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Créer des chaînes d’approvisionnement fluides

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Binkabi : Créer des chaînes d’approvisionnement fluides

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Binkabi est une plateforme qui permet de proposer, de négocier et de financer des produits agricoles par la blockchain. Son PDG et fondateur, Quan Le, nous explique les tenants et aboutissants de l’application et donne quelques conseils aux entrepreneurs intéressés par la technologie de la blockchain.

En Afrique, la plupart des agriculteurs sont des petits exploitants qui doivent emprunter de l’argent au début du cycle de culture. Après la récolte, ils doivent donc vendre leurs produits pour pouvoir rembourser leurs emprunts. Toutefois, quand la majorité des agriculteurs sont impliqués dans des cycles de culture similaires, ils se retrouvent à vendre leurs produits en même temps, ce qui entraîne une baisse de prix et réduit les marges bénéficiaires potentielles. Certains producteurs doivent aussi convertir leur devise locale en devises étrangères, comme le dollar ou l’euro, et le coût de ces transactions réduit encore leurs marges.

Des marges plus élevées par un accès direct au marché

Quan nous explique : « Notre plateforme a été développée pour permettre l’échange de produits agricoles sur les marchés émergents, en particulier l’Afrique, et ce, par la blockchain. Nous aidons les agriculteurs à accéder à un marché plus étendu, afin qu’ils ne soient plus obligés de passer par un intermédiaire et puissent donc bénéficier d’une marge plus élevée sur leurs produits. Via la plateforme, nous offrons aux agriculteurs un accès direct au marché, où ils peuvent trouver des acheteurs finaux, par exemple des transformateurs. Les agriculteurs peuvent aussi choisir de stocker leur production dans un entrepôt. Ils reçoivent alors un récépissé, qui peut être utilisé pour emprunter de l’argent auprès d’une banque. Il s’agit-là de notre deuxième service : les crédits bancaires. Nous avons conclu des partenariats avec des bourses de marchandises, des entrepôts et des banques. Une banque s’est engagée à prêter 30 millions $ (27 millions €) par ce biais. Les agriculteurs ont donc le choix entre vendre immédiatement leurs produits ou les stocker quelques mois, en attendant de meilleurs prix et / ou pour réduire les pertes après-récoltes. En bref, nous offrons un accès plus rapide au marché et à la finance que les acteurs conventionnels du secteur.

Marché en ligne

La plateforme propose également un marché en ligne où les partenaires, acheteurs et vendeurs peuvent passer une commande, négocier, conclure des contrats et traiter une commande. Aucun intermédiaire n’est impliqué, ce qui simplifie les chaînes d’approvisionnement. En échange, nos partenaires bénéficient d’une solution plus rapide et plus rentable pour négocier et financer les produits agricoles. Les agriculteurs paient uniquement pour les transactions réussies. Publier une offre et devenir membre est gratuit. Les agriculteurs peuvent aussi bénéficier de prêts à des taux d’intérêt inférieurs à ceux des banques traditionnelles, puisque le système des récépissés d’entrepôt sert de garantie aux banques partenaires.

La plateforme fonctionne sur Ethereum. D’après Quan, il s’agit de la blockchain la plus sécurisée, car son registre public est validé par des milliers de nœuds. Les registres privés sont moins onéreux et plus rapides mais, toujours selon Quan, les registres publics sont plus sûrs et moins susceptibles d’être victimes des attaques 51 %. En outre, comme Binkabi utilise les devises nationales et non une cryptomonnaie, elle n’est pas soumise à la règlementation en la matière. Un jeton fongible est utilisé pour représenter les actifs. Ce jeton sert à identifier le propriétaire des produits agricoles et permet la réconciliation automatique.

Mise en œuvre

La plateforme automatise plusieurs tâches qui, auparavant, nécessitaient une intervention manuelle, plusieurs étapes, et prenaient du temps. En raison de sa nature innovante et transformatrice, les partenaires se sont empressés de rejoindre la plateforme même si Binkabi a rencontré quelques difficultés pour faire adopter la technologie. « Nous devons organiser de nombreuses formations et webinaires pour nos utilisateurs et leur masquer une grande partie de la complexité de la blockchain », explique Quan. « Pour certains agriculteurs, il est déjà difficile d’avoir accès à internet, alors ne parlons d’utiliser un portefeuille électronique. » La technologie elle-même pose aussi parfois problème. Quan indique que le réseau n’est pas toujours stable et que la confirmation de réussite d’une transaction peut parfois prendre pas mal de temps. « Globalement, nos partenaires souhaitent avoir davantage accès aux marchés en développement et émergents. Même quand cela entraîne un certain retard, la blockchain assure tout de même des transactions plus rapides à nos partenaires », ajoute Quan.

Un dernier conseil

Selon Quan, la blockchain est une technologie nouvelle et captivante, susceptible de faire baisser les coûts et d’améliorer l’efficacité des transactions. « La blockchain ne permettra pas de répondre à toutes les questions, ni de résoudre tous les problèmes. Il est donc important de commencer par bien cerner un problème spécifique, puis de trouver des solutions qui permettent de le résoudre. Ensuite, il est possible de créer une entreprise qui fournit ces solutions et s’attaque à des problèmes bien concrets. La blockchain s’avère très utile pour les jetons et la réconciliation automatique, par exemple. Mais elle ne convient pas à un tas d’autres choses, comme le traçage des utilisateurs ou l’amélioration de l’expérience de l’utilisateur. En fin de compte, nous ne sommes pas là pour promouvoir la blockchain, mais pour apporter des solutions sur le marché. Je pense que d’ici 10 ou 20 ans, plus personne ne parlera de la technologie sous-jacente de la blockchain. Elle fera partie du décor, comme les protocoles de messagerie électronique aujourd’hui. Mais je dois admettre que la technologie en elle-même est passionnante. »

Cet article fait partie d'une série d'études de cas sur les applications blockchain pour l'agriculture, menée par l'Université de Wageningue pour le CTA. Retrouvez les autres études de cas sur cette page : https://www.cta.int/fr/blockchain.

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