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Jardins modèles en Haïti

Analysis

Haïti est l’un des pays les plus pauvres de la planète. Un examen des politiques, programmes et interventions dans le domaine de la nutrition et de l’agriculture, réalisé en 2015 par l’Université de Haïti en collaboration avec le CTA, révèle que 38% des Haïtiens étaient confrontés à l’insécurité alimentaire et près d’un quart des enfants de moins de 5 ans souffraient de malnutrition. Une situation particulièrement problématique pour les populations rurales.

Accès limité à l’irrigation, aux intrants et au crédit, infrastructures de transport, de stockage et de transformation manquantes : les petits agriculteurs et Haïtiens ruraux sont dans la pauvreté, première source d’insécurité et de malnutrition, bien avant la disponibilité limitée de produits alimentaires.

«Nous avons décidé de lancer un projet en faveur des familles d’agriculteurs pour s’attaquer au défi nutritionnel», explique Judith Ann Francis, coordinatrice senior du programme de politique scientifique et technologique du CTA. Cela a permis l’aménagement de jardins potagers modèles pour la culture de divers produits locaux nutritifs et l’élevage. La lutte contre la malnutrition passe par une alimentation diversifiée.»

Pour ce projet, le CTA a collaboré avec la Faculté d’agronomie et de médecine vétérinaire de l’Université d’État d’Haïti et Meds and Food for Kids (MFK), organisation internationale d’expérience dans la coopération avec les agriculteurs haïtiens. Lors de la réunion de lancement du projet en juillet 2017, les deux organisations ont été choisies pour élaborer et évaluer des modèles intégrés d’agriculture et d’élevage pour deux jardins scolaires et trois jardins communautaires. Des modèles réplicables à plus petite échelle par les familles d’agriculteurs-éleveurs. Le projet envisage également de développer du matériel pédagogique sur la nutrition et promouvoir l’aménagement d’une série de jardins potagers privés.

Les 150 petits exploitants (90 femmes et 60 hommes) bénéficiaires du projet ont tous reçu une unité de ponte pour cinq poules afin de produire œufs et volaille, et des fonds pour leur production agricole. Les cultures ont été sélectionnées après consultation des exploitants, incités à diviser leur parcelle en six sous-parcelles : une pour l’unité d’élevage avicole, quatre autres pour la production agricole (une par saison), une en jachère pour les chèvres et les poules. Une rotation est possible, stimulant la fertilité du sol et luttant contre les ravageurs et les maladies.

Cinq petits exploitants et six membres du personnel responsables des trois jardins modèles de MFK ont été formés à l’élevage avicole, la nutrition et la production de cultures. Trois formations ont ensuite été organisées pour 40 petits exploitants. Le projet a aussi produit des écrits sur la production agricole et l’élevage de poules (en français et créole haïtien).

Aujourd’hui, la plupart des fermiers cultivent trois grands groupes de céréales et plantes vivrières dans leurs jardins, savamment sélectionnés : des aliments riches en protéines (haricots, pois) ; riches en énergie (maïs, manioc, igname) ; des légumes verts (moringa, riche en micronutriments). Majoritairement destinés à la consommation des ménages, les produits cultivés restants peuvent être vendus. Ainsi, le projet améliore la nutrition comme les revenus.

Afin de sensibiliser au potentiel des jardins modèles, une journée d’apprentissage a été organisée en décembre 2017, réunissant 80 participants. D’autres seront organisées en février-mars 2018. Un rapport à mi-parcours montre que la plupart des bénéficiaires attendent des changements positifs dans leur vie grâce au projet. Pour inciter le public et le privé à investir dans ces jardins modèles, des tables rondes politiques sont prévues à la mi-2018.

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