Leading image

Le pouvoir des connaissances indigènes pour renforcer la résilience face au climat

réviser

Climat

Une nouvelle publication du CTA sur les « systèmes de connaissances indigènes et la gestion du changement climatique en Afrique » a reçu un accueil enthousiaste lors de sa présentation officielle à Johannesburg, en Afrique du Sud, durant la 4ème Conférence scientifique mondiale sur l’agriculture climato-intelligente, du 28 au 30 novembre 2017.

Lors de la présentation, les coéditeurs de la publication, le Dr Oluyede Ajayi, coordinateur de programme senior au CTA, et le professeur Mafongoya de l’université du KwaZulu Natal en Afrique du Sud, ont expliqué l’importance de conserver les connaissances accumulées par des générations d’autochtones pour répondre efficacement aux défis climatiques auxquels sont confrontés les petits exploitants des régions ACP.

Pendant des siècles, les petits agriculteurs s’en sont remis aux connaissances indigènes (CI) pour préserver à la fois l’environnement et leurs moyens de subsistance. Les communautés rurales ont ainsi appris à lire les signaux précoces de la nature annonçant des catastrophes imminentes, et tiré de leurs expériences passées une compréhension approfondie des diverses techniques de prévention et d’atténuation des catastrophes. La richesse des savoirs acquis au fil du temps, à mesure que ces communautés ont subi les effets des aléas climatiques dans leur quotidien, est une ressource précieuse pour les acteurs et les décideurs du développement. Depuis plusieurs années, les CI sont de plus en plus reconnues comme des éléments essentiels pour l’élaboration de stratégies efficaces d’adaptation au climat.

Le large spectre d’informations que rassemble cette publication se divise en 15 chapitres consacrés à des études de cas provenant de l’ensemble du continent africain sur les différents usages des CI dans les prévisions climatiques saisonnières locales, ainsi que sur les pratiques fondées sur les CI pour l’adaptation au changement climatique. Ces prévisions sont basées sur des pratiques autochtones consistant à utiliser plusieurs indicateurs tels que la phénologie des arbres, le comportement animal et les observations astronomiques, et aident ainsi les communautés locales à prendre des décisions pour gérer les risques climatiques et à s’y adapter. Cependant, le changement climatique affecte la fiabilité de certains de ces indicateurs, comme la phénologie des arbres par exemple. Dès lors, il est important d’aider les agriculteurs à compléter leurs connaissances des prévisions saisonnières scientifiques, afin qu’ils puissent prendre des décisions parfaitement éclairées. Les menaces pesant actuellement sur les CI et les politiques et actions pouvant contribuer à leur préservation sont examinées par les auteurs de l’étude de cas, de même que les différentes pistes permettant d’encourager la cocréation de connaissances climatiques par les communautés rurales et les professionnels du développement. « Au CTA, en plus de contribuer à la mise en œuvre de programmes de développement sur le terrain, nous soutenons l’innovation chez les producteurs agricoles et la cocréation de savoir, deux aspects que nous voulons rendre plus accessibles. Cet ouvrage est né de ces préoccupations », a indiqué le Dr Ajayi lors de la présentation.

Des connaissances toujours pertinentes pour s'adapter au changement climatique

Le livre cherche également à répondre à une série de questions essentielles sur les différentes pratiques fondées sur les CI qui sont toujours appliquées par les petits agriculteurs pour gérer le changement climatique en Afrique, et évalue dans quelle mesure ces connaissances sont toujours pertinentes et utiles aujourd’hui. Une compréhension approfondie des CI permettra aux décideurs politiques et aux professionnels du développement d’intégrer ces connaissances précieuses à la recherche scientifique afin de mettre sur pied des initiatives de développement adaptées au territoire local sur le plan environnemental et social, et donc plus durables à long terme.

