont déclaré que les prévisions relatives aux précipitations étaient exactes et compréhensibles. La plupart ont indiqué que, grâce à cela, ils pouvaient planifier leurs activités agricoles de façon à réduire les risques et à maximiser les profits liés aux précipitations.

Asefa Eyesus, un agriculteur du nord-ouest de l’Ethiopie, a déclaré : « Ces prévisions correspondent presque exactement à ce que nous observons. En me basant sur ces informations, je peux déterminer des dates optimales pour les semis et le désherbage. »

L’agricultrice Mestawut Sisay est l’une des bénéficiaires du projet dans le sud de l’Éthiopie, où elle récoltait auparavant 500 kg de teff en cultivant 1 hectare (ha) de terre. Après avoir suivi une formation et reçu des variétés améliorées de teff dans le cadre du projet, elle a multiplié sa productivité par deux et récolte désormais 1000 kg par ha. Cette amélioration de la productivité lui a permis de combler le « déficit alimentaire » : auparavant, elle souffrait de pénuries alimentaires pendant 2 à 3 mois par an.

En Ethiopie, le projet suit une trajectoire similaire à celle observée au Mali. Les agriculteurs leaders reçoivent un message SMS avec des prévisions météorologiques qu’ils transmettent ensuite à d’autres producteurs organisés en groupes. Ils sont également encouragés à visiter des parcelles de démonstration sur lesquelles sont appliquées des pratiques d’agricultures intelligentes face au climat. Les résultats obtenus sur ces parcelles ont révélé une hausse de la productivité agricole de 20 à 67 %, qui a permis d’améliorer les revenus des ménages.

Malgré les réussites initiales engrangées, des difficultés sont apparues dans tous ces projets. Comment donner aux organismes publics nationaux les moyens de produire des informations de qualité ? Comment développer ces services d’information à plus grande échelle ? Comment rendre les avis plus utiles pour les agriculteurs ? Le but est de recenser des solutions gagnant-gagnant, qui s’appuient sur des partenariats entre des acteurs publics et privés pour faire fonctionner les systèmes de façon durable.

Cet article a été rédigé dans le cadre d’une initiative menée par le CTA visant à documenter et à partager les connaissances exploitables sur les approches agricoles efficaces pour l’agriculture des pays ACP. Il capitalise sur les connaissances, les enseignements et les expériences pratiques afin de documenter et d’orienter la mise en œuvre de projets axés sur l’agriculture pour le développement.

Engager les femmes dans l’agriculture intelligente face au climat

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La production agricole doit augmenter au moins de 50 % d’ici les 30 prochaines années pour faire face à la croissance démographique et à l’évolution des habitudes alimentaires. Ces phénomènes entraînent un accroissement de la demande de fruits, de légumes et d’aliments riches en protéines. C’est déjà un défi colossal, mais les incertitudes climatiques et le fait que les agriculteurs sont de plus en plus exposés au risque de sécheresse, d’inondation et autres épisodes dévastateurs le rendront encore plus difficile à relever.

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