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Services bancaires numériques pour les agriculteurs des zones rurales : étendre et diversifier l’offre

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La start-up ougandaise Ensibuuko, lancée en 2014, lauréate du premier concours Agrihack du CTA, aide les coopératives d'épargne et de crédit (CEC) à gagner en efficacité et en bancabilité grâce à la numérisation de la gestion de leurs données clients et de leurs transactions. Elle les accompagne aussi dans leur transition vers un système scriptural et informatisé. Alors qu’elle est en bonne voie d’étendre ses activités en Ouganda, cette entreprise numérique s’emploie à présent à proposer ses services à l’étranger.

Lorsque Gerald Otim a présenté son projet de start-up fintech il y a 4 ans, son objectif était de faciliter l’accès à des services financiers dans les régions rurales d'Ouganda. Entrevoyant la possibilité d’améliorer l’efficacité des prestataires de services financiers ruraux, comme les coopératives d’épargne et de crédit et les caisses de crédit, la start-up a développé MOBIS - un système bancaire et de gestion personnalisé en nuage. Ce système s’est révélé efficace et rapide à mettre en place, même dans les zones rurales aux infrastructures de télécommunication très peu développées.

L'entreprise ougandaise s'est rapidement lancée dans l'offre de services d’argent mobile, en intégrant son système MOBIS à une plateforme de paiement numérique. L’objectif était de permettre aux agriculteurs d’effectuer des dépôts et des retraits d’argent, mais aussi de négocier et d’obtenir des prêts auprès de leur coopérative financière, via leur GSM.

La formule s'est avérée gagnante. Ensibuuko coopère actuellement avec plus de 50 coopératives d'épargne et de crédit, ce qui lui permet de toucher plus de 200 000 agriculteurs. Pour promouvoir l’adoption de MOBIS, l'entreprise investit massivement dans l'éducation à la finance numérique pour les coopératives, en organisant des ateliers de formation et d'autres initiatives.

« Nous avons mis en place un programme de formation interne pour essayer de changer les mentalités, ce qui est essentiel dans notre secteur », explique Gerald Otim, fondateur et PDG d'Ensibuuko. « La vente des solutions numériques aux coopératives rurales a donc un coût assez élevé. Il faut investir dans l'éducation des gens. Il faut les accompagner jusqu’à ce qu’ils se sentent suffisamment à l’aise avec l’argent mobile pour qu’ils soient prêts à abandonner les espèces et le papier. C’est là le défi numéro un. »

Pour diffuser ces services à plus grande échelle, il faut aussi disposer des technologies et des infrastructures appropriées. La solution d'Ensibuuko a été de s'associer à des réseaux mobiles en vue du développement d’un forfait Internet offrant une connexion rapide et fiable à un prix abordable.

Prête aujourd’hui à étendre son modèle d'affaires à d'autres pays africains, Ensibuuko jette les bases de son expansion, en commençant par le Nigeria, la Tanzanie et la Zambie. La jeune entreprise fintech a opté pour un modèle de franchise, qui est selon elle le canal le plus efficace. Et les résultats engrangés à ce jour sont encourageants.

« Dans chacun de ces pays, nous avons identifié des entreprises locales. Nous avons ensuite conclu avec elles un accord commercial leur permettant de participer aux bénéfices, » explique Gerald Otim. « L'expérience a montré qu'il faut peaufiner le modèle pays par pays, mais il existe clairement une demande pour nos services et notre approche semble porter ses fruits. »

Ensibuuko ne réalise pas encore de bénéfices, mais ses revenus augmentent régulièrement. Son lien avec le CTA, noué lorsqu’il a remporté le concours AgriHack à Kigali, au Rwanda, en 2013, reste fort. L'entreprise est étroitement associée au projet MUIIS (Améliorer l’autosuffisance des agriculteurs grâce aux services d'informations ICT4AG axés vers le marché et appartenant aux utilisateurs) mis en œuvre par le CTA. Dans le cadre de ce projet, Ensibuuko assure la gestion d’une plateforme proposant aux agriculteurs un forfait de services incluant des alertes météorologiques, des conseils agronomiques et une assurance contre la sécheresse fondée sur un indice climatique.

Gerald Otim reste résolument convaincu de la nécessité de coopérer avec des partenaires afin diffuser à grande échelle ce projet et de développer des synergies en vue d’un impact maximum.

Comme le souligne le fondateur d'Ensibuuko : « Ce n'est probablement pas un hasard si deux des trois partenaires de franchisage avec lesquels nous avons noué des liens pour étendre nos activités à d'autres pays africains sont des personnes dont nous avons fait la connaissance grâce aux activités de réseautage du CTA. »

Cet article a été rédigé dans le cadre d’une initiative menée par le CTA visant à documenter et à partager les connaissances exploitables sur les approches agricoles efficaces pour l’agriculture des pays ACP. Il capitalise sur les connaissances, les enseignements et les expériences pratiques afin de documenter et d’orienter la mise en œuvre de projets axés sur l’agriculture pour le développement.

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