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Une solution agricole intelligente face au climat bénéficie du soutien du gouvernement zambien

Impact story

Un produit d’assurance indicielle basé sur les rendements sera lancé à l’échelle pilote pour la saison 2019/2020, 150 000 petits exploitants en bénéficieront.

© Georgina Smith, CIAT

Climat

Les efforts du CTA pour promouvoir l'adoption d'une offre groupée de solutions d’agriculture intelligente face au climat par 60 000 petits exploitants agricoles de Zambie ont bénéficié d’un important coup de pouce en 2019. Le gouvernement zambien a en effet confié à un des partenaires du projet la mission de développer un produit d’assurance climatique susceptible d’être adoptée par 1,5 million de petits producteurs du pays.

L'agriculture zambienne subit de plus en plus l’impact d’événements climatiques extrêmes – sécheresses saisonnières prolongées, vagues de sécheresse, inondations, dérèglement des températures… Cette situation touche de plein fouet de nombreux agriculteurs zambiens, généralement des petits exploitants avec un accès limité aux technologies et à des solutions abordables qui leur permettraient de faire face à la sécheresse et à d'autres phénomènes météorologiques exceptionnels provoqués par le changement climatique. Dans le cadre du projet « Déployer à plus grande échelle des solutions d’agriculture intelligente face au climat pour les agriculteurs et les éleveurs d’Afrique australe », le CTA soutient un partenariat multilatéral qui a pour objectif d’améliorer l’accès des petits agriculteurs à l’information et de développer leur capacité à adopter des solutions d’agriculture intelligente face au climat (AIC).

Le projet encourage plus spécifiquement la diffusion de services d’information sur le climat basés sur les technologies de l'information et de la communication (TIC) et de systèmes d’assurance innovants fondés sur un indice climatique, ainsi que la diversification des activités et des possibilités offertes aux éleveurs - par exemple l’utilisation d’aliments végétaux pour animaux respectueux de l’environnement, dont la croissance nécessite moins d’eau, pour une valeur nutritionnelle au moins identique. D’autres initiatives mises en œuvre dans le cadre de ce projet, par exemple les foires aux semences, qui ont attiré plus de 7 000 agriculteurs entre fin 2017 et octobre 2018, visent à faciliter l'accès des agriculteurs à du plasma germinatif résistant à la sécheresse, notamment à des semences de maïs qui peuvent arriver à pleine maturité pendant une saison des pluies raccourcie, un phénomène de plus en plus fréquent.

Ce partenariat, mené par le CTA, est mis en œuvre par l’Université ouverte de Zambie (ZAOU), Musika Development Initiatives (Musika) et la Compagnie d’assurance professionnelle de Zambie (PICZ), en collaboration avec des fonctionnaires et des agents de terrain du ministère de l’Agriculture et de l’élevage. A l’époque du lancement du projet, en 2017, deux types d’assurance climatique étaient à l’étude : une assurance germination et une assurance indicielle basée sur le rendement.

Webster Twaambo, directeur exécutif des succursales de la PICZ, explique : « L’impact du changement climatique est tel qu’il peut maintenant y avoir plusieurs vagues de sécheresse sur une saison de trois mois. Le risque de problèmes de germination est donc de plus en plus élevé. Si les agriculteurs ne reçoivent qu’un seul paiement, ils risquent fort d’être confrontés à une pénurie alimentaire au moment de la récolte. Nous avons donc proposé une assurance indicielle basée sur le rendement. Une indemnité leur est ainsi automatiquement versée si leurs rendements sont insuffisants pour assurer leur sécurité alimentaire. Ce système d’assurance présente deux avantages pour les agriculteurs : les paiements leur permettent non seulement d’acheter des produits alimentaires en cas de récolte insuffisante mais aussi des intrants pour la saison suivante. C'est important puisque les saisons sont espacées de quelques mois seulement. »

Influencer la politique nationale

Le projet avait pour objectif de faciliter l’adoption de l'assurance indicielle basée sur les rendements par 60 000 agriculteurs, dans 12 districts de Zambie, en trois ans. Un virage politique majeur, intervenu en 2018, a eu un impact inattendu sur les objectifs du projet. Le gouvernement zambien a annoncé qu’il allait rendre obligatoire la souscription à l’assurance climatique pour tous les agriculteurs bénéficiant du Programme de soutien aux intrants agricoles (Farmer Input Support Programme, FISP), une initiative gouvernementale de distribution d’intrants agricoles subventionnés aux producteurs de maïs. Ainsi plus d'un million d'agriculteurs, parmi lesquels un grand nombre des 60 000 bénéficiaires escomptés du projet du CTA, ont souscrit à une assurance climatique suite à ce changement de politique.

