Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
Leading image

Des sols en bonne santé pour la sécurité alimentaire en Afrique

Blog

In all countries, poor and impoverished soils explain the low natural production of crops, whilst climate, in particular rainfall and temperature, is of secondary importance

© Catherine Ulitsky/USDA

Blog

Plus les agriculteurs sont nombreux, moins il y a à manger ; ce schéma historique est devenu une loi économique mondiale et continue d’être la réalité en Afrique. La plupart des pays agricoles, c'est-à-dire ceux où l'agriculture est le secteur ou l’un des secteurs qui contribuent le plus au revenu national, sont touchés par la pauvreté et une grave insécurité alimentaire. Le ratio consommateurs/producteurs est défavorable ; faute de revenus suffisants, les agriculteurs n’ont pas les moyens d’investir dans des systèmes plus productifs.

Un livre, From Fed by the World to Food Security. Accelerating Agricultural Development in Africa, publié récemment par l’université néerlandaise de Wageningen explore cette problématique. Les auteurs ont utilisé le taux moyen de croissance des rendements céréaliers nationaux comme mesure quantitative pour classer 49 pays africains en six catégories en fonction de leur développement agricole depuis 1960. Les pays de la catégorie 1 (ceux qui ont connu le développement agricole le plus important) affichent des augmentations de rendement annuel moyen comparables à celles des pays développés qui utilisent des engrais, des variétés de semences améliorées et des produits phytosanitaires. Les pays de la catégorie 6 (les pays les plus à la traîne) ont vu en revanche leurs rendements diminuer par rapport à ceux enregistrés dans les années 1960.

La publication examine les différences entre les catégories ainsi qu’entre les pays au sein de mêmes catégories et montre ainsi clairement que le développement agricole en Afrique est surtout influencé par des facteurs socio-économiques et politiques. Les auteurs insistent sur la nécessité d’identifier ces facteurs pour formuler des recommandations politiques visant à provoquer ou à accélérer le développement agricole et contribuer ainsi à éradiquer la faim et la pauvreté.

Les facteurs agroécologiques se révèlent avoir une moindre influence sur le niveau actuel de développement agricole. Néanmoins, dans tous les pays, la pauvreté des sols et leur appauvrissement sont responsables du faible rendement naturel des cultures. Le climat, en particulier les précipitations et la température, ne revêt qu’une importance secondaire. Si la quantité annuelle moyenne d'engrais utilisée dans le monde est de 140 kg/ha, elle n’est que de 20 kg/ha à peine en Afrique, raison pour laquelle les rendements céréaliers moyens sont de 1 300 kg/ha en Afrique, contre une moyenne mondiale de 4 000 kg/ha. Les auteurs du livre voient donc les engrais comme la solution miracle pour améliorer la productivité agricole en Afrique et appellent les gouvernements, entrepreneurs et organisations paysannes à mettre en place un environnement favorable à une utilisation optimale des engrais afin de stimuler la révolution verte en Afrique. 

A titre d’exemple, le coût des engrais devrait être ici pris en compte. Il importe également d’inciter les agriculteurs à utiliser des variétés améliorées et des produits phytosanitaires afin d’optimiser l’efficacité des engrais. Les auteurs énumèrent d’autres facteurs clés pour la transformation de l'agriculture, tels que l'amélioration et la diminution des coûts liés au transport d’intrants et de produits agricoles, l’intégration agriculture/élevage et la réduction des inégalités entre les hommes et les femmes. Les auteurs font par exemple le lien entre les inégalités et les rendements : le rendement moyen du maïs dans les dix pays affichant les indices égalité homme-femme les plus faibles au monde ne représente que 10 % du rendement moyen des dix pays où cet indice est le plus élevé.

La publication met également en avant les lacunes de l’aide extérieure en faveur de l’Afrique, qui privilégie généralement la lutte contre les conséquences de la faible production et productivité au lieu d’aider les pays du continent à s’attaquer à l’origine du mal : la mauvaise santé des sols. La pauvreté des sols est le premier responsable des problèmes d’insécurité alimentaire et de pauvreté en Afrique. Elle est également à l’origine du faible niveau d’autosuffisance alimentaire et du prix élevé des produits alimentaires pour les ménages, qui n’ont de ce fait que très peu d’argent à consacrer aux dépenses pour le logement, l’habillement, la santé et l’éducation. La productivité du travail est donc très faible, ce qui constitue le principal obstacle à la transition agricole et à l’industrialisation du continent ainsi qu’aux investissements étrangers et nationaux à grande échelle.

Une politique visant à promouvoir l’agriculture pluviale en Afrique sera un premier grand pas vers cette transition. La productivité des sols et de la main-d’œuvre serait améliorée ; sur le plan économique, cette politique se révèlerait également plus rentable que les investissements dans l’irrigation. De surcroît, elle atteindrait un plus grand nombre d’agriculteurs.

Acquérir l'expertise agricole

par

A 30 ans, le Camerounais Willy Mboukem, spécialiste en agronomie tropicale, lance son propre cabinet de conseil en agroalimentaire, The Farming Agency, avec pour vocation d’aider les agriculteurs à devenir plus productifs, de leur apprendre à se servir de drones et à pratiquer l’agriculture biologique. Willy a découvert le CTA et le magazine Spore lors de ses études supérieures. Il explique à quel point cette découverte a influencé son travail et celui des autres.

« Le CTA est pareil à un bon agriculteur. Il sait qu’il ne peut cultiver seul de grandes superficies. »

par

Tout au long de sa carrière universitaire et professionnelle, Wellington Ekaya, responsable du développement des capacités à l’Institut international de recherche sur l’élevage (ILRI), a collaboré avec le CTA. Dans cet article, il nous parle de l’impact déterminant du Centre sur son parcours. Au cours de ces 15 dernières années, le CTA l’a en effet mis en contact avec des réseaux et des mentors tout en lui offrant des opportunités de développement.

Institutionnaliser la capitalisation des expériences pour la réussite des projets futurs

par

Les initiatives de développement voient le jour puis disparaissent, entraînant avec elles une pléthore d’expériences et de connaissances qui, si elles étaient correctement exploitées, pourraient contribuer à la réussite de futurs projets. Malheureusement, les enseignements tirés de bon nombre de ces projets ne sont ni documentés, ni partagés, ni donc utilisés.

Soutenir l’émergence de la prochaine génération d’agriculteurs par l’entrepreneuriat des jeunes

par

Les chiffres sont éloquents : alors que la population mondiale ne cesse de rajeunir, la population agricole est quant à elle de plus en plus âgée. Cette tendance est particulièrement perceptible en Afrique, où l’âge moyen des agriculteurs dépasse aujourd’hui les 60 ans. Le nombre de jeunes – la tranche des 15 à 24 ans – devrait franchir le cap du 1,3 milliard d'ici 2050 (UN DESA, 2011). La plupart d’entre eux naîtront dans les pays en développement d’Afrique et d’Asie, où plus de la moitié de la population vit encore dans des zones rurales.

Ne pas manquer l'opportunité de travailler avec CTA. Abbonez-vous maintenant!