Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
Leading image

Dimension de genre et virage digital : soutenir les femmes dans l’agribusiness

Blog

Blog

Les technologies de l’information et de la communication (TIC) peuvent constituer un moyen efficace pour remédier aux limitations d’accès à l’information, stimuler la productivité et faciliter l’externalisation, le partage de ressources et le travail en réseau. Toutefois, l’écart hommes-femmes en matière d’utilisation des TIC dans la chaîne de valeur empêche beaucoup de femmes d’exploiter pleinement leur potentiel dans le secteur agricole.

Selon l’Union internationale des télécommunications, au niveau mondial, l’écart hommes-femmes en matière d’utilisation d’internet s’élève à environ 25 % dans les pays en développement en général, mais est plus marqué (40 %) en Afrique subsaharienne. Par ailleurs, en Afrique, les femmes ont 23 % de probabilités en moins de posséder un téléphone portable que les hommes (IFC, 2016). En raison de ces disparités, les femmes accèdent moins facilement aux services sur téléphones portables qui aident les agriculteurs à rester informés, à recevoir des aides financières et à toucher des marchés à plus forte valeur ajoutée.

En Afrique, l’insuffisance des infrastructures et des réseaux mobiles en zone rurale exacerbe la fracture numérique entre les hommes et les femmes, en grande partie parce que les activités agricoles poursuivent surtout un objectif de subsistance et que la production implique essentiellement des femmes. Les infrastructures nécessaires permettent notamment d’avoir accès à une énergie abordable. Dans le monde, un milliard de personnes – dont plus de la moitié de femmes – n’ont toujours pas accès à l’électricité.

Deux autres prérequis pour profiter de la numérisation sont l’accès abordable aux infrastructures et les compétences pour utiliser ou exploiter les outils numériques. Dans les deux cas, les femmes sont particulièrement défavorisées. Selon l’Alliance for Affordable Internet (A4AI) et la Fondation World Wide Web, les disparités entre les sexes en matière d’utilisation d’internet sont particulièrement prononcées en Afrique (25 %) et en Asie (17 %). Le manque de compétences numériques parmi les femmes reflète étroitement les écarts entre les sexes dans le domaine de l'éducation. Les chiffres mondiaux dans ce secteur révèlent que deux tiers des 758 millions d’adultes analphabètes sont des femmes.

Les TIC pour réduire les écarts hommes-femmes dans l’agribusiness

Il existe trois types principaux de solutions de TIC pour l’agriculture (TIC4Ag), qui peuvent tous largement contribuer à améliorer les perspectives des femmes impliquées dans les chaînes de valeur agricoles : les TIC pour la gestion de systèmes de production, les TIC pour les services d’accès au marché et les TIC pour l’inclusion financière.

Pour la première catégorie, grâce aux plateformes basées sur les TIC, qui fournissent des données pour aider à améliorer les rendements et la rentabilité, les agriculteurs peuvent augmenter leur productivité et mieux connaître les options des marchés. Les services TIC d’accès au marché permettent aux petits producteurs d’avoir accès à des informations sur le prix des produits agricoles, concernant tant les intrants que les extrants. Étant donné que les femmes apportent une contribution considérable au travail agricole et que la majorité des femmes des pays en développement utilisent l’agriculture pour assurer leurs moyens de subsistance, il est impératif que les plateformes basées sur les TIC soient conçues pour soutenir les agricultrices, en tenant compte des écarts hommes-femmes constatés dans l’utilisation des TIC.

Ces services ICT4Ag peuvent aussi aider les utilisateurs à trouver et à contacter des fournisseurs, des acheteurs ou des prestataires de services logistiques, notamment des installations de stockage et des sociétés de transport. En Ouganda, m-Omulimisa fournit aux petits agriculteurs des informations agricoles en temps réel et des solutions en langues locales par l’intermédiaire des téléphones portables. Plus de 13 000 agriculteurs abonnés à ce service reçoivent régulièrement, en fonction de leur situation géographique, des informations concernant la météo, les marchés et les meilleures pratiques agricoles. Des assurances agricoles fortement subventionnées, fournies grâce au réseau d’agents de m-Omulimisa, accroissent l’éligibilité au crédit des agriculteurs qui les contractent car les institutions de microfinance les considèrent alors comme des clients à risque moins élevé.

Les TIC peuvent servir à améliorer l’accès des agricultrices aux intrants adéquats, ce qui a pour effet de renforcer les processus de production tout en ouvrant de nouveaux marchés pour les vendeurs d’intrants et les marchands. Dans le nord de l’Ouganda, le projet Women of Uganda Network (WOUGNET) travaille avec les agricultrices afin d’améliorer la productivité des cultures de riz et de haricot Mungo. À l’aide des TIC, les agricultrices reçoivent une formation pour établir un profil reprenant leurs données et cartographier leurs potagers, ce qui leur permet ensuite de travailler avec des experts techniques et de rechercher des marchés.

