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Les données ouvertes à l’appui des politiques agricoles

Impact story

Les données ouvertes peuvent transformer l’agriculture et permettre la sécurité alimentaire dans le monde.

© CTA

En collaboration avec le projet « Global Open Data for Agriculture and Nutrition », le CTA identifie les champions des données ouvertes et les nouvelles politiques propices en la matière pour l’agriculture et la nutrition, en vue de lutter contre la faim dans le monde.

« Les données ouvertes, particulièrement les données ouvertes des gouvernements, peuvent transformer l’agriculture et permettre la sécurité alimentaire dans le monde », affirme Chris Addison, coordonnateur de programme senior pour le projet Data4Ag du CTA. Il montre, en collaboration avec des organisations d’agriculteurs, des entreprises agricoles et des gouvernements, comment les données ouvertes peuvent améliorer productivité, rentabilité, financement et efficacité des filières dans le secteur agricole. « Prenons les données météorologiques : l’ouverture des archives permet aux agriculteurs d’évaluer le coût des risques, à savoir l'une des principales entraves à l’accès du marché des assurances pour les petits producteurs », explique Chris Addison.

Le CTA contribue largement à la promotion des données ouvertes dans le secteur agricole depuis qu'il a apporté son soutien au projet Global Open Data for Agriculture and Nutrition (GODAN). GODAN, initiative lancée en 2014, promeut le partage proactif de données agricoles en appui à l’agriculture artisanale et joue un rôle central dans la réalisation de l'objectif de développement durable 2 : Faim zéro. Le réseau compte à présent plus de 920 membres,

La conférence ministérielle du projet GODAN, organisée en 2017 à Nairobi, au Kenya, avec l'aide du CTA, a donné un sacré coup de pouce au projet. Plus de 400 personnes se sont inscrites à la conférence, dont le point d'orgue a été la Déclaration de Nairobi, un accord historique en vertu duquel 15 pays africains se sont engagés à mettre à disposition les données relatives à l’agriculture et à la nutrition, accessibles et utilisables librement et gratuitement.

Les champions des données ouvertes

Le CTA, s’appuyant sur le réseau GODAN, a identifié des champions partisans des données ouvertes pour contribuer à la portée et à l’influence du projet. « Les champions des données ouvertes sont des leaders d'opinion dans leur domaine politique, social ou technique respectif », explique André Laperrière, directeur exécutif de GODAN. « Ils sont issus du secteur privé, du secteur public, des organisations d’agriculteurs et d’autres groupes de parties prenantes. »

Les champions des données ouvertes opèrent largement au niveau politique, en vue d'influencer les législations relatives à la génération, au flux, à l’échange et à l’utilisation de données et de remédier à leurs faiblesses. Le CTA contribue à identifier ces champions et collabore étroitement avec eux pour s’assurer que les droits et les besoins des agriculteurs ne sont pas négligés dans les discussions relatives aux politiques sur les données ouvertes. « Sur ces questions, nous nous complétons bien », poursuit André Laperrière. « GODAN travaille essentiellement au niveau politique tandis que le CTA est en contact direct avec les utilisateurs et les bénéficiaires des données ouvertes. »

Afin de maximiser le potentiel des données ouvertes, le renforcement des capacités a lieu à travers GODAN Action, la branche de renforcement des capacités du projet, gérée par le CTA. Pour y parvenir, trois approches distinctes : combler le fossé numérique, améliorer la participation des femmes et des jeunes et créer des communautés de pratique durables. Pour le troisième aspect, des modules individuels ont été mis au point pour ceux qui souhaitent se spécialiser dans les données foncières, météorologiques et nutritionnelles. A ce jour, les cours en ligne ont attiré 4 448 journalistes, employés du secteur des TIC, décideurs politiques, responsables de la vulgarisation et chercheurs.

Influencer les politiques relatives aux données

Le Ghana est l’un des nombreux pays où les efforts sur les questions de données ouvertes se concrétisent déjà. « Le Ghana a fait partie des premiers pays africains à rejoindre l’Open Government Partnership, qui promeut une gouvernance responsable, réactive et inclusive. La même année, en 2012, la National Information Technology Agency a lancé la Ghana Open Data Initiative. Le processus de données ouvertes était né dans le pays », explique Wisdom Donkor, président et PDG de l’Africa Open Data and Internet Research Foundation et partisan des données ouvertes. « En 2017, le Ghana a accueilli la deuxième conférence sur les données ouvertes, co-financée par le CTA ; en mars 2019, le parlement a adopté une loi sur le droit à l’information pour améliorer la transparence et la responsabilisation dans les affaires publiques », poursuit Wisdom Donkor.

En dépit de cette étape encourageante, il précise que, dès le départ, les lacunes politiques ont fait obstacle. « Lorsque nous avons lancé la Ghana Open Data Initiative, les politiques en place ne prescrivaient pas la mise à disposition publique de certaines données gouvernementales. Les divers départements publics produisaient des données sous des formats divers. Même si les données étaient rendues publiques, elles étaient souvent difficiles à utiliser. Nous avons ensuite découvert que bon nombre de gens comprenaient mal la signification du concept de données ouvertes et sa valeur. Des initiatives étaient donc lancées sans aucune référence à des données de qualité qui auraient pu contribuer au processus de prise de décisions. »

A la suite de divers engagements avec des parties prenantes publiques et non gouvernementales, notamment le ministère de l’Agriculture du Ghana et différentes organisations d’agriculteurs, questions et objectifs prioritaires relatifs aux données ouvertes ont été identifiés. L’équipe de rédaction des politiques, dont Wisdom Donkor faisait partie, a incorporé ces informations dans une nouvelle politique de données ouvertes, élaborée et soumise au parlement pour examen début 2019. Le contenu sera ouvert aux commentaires publics dans les mois à venir.

« En vertu de la nouvelle politique, l’ensemble des données gouvernementales, y compris les données agricoles et sanitaires, seront diffusées gratuitement. Mais l'impact le plus profond de la politique sera peut-être, à tout le moins à court terme, la définition et la pertinence claires du concept de données ouvertes. J’espère que cela encouragera d’autres partages de données et mises au point de politiques au Ghana, ainsi que dans d’autres pays africains, tels que le Togo et le Liberia, qui ont déjà exprimé leur souhait d’apprendre de notre expérience », explique Wisdom Donkor.

Afin de soutenir l’élaboration d'un plan de politiques de données ouvertes pour le secteur agricole, le ministère néerlandais de l’Agriculture, de la nature et de la qualité alimentaire, Wageningen Environmental Research et le CTA collaborent actuellement avec le ministère ghanéen de l’Alimentation et de l’agriculture. Le projet permet de collaborer avec diverses parties prenantes nationales et régionales afin d’identifier et de classer par ordre de priorité la publication de données, d'informer les politiques, les stratégies ou les plans d'investissements nationaux en matière de données ouvertes sur l’agriculture et la nutrition, et d'organiser un forum national sur les données ouvertes pour l’alimentation et l’agriculture.

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