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De meilleurs profits grâce aux données : la traçabilité bénéficie aux caféiculteurs ougandais

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Joseph Nkandu, directeur de NUCAFE (sur la droite avec un chapeau) forme les agriculteurs à la gestion des caféiers et améliore leur retour sur investissement grâce au Modèle d’appropriation agricole.

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L’agriculture représente 70 % des emplois et occupe la moitié des terres en Ouganda, où elle fournit la moitié des exportations totales et un quart du PIB du pays. Dans l’actuel plan de développement national, elle est considérée comme un secteur majeur pour la croissance économique future et l’inclusion économique. Au sein du secteur, le café reste la principale marchandise d’exportation du pays et il devrait largement contribuer à la réalisation de la vision nationale pour 2040.

Dans ce contexte, l’Union nationale de l'industrie et des producteurs de café (NUCAFE), le CTA et l’Organisation panafricaine des agriculteurs (PAFO) se sont associés au sein du projet Data4Ag pour améliorer les systèmes de gestion des données et les compétences financières de NUCAFE et de ses membres, en vue du développement de la filière du café. L’objectif de ces activités de renforcement des capacités était de renforcer les compétences entrepreneuriales et financières des membres de l’union de producteurs.

Six mois après son lancement, durant la période entre septembre 2018 et février 2019, l’initiative générait déjà des résultats prometteurs. NUCAFE a développé des profils d’agriculteurs et des cartes des plantations de café dans le but d’élaborer une stratégie de marketing ciblée et documentée. De plus, un protocole d’entente a été conclu avec Centenary Bank pour promouvoir l’accès des cultivateurs de NUCAFE aux financements. De manière encore plus importante, les profils numériques des producteurs ont permis de garantir la traçabilité du café depuis la plantation, ce qui profite aux 210 caféiculteurs et associations paysannes de NUCAFE – qui représentent un total de 205 120 familles d’agriculteurs.

Accès aux financements : le rôle de la traçabilité

La conception d’une base de données géospatiales et l’amélioration des connaissances financières qui ont résulté de l’initiative ont aidé les caféiculteurs ougandais à accéder à de nouveaux marchés et à obtenir de meilleurs prix. Des acheteurs internationaux d’Italie et de Corée du Sud, entre autres, achètent à un meilleur prix le café produit par les agriculteurs profilés : jusqu’à 3,51 € par kilo au lieu de 2,16 € ou moins pour du café non traçable de la même qualité. La hausse de 24 % du prix de base est directement liée à la traçabilité du produit, qui garantit aux consommateurs que les caféiculteurs profitent réellement de leur achat et que les grains de café sont assortis d’indicateurs de qualité géologiques et géospatiaux spécifiques.

« Le fait que notre café soit traçable et certifié nous assure des revenus supplémentaires, et nous pouvons désormais envoyer nos enfants à l’école », se réjouit Gibezi Yunus, un cultivateur de la coopérative de producteurs biologiques Bufumbo et membre de NUCAFE.

Les données géoréférencées permettent aussi aux vulgarisateurs, aux entreprises et aux gestionnaires de hub travaillant avec les associations de caféiculteurs d’améliorer leur planification logistique. Comme ils ont une vue d’ensemble détaillée du territoire et connaissent la localisation précise des cultivateurs, ils peuvent plus facilement planifier la collecte des grains de café, organiser du soutien efficace en termes de vulgarisation agricole et proposer des services supplémentaires. La sensibilisation à l’importance de l’assurance sécheresse, des formations à l’agriculture intelligente face au climat et l’installation de machines de traitement par voie humide à des emplacements stratégiques font partie des services proposés par NUCAFE.

Dans la deuxième phase du projet, à partir de mars 2019, la base de données améliorée contribuera à la valorisation de la production en fournissant à chaque lot de café un « passeport » sous la forme d’un code QR, qui prouvera son authenticité et son origine. Ce passeport inclura des informations sur le producteur qui cultive les grains, sur l’association paysanne, sur la situation géographique de la plantation, sur la date de livraison du produit à l’entrepôt, ainsi que des détails sur le parcours ultérieur du café tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

Renforcement des compétences et soutien aux petits agripreneurs

Pour améliorer ses systèmes de gestion des données et renforcer les compétences financières de ses membres, NUCAFE a conclu un partenariat avec Centenary Bank, qui lui a permis de former 53 membres de ses organisations paysannes en matière de : 

  • gestion de la trésorerie, 
  • crédit et économies, 
  • connaissances financières, 
  • analyse financière, 
  • accès aux financements, 
  • mobilisation de capitaux, 
  • gestion des risques financiers, 
  • coûts de production, 
  • rentabilité et retour sur investissement et 
  • utilisation de plateformes numériques. 