« Convaincus que le système d’assurance développé dans le cadre du projet CTA-ZAOU ne trouverait plus souscripteurs, nous avons réorienté nos efforts et nos fonds vers d’autres activités. Nous avons ainsi formé plus de 1 000 agents publics de vulgarisation “de première ligne”, négociants et producteurs pilotes aux pratiques agricoles intelligentes face au climat, et organisé des campagnes de sensibilisation pour promouvoir l’assurance-récolte », explique le professeur Lovejoy Malambo, doyen de la Faculté des sciences agricoles de la ZAOU, en charge du projet. « Parallèlement à cela, nous avons aussi mobilisé un certain nombre de canaux, notamment les comités consultatifs gouvernementaux dont nous faisons partie, pour faire activement pression sur le gouvernement afin que l’assurance indicielle basée sur les rendements soit proposée dans le cadre du FISP, qui utilisait à l’époque une autre solution d’assurance climatique, fournie par un partenaire du secteur privé. A la suite de la sécheresse qui a frappé l’Afrique australe pendant la saison 2018/2019 – et qui a entraîné des problèmes de germination à très grande échelle –, le gouvernement a contacté la PICZ, partenaire du projet, et lui a demandé de développer un produit d’assurance indicielle basé sur les rendements pour la saison 2019/2020. »

Ce produit d’assurance sera lancé à l’échelle pilote, 150 000 petits exploitants en bénéficieront. Si cette phase pilote se révèle concluante, l'assurance pourrait être déployée à l’échelon national et couvrir ainsi les 1,5 million de bénéficiaires du FISP. En outre, le matériel de formation sur l’AIC et l’assurance climatique mis au point dans le cadre du projet est à présent utilisé par le personnel de vulgarisation de première ligne du secteur public et les agriculteurs de tout le pays.

La PICZ ne concentre pas seulement ses efforts sur l'assurance. Elle met actuellement au point une plateforme TIC afin d’améliorer la communication avec les agriculteurs bénéficiaires du FISP. La plateforme permettra de gérer les informations relatives aux versements au titre de l’assurance et intégrera des services de vulgarisation en ligne. La PICZ s’appuie ici sur l’expérience acquise dans le cadre de projets de profilage et d’enregistrement des agriculteurs en vue de leur accès aux TIC et aux services mobiles d’information météorologique. A ce jour, quelque 72 000 agriculteurs ciblés par le projet disposent d’un profil numérique. Depuis la saison 2017/2018, ils reçoivent ainsi chaque semaine des services de conseils et des prévisions météorologiques par SMS. Il convient de souligner que les données techniques et agronomiques communiquées par SMS sont fournies par les services nationaux d'information agricole (National Agricultural Information Services, NAIS), qui dépendent du gouvernement. Il n’y a donc aucun risque que les agriculteurs reçoivent des informations contradictoires de différents prestataires de services.

De réelles perspectives de diffusion à grande échelle

Pour le professeur Lovejoy Malambo, la réussite du projet s’explique en grande partie par les liens étroits noués avec les agriculteurs et le gouvernement, et ce depuis le début du projet. « Les données recueillies par le projet auprès des petits exploitants agricoles ont permis aux partenaires de concevoir des produits et services parfaitement adaptés aux besoins des petits agriculteurs », affirme-t-il. « De plus, le fait que le gouvernement se soit associé d’emblée au projet, par le biais du ministère de l’Agriculture et de l’élevage, montre qu’il était déjà informé de notre approche et qu’il la soutenait. »

Cette participation du gouvernement zambien porte aujourd’hui pleinement ses fruits. « Des fonds publics financent désormais des interventions et des solutions d’AIC », conclut Mariam Kadzamira, chargée du Changement climatique au CTA. « Les objectifs poursuivis dans le cadre de ce projet sont en passe d’être réalisés. D’autres agriculteurs devraient en profiter. Le soutien du gouvernement à notre assurance ouvre de formidables perspectives de diffusion à grande échelle. »

Foires aux semences : un concept innovant et intelligent pour promouvoir les semences résistantes au stress

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Au début de chaque saison, les agriculteurs doivent prendre une décision importante : choisir leurs semences et trouver des fournisseurs. Une décision capitale dans le contexte du changement climatique. Dans le cadre d’un projet du CTA pour aider les agriculteurs face aux sécheresses et autres phénomènes météorologiques extrêmes, des foires aux semences sont organisées en Zambie. L’objectif ? Améliorer l'accès des petits exploitants agricoles à des semences de qualité qui leur permettront de cultiver des variétés de maïs résistantes au stress.

Face au changement climatique, les agriculteurs se lancent dans la culture « intelligente »

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L’agriculture intelligente face au climat (AIC), qui comprend une série de techniques de production et d’intrants qui aident les agriculteurs à s’adapter aux modifications des conditions météorologiques, est promue dans le cadre de l’initiative climato-intelligente du CTA en Afrique australe, qui vise à renforcer la résilience au changement climatique et les revenus des agriculteurs.

Agriculture intelligente face au climat : l’importance de la communication et des politiques de soutien

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L'agriculture intelligente face au climat (AIC) pourrait bien changer la donne pour les petits exploitants d’Afrique. Beaucoup d’entre eux subissent en effet l’impact de la hausse des températures et de la multiplication des inondations et des sécheresses qui diminuent leur productivité et leurs bénéfices. Des efforts sont donc nécessaires pour inciter le plus grand nombre d’entre eux à adopter des pratiques agricoles intelligentes face au climat.

Offrir des produits et services numériques groupés au profit de l’agriculture climato-intelligente au Zimbabwe

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Au Zimbabwe, le changement climatique apparaît comme la principale menace pour l’agriculture. Pour relever ce défi, une organisation paysanne de premier plan s’est associée à une société de télécommunications du secteur privé afin de proposer aux agriculteurs des produits et services groupés d’agriculture intelligente face au climat.

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