Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
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Récolte manuelle à la ferme Diogo Vaz, Sao Tomé

© Maisa Ferreira

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A 30 ans, le Camerounais Willy Mboukem, spécialiste en agronomie tropicale, lance son propre cabinet de conseil en agroalimentaire, The Farming Agency, avec pour vocation d’aider les agriculteurs à devenir plus productifs, de leur apprendre à se servir de drones et à pratiquer l’agriculture biologique. Willy a découvert le CTA et le magazine Spore lors de ses études supérieures. Il explique à quel point cette découverte a influencé son travail et celui des autres.

J’ai découvert le magazine Spore pour la première fois durant mes études de master en agronomie tropicale à l’Institut supérieur d’agronomie de Lisbonne, au Portugal. Le docteur Manuel Correia, l’un de mes professeurs, était également président du conseil d’administration du CTA et nous envoyait, chaque mois, la newsletter du magazine pour nous tenir au courant des nouvelles techniques agricoles. Une fois mon master terminé, je suis parti travailler à Sao Tomé-et-Principe dans une plantation de cacao de 400 ha. Il s’agissait d’une exploitation relativement grande avec des activités diversifiées : la production de différents fruits et de légumes tropicaux ainsi que de cacao, et la gestion d’un restaurant et d’une maison d’hôtes.

Le directeur de la plantation était abonné au Spore, nous pouvions consulter facilement les magazines. J’avais également emporté plusieurs ressources du CTA publiées en portugais, dont quelques livres de l’Agrodox, ce qui m’a permis de constituer une bibliothèque accessible à tous les travailleurs de la plantation. Ces publications du CTA concernaient principalement les régions tropicales et les pays ACP en particulier – et donc, toutes les informations utiles qu’elles contenaient pouvaient être appliquées à Sao Tomé-et-Principe.

Trois mois après mon arrivée, je suis devenu directeur de la plantation. Afin d’augmenter la productivité de l’exploitation, j’ai soigneusement examiné tous les sujets abordés dans le Spore et d’autres publications du CTA. Le sujet qui m’a le plus intéressé concernait la gestion du bétail, et notamment l’élevage des lapins. Je me suis servi de ces ouvrages pour aider les ouvriers agricoles à créer de petites entreprises. L’idée était de leur permettre d’obtenir un peu d’argent grâce à la plantation pour qu’ils puissent lancer leur entreprise et, en cas de réussite, continuer à leur apporter un soutien financier. Un autre sujet a aussi retenu mon attention : la fabrication du compost, c’est-à-dire la façon d’utiliser les ressources déjà présentes dans la ferme pour fabriquer un engrais naturel très riche. Nous avons utilisé le compost dans nos potagers et pour créer des plants de cacao.

Même si je ne travaille plus à la plantation, je sais que ma bibliothèque est toujours utilisée. La ferme se trouve dans une zone rurale reculée où l’accès à l’information est limité, la bibliothèque y joue donc un rôle très important, notamment pour les jeunes, qui peuvent désormais accéder aux ressources dont ils ont besoin pour créer leur propre entreprise et obtenir leur indépendance financière. De plus, les 15 à 20 responsables de la plantation sont tenus de passer quelques heures par semaine à la bibliothèque afin d’apprendre à mieux prendre soin des élevages de la ferme, par exemple en plantant différentes variétés d’herbes pour une meilleure alimentation des animaux.

Depuis environ deux ans, je réalise des podcasts portant sur les chaînes d’approvisionnement et la création de valeur en Afrique et, en 2019, j’ai participé au Forum pour une révolution verte en Afrique à Accra, au Ghana, en tant que journaliste. J’ai vraiment été ravi de rencontrer le directeur du CTA, Michael Hailu, lors du point presse. Il s’est montré disponible et nous avons discuté de la transformation du chocolat et de l’utilisation des ressources du CTA. J’ai été très agréablement surpris par cet échange.

La nouvelle de la fermeture du CTA m’a véritablement choqué et attristé, car aucune autre organisation ne fournit ce type d’informations. En Afrique, une grande partie de la population travaille dans le secteur agricole, et ce dont nous avons vraiment besoin, c’est de savoir comment travailler différemment et plus efficacement. Mais heureusement, la plupart des publications du CTA seront toujours disponibles gratuitement en ligne sur le CGSpace. J’espère donc que les générations futures continueront de les consulter et tireront profit de toutes les informations pratiques et très utiles qu’elles contiennent.

« Le CTA est pareil à un bon agriculteur. Il sait qu’il ne peut cultiver seul de grandes superficies. »

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Tout au long de sa carrière universitaire et professionnelle, Wellington Ekaya, responsable du développement des capacités à l’Institut international de recherche sur l’élevage (ILRI), a collaboré avec le CTA. Dans cet article, il nous parle de l’impact déterminant du Centre sur son parcours. Au cours de ces 15 dernières années, le CTA l’a en effet mis en contact avec des réseaux et des mentors tout en lui offrant des opportunités de développement.

Des sols en bonne santé pour la sécurité alimentaire en Afrique

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Plus les agriculteurs sont nombreux, moins il y a à manger ; ce schéma historique est devenu une loi économique mondiale et continue d’être la réalité en Afrique. La plupart des pays agricoles, c'est-à-dire ceux où l'agriculture est le secteur ou l’un des secteurs qui contribuent le plus au revenu national, sont touchés par la pauvreté et une grave insécurité alimentaire. Le ratio consommateurs/producteurs est défavorable ; faute de revenus suffisants, les agriculteurs n’ont pas les moyens d’investir dans des systèmes plus productifs.

Institutionnaliser la capitalisation des expériences pour la réussite des projets futurs

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Les initiatives de développement voient le jour puis disparaissent, entraînant avec elles une pléthore d’expériences et de connaissances qui, si elles étaient correctement exploitées, pourraient contribuer à la réussite de futurs projets. Malheureusement, les enseignements tirés de bon nombre de ces projets ne sont ni documentés, ni partagés, ni donc utilisés.

Soutenir l’émergence de la prochaine génération d’agriculteurs par l’entrepreneuriat des jeunes

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Les chiffres sont éloquents : alors que la population mondiale ne cesse de rajeunir, la population agricole est quant à elle de plus en plus âgée. Cette tendance est particulièrement perceptible en Afrique, où l’âge moyen des agriculteurs dépasse aujourd’hui les 60 ans. Le nombre de jeunes – la tranche des 15 à 24 ans – devrait franchir le cap du 1,3 milliard d'ici 2050 (UN DESA, 2011). La plupart d’entre eux naîtront dans les pays en développement d’Afrique et d’Asie, où plus de la moitié de la population vit encore dans des zones rurales.

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