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Information équitable pour l’accès au crédit

Technical scientific article

The Financial Identity Risk Management solution will provide consumer protection while enabling lenders to offer credit that can improve a borrower’s life and life chances.

FIRM (Financial Identity Risk Management) protège le consommateur tout en permettant au prêteur de proposer des crédits dont le montant peut améliorer les conditions de vie.

Les chiffres sont édifiants: sur les quelque 2,5 milliards de personnes qui gagnent leur vie en travaillant dans 500 millions de petites exploitations, près de la moitié vivent avec (moins de) 1,25 dollar par jour. Soutenir ces ouvriers agricoles en élargissant l’accès aux services financiers – y compris au crédit à un prix abordable, nécessaire à la constitution d’avoirs et à la création de richesses – est le moyen le plus rapide et le plus efficace de sortir plus d’un milliard de personnes de la pauvreté, d’après un récent rapport de l’ONU.

Comme toujours, les objectifs sont ambitieux (les OMD, par exemple), les moyens pour y parvenir insuffisants et la plupart des « solutions » cantonnées à des tests. En dépit de quelques avancées dans la réduction de la pauvreté mondiale, divers facteurs tels que le changement climatique et des décennies de sous-investissement font qu’il est de plus en plus difficile pour un petit exploitant de se sortir de la pauvreté et d’être moins vulnérable.

Malgré l’essor de la microfinance et, plus récemment, la prolifération des services financiers numériques, l’exclusion financière touche encore cinq personnes sur sept dans le monde. C’est particulièrement vrai des ruraux pauvres. Le double défi auquel doivent faire face les prêteurs et les prestataires de services dans les zones rurales est le manque d’identité financière fiable – dans la plupart des PVD il n’existe ni numéro national ni équivalent de substitution – et l’absence d’informations de crédit pour évaluer le risque de crédit, la capacité de remboursement et la solvabilité.

Sauf à éliminer ces deux écueils, l’appui aux petits exploitants et autres exclus du système financier restera extrêmement confiné, comme en attestent les récents problèmes de la microfinance et le fait que les services financiers numériques n’atteignent pas le seuil de viabilité commerciale.

Pour favoriser l’inclusion financière et renforcer les capacités des prêteurs pro-pauvres dans le monde, le PERC, une institution basée en Caroline du Nord, et son partenaire EMA (Experian MicroAnalytics) ont développé une solution originale baptisée 'FIRM' (Financial Identity Risk Management).

Fonctionnement de FIRM

Moyennant l’accord préalable de l’emprunteur, le prêteur peut interroger FIRM, qui extrait instantanément des données auprès de fournisseurs alternatifs (coopératives agricoles, opérateurs de téléphonie mobile, fournisseurs d’énergie, distributeurs de biens de consommation, sociétés immobilières, archives publiques…) et les regroupe dans un rapport qui établit une identité financière (confirmant que l’emprunteur est bel et bien celui qu’il prétend être), donne un profil financier, attribue une note de risque et estime la capacité de remboursement.

EMA gère toutes les interactions avec les fournisseurs de données, la communication, la mise en correspondance des données, leur toilettage et la suppression des doublons, pour aboutir à un rapport FIRM qui est envoyé en quelques secondes au requérant.

Le prêteur peut ensuite utiliser cette information en complément de celle dont il dispose déjà pour décider en toute connaissance de cause de l’octroi ou non du crédit, de son montant et de ses conditions. Les crédits sont par conséquent plus équitables, plus inclusifs, plus responsables et plus durables.

Tout le problème réside dans la mise en œuvre. Avec le soutien de la fondation Bill et Melinda Gates, PERC et EMA ont mené une grande étude de faisabilité au Kenya. Bien que certaines transactions agricoles aient été numérisées, la majorité des données sont dématérialisées. Dans le cadre du développement de FIRM, il fallait par conséquent s’engager à numériser les données, y compris au travers d’importants investissements dans le renforcement des capacités des fournisseurs de données ruraux.

Des discussions ont été amorcées avec des associations kényanes (caféiculteurs, producteurs de thé, transformateurs de produits laitiers), Kenya Power, Orange, Airtel et Safaricom, notamment, en vue de les associer au système FIRM. Ces discussions ont été généralement positives, les fournisseurs de données pressentis voyant l’intérêt d’un système spécifiquement conçu pour répondre à des préoccupations de confidentialité et de sécurité des données, de juste rétribution et de restrictions dans l’usage des données.

Dans certains cas, elles ont abouti à des protocoles d’entente, ce qui prouve combien les parties prenantes du secteur agricole tiennent à promouvoir la solution FIRM. Cette dernière a également reçu une subvention de la fondation Tony Emulemu et du fonds philanthropique Rockefeller pour mener une étude de faisabilité sur la mise en œuvre de cette solution en Tanzanie.

