Leading image

Agriculture intelligente face au climat : exploiter les synergies agriculture-élevage

Blog

L'intégration agriculture-élevage peut améliorer la résilience des systèmes agricoles face au changement climatique.

© ILRI

par , et

Blog

Malgré la concurrence entre les entreprises agricoles et d’élevage, il est possible d’introduire des systèmes intégrant agriculture et élevage et générer ainsi des synergies au bénéfice de systèmes de production intelligents face au climat et plus résilients. Pour cela, il y a lieu de bien comprendre les arbitrages nécessaires et d’exploiter les possibilités offertes par une telle intégration.

La plupart des travaux de recherche et de développement sur l’agriculture intelligente face au climat (AIC) se concentre davantage sur l’agriculture que sur l’élevage. L'élevage joue souvent un rôle majeur dans les systèmes de production à petite échelle, il n’est pas rare que les petits exploitants pratiquent l’élevage de volaille, de petits ruminants (chèvres et moutons) et parfois même de bovins.

Les études qui s’intéressent à l’élevage y voient souvent une activité en concurrence avec l’agriculture pour les ressources, plutôt qu’une source de synergie au bénéfice de l’intégration agriculture-élevage. Par exemple, l'agriculture de conservation – l'une des principales pratiques d’AIC largement encouragée – exige des agriculteurs qu'ils cultivent sous couvert végétal en utilisant principalement des résidus de culture. Ces résidus sont une source importante d’alimentation pour le bétail dans les systèmes de production intégrant agriculture et élevage. Les systèmes agroforestiers, tels que la jachère améliorée et les cultures intercalaires mixtes, en pâtissent également, le bétail venant brouter hors-saison les feuilles des arbres à usages multiples.

Malgré ces problèmes, l'intégration agriculture-élevage peut améliorer la résilience des systèmes agricoles face au changement climatique.

Prenons ici l’exemple du projet « Conservation Agriculture Scaling Up » mis en œuvre en Zambie pour illustrer quelques-uns des avantages à attendre d’une intégration agriculture-élevage réussie. Ce projet est mis en œuvre par le ministère de l'agriculture, avec le soutien technique de la FAO.

Plusieurs avantages ont été mis en évidence : la hausse des rendements du maïs et des légumineuses (en particulier le niébé) et l'augmentation de la production laitière des vaches. Le fumier du bétail a servi d’épandage, ce qui a permis d’améliorer la rétention de l’eau et des nutriments, au bénéfice également des rendements. La productivité du bétail a elle aussi augmenté, grâce à l’augmentation de la production de biomasse végétale. Les petits exploitants ont pu ainsi plus facilement nourrir leur bétail avec les résidus de culture tout en assurant en même temps un couvert végétal suffisant et de qualité.

Points d'ancrage pour l’intégration agriculture-élevage

Une étude portant sur les interventions AIC envisageables en Afrique australe a identifié plusieurs points d'entrée pour l'intégration agriculture-élevage, notamment l'agriculture de conservation, la gestion de la fertilité des sols, l'agroforesterie et la gestion des terres. Ces différentes activités et pratiques peuvent aider à créer des synergies et augmenter ainsi la productivité et la durabilité agricole tout en atténuant en même temps l’impact du changement climatique. La pêche et l'aquaculture sont d’autres points d’ancrage pour l’élevage. L’agriculture de conservation et l’agroforesterie sont des pratiques agricoles intelligentes face au climatique qui peuvent servir de base à la création de synergies pour développer l’intégration agriculture-élevage.

Dans le domaine de l’AIC, les synergies à attendre de l’intégration agriculture-élevage incluent :

  • la diversification des moyens de subsistance,
  • la diversification des possibilités de revenus (l’élevage assurant des revenus tout au long de l’année, contrairement à la plupart des cultures, saisonnières),
  • le renforcement de la résilience,
  • la possibilité d’utiliser la traction animale (diminution des besoins en main-d'œuvre),
  • l’amélioration de la santé et de la fertilité des sols grâce au fumier,
  • l’utilisation de la biomasse issue des cultures et d'espèces d'arbres utilisés dans l’agroforesterie comme aliments pour le bétail,
  • la production de biogaz (objectif d’atténuation du changement climatique).

