Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
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La technologie financière au service de l’inclusion économique des femmes en milieu rural

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Bien que les femmes jouent un rôle prépondérant dans l’agriculture et l’économie agricole des pays en développement, de nombreuses barrières les empêchent d’y apporter une contribution plus substantielle. Comparativement aux hommes, les femmes accèdent moins facilement aux ressources productives, telles que les financements abordables. En Ouganda, un service financier alternatif aide des femmes à épargner et emprunter de l’argent, à augmenter leur productivité et à renforcer leur rôle dans la chaîne de valeur agricole.

Akaboxi est une start-up ougandaise créée et lancée, en 2016, par deux femmes, Sarah Atuhaire Baryaija, 34 ans, et Edinah Kyokusiima Mabumba, 23 ans, et un homme, Joshua Businge Muleesi, 25 ans, dans le district rural de Sheema. En voyant les femmes de leur village se démener pour organiser un système d’épargne collective, ils ont décidé d’utiliser la technologie numérique pour aider ces villageoises à obtenir de petits prêts. Après une étude de portée réalisée en 2015 qui a permis de recenser les défis rencontrés par les femmes membres des groupes d’épargne, celles-ci ont elles-mêmes été associées à la conception du service Akaboxi et ont ainsi identifié les problèmes à résoudre et certaines solutions sur mesure pouvant fonctionner en milieu rural.

Akaboxi s’adresse aux groupes d’épargne créés spontanément par des femmes et comptant jusqu’à 30 membres qui, en règle générale, rassemblent leur épargne hebdomadaire – entre 0,48 et 2,4 € – dans une boîte d’épargne commune conservée chez la dirigeante du groupe. Les membres de groupes utilisent le dispositif portatif Akaboxi, doté d’une application qui enregistre les opérations (épargnes, emprunts et intérêts comptés) réalisées lors des réunions des groupes d’épargne. Afin de garantir la transparence, chaque membre a une carte d’identification (ID), qu’il utilise au cours de la réunion, et reçoit un reçu pour chaque opération effectuée. Ce système permet aux femmes d’assurer le suivi et la gestion de leur épargne solidaire et de réduire le risque de perdre leurs pièces comptables, comme cela peut arriver avec un système papier.

Constitution d’un dossier comptable

Le projet Akaboxi crée un lien entre les groupes d’épargne et les établissements financiers, où les montants épargnés sont gardés sur un compte commun, une alternative beaucoup plus sûre que la cachette « sous le matelas ». La carte ID de chaque membre contient ses informations démographiques, qui sont liées numériquement au dispositif enregistrant toutes les opérations réalisées. De la sorte, les membres peuvent constituer un historique comptable d’opérations qui pourra jouer en leur faveur en cas d’évaluation du risque de crédit.

Cinq groupes totalisant 150 petits agriculteurs, des femmes en majorité, utilisent actuellement Akaboxi afin d’épargner quelque 10 000 € par an. Etant donné les besoins financiers des membres individuels et les montants limités d’épargne cumulative disponibles dans les groupes, Akaboxi offre à ses membres de petits prêts à faible taux d’intérêt. L’objectif final du système est de permettre aux femmes des milieux ruraux d’accéder plus facilement aux prêts des établissements financiers grâce à un historique comptable qui parle en leur faveur. Akaboxi met en place des partenariats avec des établissements financiers afin de réduire les taux d’intérêt appliqués à tous les agriculteurs, ce qui motive ces derniers à ouvrir des comptes bancaires. Ces taux d’intérêt plus bas encouragent les agriculteurs à emprunter de l’argent et à accroître leur productivité, avec pour corollaire une augmentation des gains et de l’épargne.

Travailler pour les femmes, avec les femmes

La formule Akaboxi permet à plus de 150 agriculteurs d’emprunter de l’argent et de développer leurs activités, tant au niveau individuel que communautaire. Par exemple, les membres des groupes d’épargne utilisent les montants empruntés pour payer les études des enfants, acheter des terres ou investir dans une production.

« Grâce à Akaboxi, je peux envoyer mes enfants à l’école. J’ai aussi construit une maison et je m’en sors mieux maintenant. Et si je reçois encore de l’aide, je pourrai faire de nouveaux progrès », explique Juliet Kyomuhendo, une habitante du village de Rwamuganga, dans le district de Sheema.

Le marché du projet Akaboxi est appelé à grandir, stimulé par les avantages qu’offre l’épargne à l’échelle d’une communauté de membres qui se connaissent et se font confiance. D’ici la fin 2019, Akaboxi projette de s’étendre à six nouveaux sous-comtés du district de Sheema, incluant chacun 2 640 groupes d’épargne – environ 79 000 personnes –, ce qui représentera une épargne totale de 5 430 857 € par an. La start-up ambitionne aussi de s’étendre aux districts voisins de Bushenyi, Ibanda, Mbarara, Rukungiri, Kanungu et Ntungamo, afin de desservir 18 480 groupes, soit quelque 550 000 personnes.

La principale qualité d’Akaboxi est sa capacité d’adaptation. La technologie utilisée est relativement simple et élimine les risques fondamentaux liés aux groupes d’épargne gérés à domicile par des femmes. En associant les femmes à la prise de décisions et en créant un environnement où elles peuvent sans crainte exprimer leurs préoccupations, Akaboxi est capable d’adapter ses produits à leurs besoins spécifiques.

Cet article a été rédigé dans le cadre d’une initiative menée par le CTA visant à documenter et à partager les connaissances exploitables sur les approches agricoles efficaces pour l’agriculture des pays ACP. Il capitalise sur les connaissances, les enseignements et les expériences pratiques afin de documenter et d’orienter la mise en œuvre de projets axés sur l’agriculture pour le développement.

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Les technologies de l'information et de la communication (TIC) sont promues en tant qu’approche d’égalité des chances – mais l’accent n’est pas toujours mis sur les femmes. Plusieurs initiatives africaines mettent en avant le rôle clé que l’information et les connaissances peuvent jouer dans l’amélioration de la productivité agricole et de la rentabilité des exploitations agroalimentaires dirigées par les femmes.

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