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Tradition et innovation vont de pair dans le Pacifique

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Les familles vivant en zones rurales aux Samoa améliorent leurs revenus en ajoutant de la valeur à des produits locaux et en les commercialisant par Internet. Adimaimalaga Tafunai, directrice exécutive de Women in Business Development Inc. (WIBDI), explique dans quelle mesure le fait de relier des traditions autochtones à des outils liés aux technologies de l’information et de la communication contribue à améliorer les moyens d’existence des petits exploitants et à freiner l’exode rural.

Organisation consacrée au renforcement des économies rurales des Samoa, WIBDI a parcouru un long chemin depuis ses modestes débuts en 1990. Tirer des enseignements de l’expérience et des erreurs a toujours constitué une caractéristique importante de cette ONG du Pacifique, qui aide les familles rurales vulnérables à gagner un revenu régulier grâce à l’établissement d’entreprises agricoles durables dans leur propre communauté.

En consacrant une attention particulière aux traditions locales, l’organisation utilise un mélange de technologies traditionnelles et modernes en vue de développer des créneaux générateurs de revenus pour ses membres, et afin de trouver des marchés pour leurs produits. La formule a fait ses preuves, malgré quelques obstacles jalonnant le parcours. En aidant les villageois à monter des entreprises agricoles à base de produits bio, WIBDI a progressivement forgé des liens avec plusieurs partenaires commerciaux de haut niveau à l’échelle régionale et mondiale, parmi lesquels The Body Shop, All Good Organics et C1 Espresso.

« Notre action a évolué, passant de formes traditionnelles de génération de revenus comme l’artisanat à notre positionnement actuel : l’ajout de valeur à des cultures locales et l’exportation vers des marchés de niche aussi loin qu’au Royaume-Uni », déclare Mme Tafunai, qui compte parmi les sept membres fondateurs de cette ONG. « L’essentiel de notre travail consiste à présent à ajouter de la valeur aux cultures des petits exploitants et à faciliter leur exportation, ainsi que la vente locale des produits à valeur ajoutée. »

L’apprentissage des collaborateurs de WIBDI à la commercialisation des produits des zones rurales ne s’est pas fait sans mal. Ils ont dû adopter des moyens innovants permettant d’ajouter de la valeur aux cultures et autres produits, et de les promouvoir auprès d’un public plus large. « WIBDI a parcouru un long chemin, et l’apprentissage a été immense en raison des nombreuses erreurs de parcours. Cela dit, nous avons toujours tiré des enseignements de ces erreurs et ceci nous a permis d’évoluer », se rappelle Mme Tafunai. « Innover était nécessaire parce que les projets précédents, qui visaient des aspects traditionnels comme la production artisanale, étaient difficiles à mener vu l’absence de marchés durables. »

De la valeur ajoutée pour les producteurs locaux

L’organisation et ses membres ont commencé à voir le bout du tunnel lorsqu’ils ont décidé de cibler une plus large gamme de produits à valeur ajoutée et d’utiliser les technologies de l’information et de la communication (TIC) en vue de leur commercialisation. Avec le soutien du CTA, qui a aidé à faire connaître WIBDI grâce à une formation et assistance dans le domaine des TIC, l’ONG du Pacifique a atteint sa pleine maturité. Elle œuvre actuellement dans 201 villages samoans, contribuant à la promotion d’entreprises d’agriculture bio au revenu annuel supérieur à 193,000 euros (600,000 WST) dont bénéficient les familles situées en zones rurales.

Parmi les exemples de produits à valeur ajoutée, citons la pâte de cacao « koko samo », transformée par les familles qui cultivent le cacao. WIBDI fournit aux producteurs de cacao un moule et collecte les blocs transformés avant d’assurer leur conditionnement, leur étiquetage et leur commercialisation. Autre produit phare : l’huile vierge de noix de coco, fournie par des producteurs locaux et qui se vend au prix fort par rapport aux noix de coco à l’état brut.

La première familiarisation de WIBDI aux TIC remonte au lancement de son programme bio, lorsque les collaborateurs ont reçu des tablettes pour enregistrer des données précises, en prévision d’une certification bio. Un autre élément majeur fut l’introduction de l’ONG aux réseaux sociaux, par l’intermédiaire d’un membre du personnel qui avait suivi une formation à distance avec l’appui du CTA. Depuis lors, WIBDI a pour rôle d’étendre l’utilisation des réseaux sociaux à d’autres dans la région. L’organisme compte à présent également fortement sur ces canaux pour commercialiser ses produits et promouvoir son action.

Aujourd’hui, l’ONG utilise les réseaux sociaux pour relater l’expérience de personnes qui vivent décemment de leurs activités rurales. WIBDI compte désormais un membre du personnel chargé spécifiquement de la gestion de ses médias sociaux. Les médias sociaux permettent à des acheteurs potentiels de découvrir des produits locaux, ce qui a contribué à générer une quantité substantielle de transactions d’e-commerce pour les membres de WIBDI. L’organisation s’apprête maintenant à lancer une application financée par le CTA « Farmwallet », un outil de marketing visant à connecter les agriculteurs avec les marchés, et vice versa. L’application reliera également les exploitants agricoles à des comptes épargnes tenus par WIBDI.

Un avenir prometteur dans l’agriculture bio

Si l’ONG a été lancée au départ pour cibler les femmes, WIBDI collabore désormais avec tous les membres de la famille : une stratégie délibérée, qui est une fois encore le fruit de l’expérience. « En travaillant spécifiquement avec des femmes, nous les soustrayions souvent de leurs rôles habituels, ce qui causait des problèmes au sein de la famille », explique Mme Tafunai. « Collaborer avec la famille au complet nous a aidé à surmonter cette problématique : les membres se sont mis à comprendre les activités et à déterminer entre eux la bonne personne pour accomplir certaines tâches. »

L’un des programmes de WIBDI, l’Organic Warriors Academy, s’adresse particulièrement aux jeunes et vise à résoudre le double problème du manque de main-d’œuvre pour les exploitations familiales bio et du chômage massif dans cette tranche de la population. Ce programme propose des formations et encourage les jeunes à ne pas s’exiler en ville, mais à considérer l’agriculture bio comme un travail respectable, à l’avenir prometteur. Ce n’est pas le fruit du hasard si le programme intègre une composante TIC, enseignant aux jeunes à utiliser leur Smartphone pour cartographier leur exploitation et connecter leurs produits aux marchés.

« La majorité des jeunes samoans pensent que l’agriculture est un travail dégradant. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de lancer un programme de formation qui leur donnerait le goût de l’agriculture bio et les sensibiliserait à la réelle possibilité de carrière qu’elle représente », déclare Mme Tafunai. « Tous les jeunes s’intéressent aux technologies ; les impliquer dès le départ dans l’utilisation des TIC pour cartographier leurs terres leur donne une toute nouvelle image de leur exploitation familiale. Le fait qu’ils puissent à présent utiliser leur téléphone pour se connecter à des marchés est les motive également. Cela change leur vision de l’agriculture et de l’avenir que celle-ci leur réserve. »

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