La gestion de systèmes intégrés agriculture-élevage ne va toutefois pas sans difficulté et nécessite des arbitrages. En voici quelques exemples :

  • Au début de la transition vers l’agriculture de conservation (AC), il est difficile de produire suffisamment de biomasse pour répondre aux besoins du bétail tout en conservant un paillage suffisant pour tirer pleinement parti de l'AC.
  • L'ampleur des activités d’élevage peut être limitée par la nécessité de surveiller le déplacement du bétail, en particulier hors-saison lorsque les possibilités de pâturage sont limitées en raison de la concurrence des activités agricoles pour les ressources végétales.
  • L’approvisionnement limité en semences de légumineuses ainsi qu'en semences d'espèces agroforestières à usage multiple pourtant nécessaires pour produire suffisamment de biomasse pour répondre aux besoins de l’agriculture et de l’alimentation du bétail.
  • Hors-saison, les feux de brousse peuvent mettre en danger l’implantation des espèces agroforestières et détruire les résidus de culture laissés à la surface du sol (le paillage), ce qui aura un impact négatif sur l'alimentation du bétail.
  • La réussite de l’intégration agriculture-élevage nécessite de tenir compte des besoins supplémentaires en main-d'œuvre, par exemple pour l'élevage, l'alimentation, l'installation de clôtures et la manipulation du fumier.

Cet article a été rédigé dans le cadre d’une initiative menée par le CTA visant à documenter et à partager les connaissances exploitables sur les approches agricoles efficaces pour l’agriculture des pays ACP. Il capitalise sur les connaissances, les enseignements et les expériences pratiques afin de documenter et d’orienter la mise en œuvre de projets axés sur l’agriculture pour le développement.

Nigéria : faire des déchets de manioc une richesse dans la stratégie d’atténuation du changement climatique

par

Au Nigéria, production et transformation de manioc génèrent d’importantes quantités de déchets et de résidus dangereux. Ces déchets contribuent aux émissions de gaz à effet de serre (GES). Une intervention innovante et intelligente face au changement climatique consiste à transformer les épluchures de manioc en aliments pour animaux. La valorisation réduit la demande de maïs pour l’alimentation animale, crée de nouveaux débouchés commerciaux à partir des déchets tout en diminuant les risques liés aux déchets et les émissions de GES.

Améliorer l’adoption de l’agriculture intelligente face au climat en Jamaïque

par et

La Jamaïque, de plus en plus confrontée aux effets du changement climatique qui menacent la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de ses habitants, mise sur les réseaux de politique pour diffuser les pratiques et méthodes de l’agriculture intelligente face au climat. Ces approches améliorent en effet la résilience des agriculteurs et les aident à rester productifs en cas de phénomènes météorologiques extrêmes.

Foires aux semences : un concept innovant et intelligent pour promouvoir les semences résistantes au stress

par , , et

Au début de chaque saison, les agriculteurs doivent prendre une décision importante : choisir leurs semences et trouver des fournisseurs. Une décision capitale dans le contexte du changement climatique. Dans le cadre d’un projet du CTA pour aider les agriculteurs face aux sécheresses et autres phénomènes météorologiques extrêmes, des foires aux semences sont organisées en Zambie. L’objectif ? Améliorer l'accès des petits exploitants agricoles à des semences de qualité qui leur permettront de cultiver des variétés de maïs résistantes au stress.

Améliorer l’adaptation au changement climatique au bénéfice de l’élevage de poulets à petite échelle en Afrique

par et

Les publications sur le changement climatique en Afrique épinglent souvent l’impact négatif de l’élevage et ses importantes émissions de gaz à effet de serre. Si certains animaux d’élevage rejettent beaucoup de gaz à effet de serre, ce n’est pas une raison pour montrer du doigt l’ensemble du secteur. Les poulets ont peu d’impact sur l’environnement et une faible empreinte carbone. Des travaux de recherche sont en cours pour que les petits éleveurs africains puissent adopter des techniques de production avicole intelligentes face au climat.

Ne pas manquer l'opportunité de travailler avec CTA. Abbonez-vous maintenant!