Les chapitres abordent une série de thèmes allant de l’utilisation des connaissances indigènes pour obtenir des prévisions saisonnières de qualité dans la gestion des risques liés au climat en Afrique subsaharienne, aux défis de la documentation et de la conservation des connaissances indigènes pour la gestion des ressources naturelles. En tant que directeur du CTA, Michael Hailu affirme dans l’avant-propos : « Le présent ouvrage représente l’engagement du CTA visant à mettre en avant la contribution des CI pour renforcer la résilience face au climat. » À cette fin, les études de cas décrites dans les différents chapitres démontrent en définitive les avantages indéniables qu’il y a à soutenir la participation des populations locales à tous les stades d’une intervention visant à améliorer la vie des communautés rurales en Afrique.

Pour conclure, les auteurs se penchent sur l’avenir des systèmes de connaissances et des sciences climatiques indigènes, suggérant que les CI joueront un rôle majeur dans la science du climat et dans la facilitation de l’adaptation des petits agriculteurs à la variabilité climatique. Selon le Dr Ajayi et le professeur Mafongoya, les CI sont déjà considérées comme cruciales dans divers domaines du développement, dont l’agroforesterie, la préservation de la biodiversité et la gestion des ressources naturelles. Pour étendre au maximum l’usage de cette source de savoir précieuse, la publication formule plusieurs recommandations, dont la conservation des systèmes de CI dans des bases de données pour éviter toute nouvelle perte d’informations ; l’instauration de lois pour protéger les droits de propriété intellectuelle des populations autochtones ; l’intégration de systèmes de CI dans les politiques nationales et les documents de développement ; l’intégration des CI aux connaissance scientifiques modernes ; et la sensibilisation du grand public aux CI en les enseignant dans les écoles, les collèges et les universités, comme différentes activités de plaidoyer possibles.

Cet ouvrage est une lecture essentielle pour toutes les personnes impliquées dans des projets liés au changement climatique en Afrique, pour les décideurs politiques et pour ceux qui souhaitent poursuivre des études dans ce domaine passionnant.

---> Télécharger ici une copie de Indigenous knowledge systems and climate change management in Africa.

Offrir des produits et services numériques groupés au profit de l’agriculture climato-intelligente au Zimbabwe

par et

Au Zimbabwe, le changement climatique apparaît comme la principale menace pour l’agriculture. Pour relever ce défi, une organisation paysanne de premier plan s’est associée à une société de télécommunications du secteur privé afin de proposer aux agriculteurs des produits et services groupés d’agriculture intelligente face au climat.

Assurance – sauver des vies, préserver les moyens de subsistance

En Afrique, les changements climatiques et les régimes météo imprévisibles menacent les moyens de subsistance et la survie de dizaines de millions de petits agriculteurs, qui sont frappés de plein fouet si leurs cultures ne donnent rien ou si leur bétail meurt de faim. Un exemple : dans le nord du Kenya, des éleveurs ont perdu plus de 70 % de leur bétail à cause de la sécheresse en 2017. En Éthiopie, plus de 5 millions de personnes ont eu besoin d’aide alimentaire d’urgence et près de 2 millions de personnes ont été déplacées.

L’adaptation au changement climatique en Afrique australe

D’ici la fin du projet phare du CTA en Afrique australe en 2020, près de 140  000 petits agriculteurs zambiens, zimbabwéens et malawiens devraient avoir adopté une série de stratégies intelligentes face au climat, qui les aideront à affronter les sécheresses et l’imprévisibilité de la météo. A la fin de la première année de mise en œuvre, près de 75 000 agriculteurs ont bénéficié de la panoplie de solutions d’agriculture intelligente face au climat.

Les partenariats innovants basés sur la valeur partagée accélèrent la mise à l’échelle des solutions d’AIC

par et

De nombreuses innovations en matière d’agriculture intelligente face au climat (AIC) ont été développées pour aider les agriculteurs à atteindre le triple objectif de l’adaptation au changement climatique, du renforcement de la productivité et, si possible, de la réduction des émissions. Les enseignements tirés par des projets d'AIC dans trois pays soulignent à quel point le développement de valeur partagée entre les partenaires contribue à l’élargissement de l’AIC.

Ne pas manquer l'opportunité de travailler avec CTA. Abbonez-vous maintenant!