FIRM tient parfaitement dans la phrase "j’ai une bonne et une mauvaise nouvelles". La mauvaise nouvelle, c’est que les marges dégagées seront très faibles et que le lancement nécessitera l’appui de philanthropes ou d’investisseurs de capitaux très patients, sans parler d’un travail de bénédictin pour réunir les données prédictives à partir de sources actuellement non numérisées comme les usines de transformation de café et de thé. La bonne nouvelle, c’est que cet investissement initial générera de l’inclusion économique de longues années durant.

Améliorer les infrastructures financières

Ni une agence de crédit ni un concurrent pour celles-ci, FIRM est une solution élégante qui complète le système national d’enregistrement des crédits et qui comble un cruel manque d’information. Les agences de crédit traditionnelles ne s’attachent qu’aux données financières : leurs bases de données ne concernent généralement que des personnes déjà bancarisées. Très souvent, on n’y trouve que des données 'négatives' (retards de paiement, arriérés et agios) qui ne conviennent guère à l’inclusion financière puisqu’elles ne concernent pas la grande majorité 'exclue du crédit'. Ces données négatives servent davantage à exclure qu’à inclure.

Le système FIRM, au contraire, commence par accéder aux données qui ne figurent pas dans les bases de données des agences de crédit traditionnelles. L’accent est mis sur les données non financières, à la fois positives (paiement à temps et montants acquittés, données en entrée, par exemple) et négatives. FIRM s’intéresse aussi aux données que les agences de crédit traditionnelles peuvent difficilement traiter comme les données de prépaiement et les journaux d’appel des opérateurs de téléphonie mobile. Le système peut ainsi fournir aux prêteurs des données prédictives utilisables à des fins d’octroi de crédit là où aucune donnée n’était disponible auparavant.

Chaque fois qu’une agence traditionnelle octroie un crédit sur la base d’un rapport ou d’un service à valeur ajoutée de FIRM (un score de crédit, par exemple), elle bénéficie de la création d’un nouveau compte associé à une ligne de crédit traditionnelle. Autrement dit, plus le système est utilisé à des fins d’inclusion financière, plus l’information alimente les bases de données des agences traditionnelles et rend ces données utiles et synonymes de revenus exceptionnels.

Les données FIRM peuvent également être communiquées à ceux qui souhaitent créer des services à valeur ajoutée s’appuyant sur des données alternatives. FIRM tient à sa viabilité commerciale dans un marché concurrentiel et considère s’acquitter au mieux de sa mission d’inclusion financière en soutenant des solutions innovantes à partir de sources diverses.

Impact sur le développement

Les prêteurs ont accès à de nouvelles données, disponibles pour la majorité des candidats emprunteurs, et peuvent mieux prédire le risque de crédit et le coût raisonnable. Des études montrent que le passage d’un partage nul à un partage total des informations archivées permet aux sociétés de crédit privées de s’assurer des taux de croissance annuel moyens aux alentours de 45 %, voire plus.

Le recours à des données de paiement non financières pour l’octroi de crédits offrirait de nombreux avantage, selon l’étude menée par le PERC:

  • 11 millions d’Africains non bancarisés pourront enfin accéder à un crédit abordable dans les 5 premières années (Kenya, Nigeria, Tanzanie et Ouganda) ;
  • 15,4 millions d’Asiatiques non bancarisés pourront enfin accéder à un crédit abordable dans les 5 premières années (Bangladesh, Indonésie et Pakistan) ;
  • un coût moyen inférieur à 2 dollars par jour et par personne pour accéder à un crédit abordable ;
  • quel que soit le niveau de défaut de paiement, des taux d’acceptation plus élevés à tous les niveaux de risque ;
  • moins de défauts de paiement quel que soit le taux d’acceptation ;
  • une croissance durable dans l’activité de crédit par l’ajout de nouveaux clients ;
  • une identification plus précise des emprunteurs à haut / faible risque.

On peut interroger FIRM aussi bien pour des candidats emprunteurs « inconnus » (qui n’ont aucun dossier de crédit dans une agence traditionnelle) que connus. L’ajout de données plus prédictives au dossier de crédit traditionnel améliore la performance du portefeuille et augmente les marges bénéficiaires.

La solution FIRM protège le consommateur – en évitant le surendettement – tout en permettant au prêteur de proposer des crédits dont le montant peut améliorer les conditions de vie et les perspectives de l’emprunteur. L’inclusion financière ne se fera pas uniquement grâce à FIRM, mais ce dernier donne accès à des services financiers qui contribuent dans une large mesure à un système financier plus équitable et plus ouvert à tous.

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