Les avantages de la numérisation

Les solutions basées sur les TIC peuvent aussi soutenir les activités de transport, de commercialisation et de vente : achat et paiement directs de produits aux femmes ; exploitation des points forts des femmes en matière de cultures indigènes, locales et biologiques grâce à un meilleur accès aux marchés haut de gamme ; facilitation des processus de certification ; et utilisation de solutions TIC pour la gestion logistique de la chaîne de livraison. Par exemple, utiliser les TIC pour mettre en commun les ventes à travers des organisations paysannes peut aider à surmonter un obstacle clé en assurant l’approvisionnement auprès d’agriculteurs à petite échelle et marginalisés. Le Syndicat national des agriculteurs de Zambie (ZNFU), l’un des membres fondateurs de la Confédération d’Afrique australe des syndicats agricoles (SACAU), gère un service basé sur des SMS grâce auquel les agriculteurs coordonnent leurs délais de livraison et livrent leurs produits dans un site centralisé, où les négociants viennent chercher des marchandises en vrac.

Devant l’ampleur des possibilités offertes par les services TIC4Ag, il est indispensable d’abolir la fracture numérique entre les hommes et les femmes dans l’agribusiness. L’adoption d’une approche basée sur le genre est donc impérative pour permettre aux femmes de bénéficier pleinement des avantages de la numérisation. Une telle approche comprend les éléments suivants :

  • un accès abordable aux outils et services basés sur les TIC, ainsi qu’aux infrastructures qui y sont associées, notamment l’accès à une énergie abordable ;
  • une approche systématique de l’application des TIC sur l’ensemble de la chaîne de valeur ;
  • l’amélioration des compétences des femmes et des jeunes pour leur permettre d’être à la fois utilisateurs et producteurs de solutions TIC pour l’agribusiness.

Cet article a été rédigé dans le cadre d’une initiative menée par le CTA visant à documenter et à partager les connaissances exploitables sur les approches agricoles efficaces pour l’agriculture des pays ACP. Il capitalise sur les connaissances, les enseignements et les expériences pratiques afin de documenter et d’orienter la mise en œuvre de projets axés sur l’agriculture pour le développement.

Réduire le fossé numérique entre les sexes et offrir des perspectives aux femmes dans le secteur de l’agriculture

par et

Les technologies de l'information et de la communication (TIC) sont promues en tant qu’approche d’égalité des chances – mais l’accent n’est pas toujours mis sur les femmes. Plusieurs initiatives africaines mettent en avant le rôle clé que l’information et les connaissances peuvent jouer dans l’amélioration de la productivité agricole et de la rentabilité des exploitations agroalimentaires dirigées par les femmes.

Les agricultrices et agripreneuses doivent agir pour influencer l'agenda du développement

par

Au long de l’histoire, les femmes ont enregistré des avancées en termes de contrôle de leur destin, de leurs actifs et de leur visibilité dans un monde dominé par les hommes, avant de régresser. Durant ces moments, telle Pénélope qui attend Ulysse, les femmes font et défont la toile de leur vie. Nous pourrions être en train d’assister à une nouvelle période de régression, alors que rôles et aspirations des femmes sont remis en question dans de nombreux domaines. Il est temps de se remettre à l’ouvrage et de changer la distribution des rôles !

Les réseaux numériques améliorent les perspectives financières des agripreneuses

par et

Alors que le secteur agricole pourrait garantir la sécurité alimentaire, les établissements financiers financent peu l’agriculture et les agriculteurs. Les agricultrices et les agripreneuses citent l’accès au financement comme leur principale difficulté. Nombre d’entre elles gèrent des exploitations informelles. De très nombreuses conditions sont nécessaires à l’expansion de leurs activités mais possibles à mettre en place.

Des « bouquets » de services pour donner un coup de pouce aux agripreneuses

par et

Les femmes sont des acteurs essentiels du secteur agricole en Afrique, mais elles doivent surmonter une série d’obstacles pour développer et gérer des entreprises agricoles prospères. L’offre de « bouquets » de services – incluant l’accès à la terre et au financement, le développement des compétences commerciales, des conseils de vulgarisation et l’offre de débouchés porteurs – aidera davantage d’entrepreneuses à se tailler une place dans le secteur agroalimentaire.

Ne pas manquer l'opportunité de travailler avec CTA. Abbonez-vous maintenant!