Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
Leading image

Transmettre des données satellite sur les téléphones portables des agriculteurs

News

L’accès à des données météorologiques précises et en temps opportun est essentiel pour permettre aux petits exploitants de prendre des décisions informées et d’améliorer leur résistance aux impacts du changement climatique (sécheresses, températures élevées, inondations et développement des nuisibles et des maladies).

C’est ce qu’a révélé un récent examen d’un projet en cours visant à améliorer l’accès des petits exploitants de trois pays d’Afrique australe aux solutions agricoles climato-intelligentes.

Dans le cadre de ce projet, le CTA collabore avec des partenaires nationaux pour promouvoir un ensemble de solutions climatiques visant à atténuer les impacts du changement climatique et ce, au titre de son projet phare sur deux ans en Afrique australe. Le CTA promeut ainsi une approche à plusieurs niveaux qui comprend non seulement des services d’informations météorologiques basés sur les TIC, mais aussi l’utilisation de semences résistantes aux stress et d’assurances indicielles innovantes (dans lesquelles les paiements sont émis en fonction d’un indice météorologique). Elle améliore également les moyens de subsistance des agriculteurs en leur permettant d’élever du bétail, en plus de cultiver les champs. Le projet régional Promoting Climate-Resilient Agri-food Solutions in Southern Africa (Promouvoir des solutions agroalimentaires climato-résistantes en Afrique australe) bénéficiera à 140 000 agriculteurs du Malawi, de Zambie et du Zimbabwe, et a le potentiel d’atteindre jusqu’à 200 000 petits exploitants d’ici trois ans.

Partenariat public-privé

Au Zimbabwe, le projet soutient un partenariat entre l’Union des agriculteurs du Zimbabwe (Zimbabwe Farmers Union, ZFU) et Econet Wireless, un fournisseur de services de télécommunication. Dans le cadre de ce partenariat, un ensemble de services est fourni aux agriculteurs via leur téléphone portable, dans le cadre du forfait EcoFarmer, qui inclut des micro-assurances pour couvrir les intrants et récoltes des agriculteurs contre les dommages dus aux aléas climatiques, ainsi que des informations satellites quotidiennes et localisées sur la météo et des conseils agricoles. L’abonnement à l’ensemble des services intégrés d’EcoFarmer ne coûte que 1 $ par mois et, en plus des services déjà mentionnés, il inclut aussi une assurance obsèques, la cotisation à la ZFU, des réductions sur les intrants (y compris pour des variétés de semences résistantes à la sécheresse) et des informations sur le marché.

« Au départ, le forfait incluait normalement une assurance fondée sur des indices météorologiques, ainsi que des conseils en agronomie pour les agriculteurs et éleveurs », explique Prince Kuipa, économiste en chef à la ZFU. Et d’ajouter : « Le projet actuel fournit aussi des informations météorologiques en temps réel aux agriculteurs, et promeut des variétés de maïs résistantes à la sécheresse ainsi que la diversification du bétail. »

Changer les mentalités

Au Zimbabwe, le forfait EcoFarmer est promu au niveau des districts par des agents qualifiés, qui expliquent les avantages du produit aux agriculteurs. La formation d’agents de vulgarisation agricole, rattachés au Département de vulgarisation agricole (Agritex) du gouvernement, a aussi joué un rôle clé dans le déploiement du forfait EcoFarmer, puisque ceux-ci aident les agriculteurs à interpréter les SMS reçus dans le cadre de ces services.

« Les agriculteurs envisagent désormais leur téléphone portable d’une toute autre manière », affirme M. Kuipa. « Alors que celui-ci était autrefois considéré comme un simple outil de communication, il est désormais devenu un outil de partage des connaissances sur lequel les agriculteurs reçoivent des informations météorologiques et des conseils agronomiques. »

Élargir les réseaux

Le coordinateur de programme senior au CTA et responsable du projet, Dr Oluyede Ajayi, indique qu’il faut exploiter le pouvoir des TIC et profiter de l’utilisation accrue des téléphones portables en Afrique pour promouvoir l’agriculture climato-intelligente. Selon le rapport 2017 de la GSMA, l’association du secteur de la téléphonie mobile, 1,1 million d’emplois ont été directement soutenus par l’industrie mobile dans le monde en 2017, et ce chiffre devrait atteindre 1,3 million d’ici 2020.

« Le fait que les données satellite et la télédétection permettent d’offrir des prévisions météorologiques de meilleure qualité et plus précises, par exemple en termes de précipitations, crée de nouvelles opportunités pour promouvoir les solutions climato-intelligentes auprès des agriculteurs. En plus des investissements dans les stations météorologiques automatisées, de nouvelles opportunités sont aussi offertes par les multiples réseaux mobiles, le taux croissant d’accès à internet et la disponibilité de téléphones portables meilleur marché », déclare M. Ajayi.

La prochaine étape sera d’élargir le travail du partenariat ZFU-Econet. Comme l’indique M. Kuipa : « Ce projet est un tremplin. Nous allons utiliser les enseignements qui en sont tirés pour le diffuser dans d’autres districts du pays. »

Les Caraïbes sèment les germes d’une agriculture résistante au changement climatique

par

Après le passage destructeur de l’ouragan Maria, en septembre 2017, la Dominique et Barbuda s’attellent à “reconstruire, mais en mieux” leurs secteurs agricoles afin d’en renforcer la résilience.

L'agriculture intelligente face au climat

Les changements climatiques et leurs impacts sur les petits exploitants agricoles des pays en développement sont on ne peut plus d’actualité. Dans ce contexte, l’apprentissage par les pairs dans le domaine de l’agriculture intelligente face au climat (AIC) offre à tous les acteurs une chance égale de relever ce défi, à leur rythme et en fonction des conditions sur le terrain.

Assurer la sécurité alimentaire et des revenus développant la résistance des agriculteurs au changement climatique

par

Les partenaires du projet-phare régional du Centre technique de coopération agricole et rural (CTA) ont dévoilé les plans nationaux pour la promotion de l’assurance fondée sur des indices météorologiques et des variétés végétales tolérant la sécheresse, deux solutions fiables visant à aider les petits agriculteurs à faire face au changement climatique.

Le CTA et les solutions intelligentes face au changement climatique en Afrique Australe: c’est parti !

par

Entretien avec Olu Ajayi, Coordinateur de programme senior chargé des politiques de développement agricole et rural au CTA. Ce projet a pour but d’aider les petits producteurs à faire face aux conséquences du changement climatique en adoptant des solutions « climato intelligentes ». Il vient d’être lancé au Malawi.

Ne pas manquer l'opportunité de travailler avec CTA. Abbonez-vous maintenant!