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Reconnaître les réussites du secteur laitier africain

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La résilience du secteur laitier résulte d'efforts pour utiliser des technologies, des pratiques et des innovations modernes.

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L’industrie laitière africaine est confrontée à de nombreux défis : faible productivité des vaches, fluctuations de la production laitière, qualité variable du lait, coûts de production élevés, dysfonctionnements tout au long de la chaîne de valeur. Néanmoins, la chaîne de valeur laitière représente l’un des secteurs les plus dynamiques d’Afrique de l’Est. Sous l’effet de la croissance démographique, de l’urbanisation et de l’amélioration du pouvoir d’achat, la demande régionale de produits laitiers augmente d’au moins 2,2 % par an.

La résilience et le dynamisme de ce sous-secteur résultent des efforts soutenus déployés par ses différents acteurs pour utiliser des technologies, des pratiques et des innovations modernes tout au long de la chaîne de valeur laitière afin de satisfaire aux diverses exigences du marché et obligations réglementaires. Pour mettre en lumière les efforts exceptionnels déployés par les acteurs de la filière laitière – des petits producteurs de lait et de fourrage aux coopératives laitières, en passant par les transformateurs –, l’Association de l’industrie laitière de l’Afrique orientale et australe (ESADA) développe en ce moment un programme de récompenses pour les acteurs de l’industrie laitière, avec le soutien de l’initiative DAIRYPROFIT du CTA. Les différentes catégories de récompenses ont été définies de façon à couvrir les principales étapes de la chaîne de valeur ainsi que certains thèmes transversaux, comme les jeunes et l’intégration des questions d’égalité entre les sexes. Les principales catégories sont les suivantes :

  • Prix du meilleur éleveur laitier
  • Prix du meilleur producteur de fourrage
  • Prix de la meilleure exploitation laitière
  • Prix du meilleur centre de collecte du lait
  • Prix de la diversité des produits laitiers
  • Prix de l’inclusion sociale dans le secteur laitier

Une amélioration inspirante de la productivité et de l’efficacité

En collaboration avec des partenaires opérant au Kenya, en Tanzanie et en Éthiopie, ce programme de récompenses a pour objectif d’offrir une plateforme pour permettre aux acteurs de la filière laitière de partager leurs enseignements et leurs expériences. Il a été accueilli comme une initiative importante pour faciliter la reproduction des pratiques et des innovations efficaces par d’autres acteurs de la chaîne de valeur, ainsi que pour faire progresser le secteur laitier de façon à ce qu’il devienne une industrie plus productive et économique, capable de satisfaire aux normes locales, mais aussi internationales.

Les échanges de pratiques et d’expériences sont cruciaux pour assurer le transfert de technologies et de connaissances entre les acteurs de l’industrie laitière et alimenter ainsi la croissance continue de ce secteur. Par exemple, le Zimbabwe est parvenu à faire respecter des normes strictes en matière de qualité, de salubrité et d’hygiène chez les petits producteurs laitiers en encourageant les bonnes pratiques agricoles et les politiques efficaces – un exemple qu’il convient de partager avec d’autres pays africains. Le paiement du lait dépend tout d’abord de la qualité du produit, et le lait cru est soumis à des procédures rigoureuses d’assurance de la qualité et de la sécurité, indépendamment de la taille de la structure qui le produit, que ce soit une petite structure ou une grande exploitation largement mécanisée.

Promouvoir les bonnes pratiques et les innovations politiques efficaces

Afin de veiller à ce que des enseignements soient tirés des réussites obtenues au Zimbabwe, l’ESADA a facilité la participation de 59 acteurs de la chaîne de valeur laitière (originaires du Kenya, de la Tanzanie, de l’Éthiopie, de la Zambie et du Zimbabwe) à une mission au Zimbabwe, avec l’aide du programme DAIRYPROFIT du CTA. Au cours de cette mission, les participants ont relevé les idées et les leçons suivantes, entre autres :

  • tous les acteurs de la chaîne de valeur laitière du Zimbabwe observent des normes strictes en matière d’hygiène et d’assurance de la qualité ;
  • le paiement du lait dépend exclusivement de sa qualité ;
  • les producteurs sont lourdement pénalisés s’ils frelatent le lait cru ;
  • les petits producteurs regroupent leurs vaches (concept du « cow hotel ») ;
  • la traite des vaches a lieu dans les pâturages (« bush dairy ») ;
  • l’étroite collaboration entre les autorités de réglementation et les autres acteurs de la chaîne de valeur laitière favorise les politiques progressistes ainsi que les aides et les interventions utiles ;
  • il est possible d’augmenter la valeur ajoutée en intégrant des ressources locales, comme le millet combiné avec du lait et du caillé fermenté.

Dans le cadre de l’initiative DAIRYPROFIT, le Kenya a également accueilli un groupe d’acteurs de l’industrie laitière de Tanzanie, d’Éthiopie, du Zimbabwe et de Zambie. Ce groupe a visité plusieurs coopératives laitières parmi les plus florissantes du Kenya, y compris les coopératives de producteurs laitiers de Githunguri et de Kinangop. Pendant cette visite, le groupe a pris conscience de l’intérêt d’associer successivement des coopératives à la production laitière et à la commercialisation des produits laitiers, puisque cela permet notamment d’aider les éleveurs à produire un lait de qualité et de faciliter le regroupement et la transformation du lait. Les participants ont également été impressionnés par la production commerciale de fourrage et par le succès de la production de lait dans des régions arides et semi-arides.

Les participants aux missions menées au Kenya et au Zimbabwe ont déjà commencé à mettre en application certaines des pratiques efficaces présentées. Par exemple, l’un des participants kényans met actuellement à l’essai le modèle de « cow hotel » observé au Zimbabwe. Un délégué tanzanien a, quant à lui, noué un partenariat avec un petit transformateur zimbabwéen pour développer des produits laitiers à valeur ajoutée, comme du lait fermenté et du caillé. L’ESADA pense que le transfert de ces connaissances et expériences précieuses permettra de stimuler la croissance et le développement dans le secteur laitier, et d’améliorer ainsi les revenus des petits producteurs laitiers d’Afrique orientale et australe.

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