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Agriculture climato-intelligente : produire plus avec moins

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What exactly is CSA? A capitalisation workshop organised by CTA seeks to draw out best practices in an effort to shape future interventions and increase their impact

par Clare Pedrick

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Pour nourrir une population en augmentation, la production alimentaire mondiale doit augmenter d’au moins 60 % d’ici 2050. Mais des changements climatiques nuisent aux efforts pour atteindre cet objectif : hausse des températures, précipitations imprévisibles, phénomènes météorologiques extrêmes de plus en plus graves et fréquents, perte de services écosystémiques et de biodiversité, etc. Dans quelle mesure l’agriculture intelligente face au climat peut-elle compenser ces effets négatifs sur les perspectives en matière de sécurité alimentaire ?

Des preuves significatives montrent que le changement climatique affecte déjà les systèmes de production agricole, en particulier dans les pays en développement, où l’agriculture pluviale domine et où la pauvreté, la faim et la malnutrition sont les plus importants.

L’agriculture intelligente face au climat (AIC) s’impose de plus en plus comme un outil précieux pour atténuer les effets négatifs des changements météorologiques sur la production agricole. Mais qu’est-ce que l’AIC exactement ? Et en quoi diffère-t-elle des autres interventions agricoles durables ? Un atelier de capitalisation, Catalyser les connaissances pratiques pour mettre en œuvre l'agriculture intelligente face au climat dans les pays ACP, organisé du 22 au 25 janvier à Wageningen (Pays-Bas) par le CTA, a cherché à identifier les meilleures pratiques en vue de façonner les futures interventions et d’accroître leur effet.

La FAO, qui a inventé l’expression « agriculture intelligente face au climat » en 2010, la définit comme « une approche qui permet de définir les mesures nécessaires pour transformer et réorienter les systèmes agricoles dans le but de soutenir efficacement le développement de l'agriculture et d'assurer la sécurité alimentaire face au changement climatique. »

L’agriculture intelligente face au climat vise à traiter trois objectifs principaux : l’augmentation durable de la productivité et des revenus agricoles ; l’adaptation et le renforcement de la résilience face aux impacts des changements climatiques ; et la réduction et/ou la suppression des émissions de gaz à effet de serre, le cas échéant. Ce dernier point reflète l’énorme contribution de l’agriculture à la génération mondiale de gaz à effet de serre, jugés en grande partie responsables du changement climatique. Selon les estimations de la FAO, les émissions provenant de l’agriculture, de l’exploitation forestière et d’autres secteurs liés à l’utilisation des terres ont représenté, en 2010, 22 % de toutes les émissions mondiales.

Concevoir des initiatives d’AIC pour les agriculteurs, avec les agriculteurs

L’agriculture intelligente face au climat peut couvrir un grand nombre de secteurs, dont la culture, l’élevage, l’exploitation forestière et la pêche. Elle inclut par exemple l’agriculture de conservation, l’agroforesterie et les assurances basées sur un indice climatique pour les cultures et le bétail. Mais malgré les promesses de l’AIC, les résultats sont souvent décevants, a-t-on appris lors de l’atelier.

« Diverses approches d’AIC ont été déployées à travers différents projets et programmes, mais leur mise en œuvre, résultats et effets n’ont pas été très satisfaisants », a déploré Joyce Mulila Mitti, une professionnelle du développement sud-africaine jouissant d’une grande expérience dans le domaine du changement climatique.

La réussite des initiatives a souvent dépendu d’une approche complexe et intégrée, associant chaque intervention aux conditions locales et impliquant les agriculteurs dans les phases de conception et de mise en œuvre.

« Parmi les exemples d’interventions pouvant fonctionner, citons l’agriculture de conservation. Celle-ci réduit le labour, ce qui fait consommer moins d’énergie aux agriculteurs utilisant des tracteurs et cause moins de perturbations dans le sol, avec à la clé une meilleure structure du sol et une capacité de rétention d’eau accrue », a expliqué Mme Mitti. « En ce qui concerne l’élevage, l’objectif est de réduire la génération de méthane, ce qui implique d’adapter le fourrage qu’on distribue au bétail. Il est aussi possible d’adapter les systèmes de production et de passer des bovins aux petits ruminants, qui requièrent moins d’énergie et d’eau. La philosophie de l’agriculture climato-intelligente, c’est de produire plus avec moins. » Une solution développée par le CTA souligne l’importance d’examiner la situation dans son ensemble, pour créer des synergies entre les différentes composantes. Le projet Déployer à plus grande échelle des solutions d’agriculture intelligente face au climat pour les agriculteurs et les éleveurs d’Afrique australe, mis en œuvre au Malawi, en Zambie et au Zimbabwe, promeut une approche holistique, qui entend fournir un ensemble de solutions d’AIC à 140 000 petits exploitants grâce à un mécanisme de vulgarisation fondé sur les TIC.

Une approche à plusieurs facettes

« Étant donné que les aléas climatiques varient grandement selon la saison agricole et au cours de celle-ci, il est important de concevoir une approche à plusieurs facettes, qui intègre différentes solutions d’AIC se renforçant mutuellement », a déclaré Oluyede Ajayi, coordinateur de programme sénior pour l’agriculture et le changement climatique au CTA. « Une telle formule offre une solide protection, à plusieurs niveaux, qui aide les agriculteurs à faire face aux caprices du changement climatique, contrairement à une solution unique qui peut devenir inefficace selon les variations et l’intensité des phénomènes climatiques au cours de la saison. »

L’initiative menée par le CTA implique de réunir une large série de partenaires pour mettre à la disposition des agriculteurs des semences résistantes à la sécheresse, ainsi que des informations météorologiques fournies grâce aux TIC et des assurances fondées sur un indice climatique, en guise de filet de sécurité. Elle inclut aussi la diversification des moyens de subsistance à travers des pratiques associant la culture et l’élevage, et la facilitation d’un engagement politique multi-acteurs.

Les principaux défis à l’élargissement des interventions d’AIC et de leur effet incluent le manque de capacités techniques, de formation et de suivi et d’évaluation, ainsi que l’inadéquation des intrants, des systèmes semenciers et des débouchés. Parmi les autres difficultés identifiées par les participants, mentionnons les flux d’information inadaptés entre la recherche, les projets et les agriculteurs.

« La communication et la diffusion inadéquates des bonnes pratiques pour influencer les politiques et les programmes futurs constituent une importante contrainte », a ajouté Mme Mitti. « Il est donc judicieux de diffuser plus largement les données probantes, notamment à travers des ateliers comme celui-ci, pour comprendre ce qui fonctionne réellement. »

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