Nouvel indice pour lutter contre les entraves à la sécurité sanitaire des aliments, à la santé et au commerce en Afrique

Dakar, Sénégal, 2 octobre. L’Indice africain de sécurité sanitaire des aliments (AFSI) a été lancé aujourd’hui. Il vise à lutter contre les maladies d’origine alimentaire, dont l’impact est comparable, selon une récente évaluation mondiale, au paludisme, au VIH/Sida ou à la tuberculose.

Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) collabore avec la Commission de l’Union africaine, le A4NH du CGIAR, la FAO et l’OMS afin de lancer l’AFSI. Cet indice encouragera les pays africains à privilégier la sécurité sanitaire des aliments, réduire les maladies d’origine alimentaire et améliorer le commerce et les revenus.

Une alimentation peu sûre menace la sécurité alimentaire et nutritionnelle et entrave le développement national en général. Selon l’OMS, 91 millions de personnes tombent malades chaque année en Afrique à cause d’affections d’origine alimentaire. Parmi elles, 137 000 personnes mourront, dont bon nombre d’enfants et de membres d’autres groupes vulnérables - tels que les jeunes, les personnes âges, les femmes enceintes, les populations mal nourries et les personnes atteintes d’immunodépression.

Outre les préoccupations sanitaires, la sécurité sanitaire des aliments est devenue une condition préalable importante à l’accès aux marchés alimentaires mondiaux et, de plus en plus, aux marchés nationaux à valeur supérieure dans les pays en développement. Si aucune étude n’a été menée à bien sur son impact spécifique sur les économies nationales, les preuves suggèrent néanmoins que le commerce et la santé sont lourdement affectés, à hauteur de centaines de millions d’euros. On estime qu’à elle seule, la menace de contamination à l’aflatoxine cause chaque année des pertes de plus de 600 millions d’euros d’exportations africaines.

Michael Hailu, directeur du CTA : « Afin d’améliorer la durabilité et la valeur nutritionnelle de la production alimentaire en Afrique, nous ne devons pas perdre de vue l’importance de la sécurité sanitaire des aliments, et ce, pas seulement pour des raisons sanitaires. Si les petits agriculteurs n’ont pas accès à des opportunités de marché plus larges, y compris au niveau des exportations, ils ne pourront jamais échapper au cycle de la pauvreté.»

Amare Ayalew, coordinateur de programme au partenariat pour le contrôle de l’aflatoxine en Afrique : « Sans accès à une alimentation sûre, les consommateurs ne peuvent pas bien s’alimenter, et cela nuit à leur nutrition ou à leur santé. Les engagements 3, 4 et 5 de la déclaration de Malabo sur l’éradication de la famine, la réduction de la pauvreté (en augmentant les revenus), et la multiplication par trois du commerce intra-africain de produits agricoles ne seront pas atteints. »

Récemment lancé par le CTA, le programme de suivi du commerce agricole en Afrique fait état de risques sanitaires de plus en plus préoccupants associés aux produits alimentaires importés, à tel point que les normes sanitaires et phytosanitaires (SPS) des pays industrialisés ont dû être révisées. En 2012, selon le rapport, les importations de l’UE de produits d’Afrique subsaharienne (ASS) qui pouvaient être affectés par la conformité aux normes représentaient 7,9 milliards d’euros. L’ASS est le principal fournisseur de cacao en Europe et l’un des principaux exportateurs de café et de thé vers le continent européen. Plusieurs pays africains ont exporté des millions d’euros de sucre de canne, de molasse et de noix et de fruits en Europe en 2012.

Selon le rapport de l’OMS de 2015 sur le fardeau mondial des maladies d’origine alimentaire, la charge mondiale attribuée à 31 dangers alimentaires majeurs représentait 33 millions d’années de vie corrigées du facteur invalidité (AVCI) en 2010, soit le fardeau le plus élevé par population observé en Afrique, avec un tiers des décès totaux.

La semaine dernière, les partenaires et les experts responsables de la mise en œuvre se sont réunis pour concevoir un indicateur composite qui sera inclus dans l’examen biennal du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PPDAA), qui assure le suivi et la cotation des 55 États membres.

Les indicateurs composites qui capturent la nature et les impacts plurisectoriels de la sécurité sanitaire des aliments seront inclus dans l’AFSI et incorporés dans le mécanisme d’examen biennal de Malabo. Le suivi de la sécurité sanitaire des aliments et les efforts nationaux afin de respecter les normes devraient avoir un effet domino sur la priorité accordée à la sécurité sanitaire des aliments et à l’élaboration de politiques, ce qui permettra d’améliorer globalement la gestion sanitaire et, au final, de renforcer la sécurité alimentaire et la nutrition, d’alléger le fardeau des maladies d’origine alimentaire et d’intensifier l’accès aux marchés, aux entreprises agricoles et au développement global en contribuant à la réalisation des engagements de la déclaration de Malabo de l’UA.

Pour plus d’informations ou demander une interview, veuillez contacter : Toby Johnson, chef d’équipe Communication, CTA, +31 (0) 6 10 88 50 80, johnson@cta.int.

A propos du CTA

Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) est une institution internationale conjointe des Etats du Groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et de l’Union européenne (UE). Sa mission est d’améliorer la sécurité alimentaire et de renforcer la résilience et la croissance économique inclusive en Afrique, dans les Caraïbes et dans le Pacifique à travers des innovations dans l’agriculture durable. Le CTA opère dans le cadre de l’accord de Cotonou et est financé par l’UE.

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