Les gestionnaires de hub et leurs collaborateurs ont par exemple été formés à ArchGIS, un système d’information géographique (SIG) permettant de travailler avec des cartes et des informations géographiques, et aux outils d’Open Data Kit, qui aident des personnes des quatre coins du monde à collecter, gérer et utiliser des données.

De manière similaire, 55 producteurs de 30 organisations membres de NUCAFE ont été formés à la gestion de la qualité et au marketing, en vue de renforcer et d’élargir leurs compétences entrepreneuriales, sur la base d’un modèle qui encourage les caféiculteurs à rester propriétaires de leur café tout au long de la chaîne de valeur. Dans le même temps, les producteurs doivent s’organiser pour assumer le plus possible de rôles et de responsabilités dans la filière du café, afin d’augmenter leurs revenus à travers la valorisation. Cette formation devrait aboutir au développement de produits à valeur ajoutée.

Avec le Fonds d’équipement des Nations unies, NUCAFE a déployé le Digital Innovation Challenge for Agriculture, qui soutient les start-up ougandaises et les encourage à mettre au point des innovations numériques personnalisées en réponse à des défis spécifiques du secteur agricole. Cette initiative entend trouver des solutions pour le développement de programmes de fidélisation agricoles, l’amélioration de la gestion des chaînes de valeur agricoles et l’accès des agriculteurs aux vulgarisateurs, aux outils et aux équipements. Les lauréats seront élus en juillet 2019.

Parmi ses autres réalisations, NUCAFE a aussi élargi son réseau en participant à des réunions professionnelles : la foire du café de Corée du Sud, l’événement Social Capital Markets 2018 à San Francisco, aux Etats-Unis, et l’African Fine Coffee Conference and Exhibition 2019, à Kigali, au Rwanda. NUCAFE a ainsi pu augmenter son nombre d’acheteurs internationaux, notamment en Italie et en Corée du Sud.

Profilage et drones au service de l'agriculture de précision

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Le CTA soutient via le projet Data4Ag des coopératives agricoles et organisations paysannes dans les pays ACP pour améliorer les services agricoles par la collecte et la gestion des données agricoles. Le projet AgriTIC, avec l’organisation FEPA/B au Burkina Faso, a débuté en 2017 et a déjà permis de recueillir les informations de 2 000 exploitations agricoles.

Les cultivateurs de thé tirent profit de leurs données numériques

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Depuis 2016, le CTA collabore avec des associations paysannes du Burkina Faso, des Fidji, du Kenya, du Lesotho, des Samoa, du Swaziland, de Trinité-et-Tobago et d’Ouganda pour mettre en œuvre le projet Data4Ag. L’objectif du projet est d’étudier comment les associations paysannes peuvent profiter de la collecte et de la gestion efficace des données relatives aux petits exploitants pour améliorer les moyens de subsistance de leurs membres.

Réflexion sur les droits et codes de conduite pour un partage transparent des données des agriculteurs

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Les services axés sur les données ont le potentiel d’insuffler un réel dynamisme aux innovations agricoles et de rendre les systèmes agricoles plus durables. Toutefois, malgré l’augmentation constante du nombre d’initiatives facilitant l’échange de données communes dans le domaine de l’agriculture, l’absence de cadres juridiques et politiques fait encore obstacle à la propriété et au contrôle des données, ainsi qu’à leur accès.

Pour de meilleurs rendements, e-Granary profite aux petits exploitants du Kenya

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En 2017, une évaluation, menée par l’International Journal of innovative studies in Science and Engineering Technologies, au Kenya, a révélé que grâce aux TIC, les services de vulgarisation électronique pouvaient profiter à presque toute la communauté d’agriculteurs du pays, sans devoir recourir aux agents de vulgarisation.

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