Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
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Digitalisation de l’agriculture : les jeunes à nouveau séduits par l’agriculture grâce aux nouvelles technologies

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On dit que l’avenir appartient à la jeunesse. En Afrique, il ne fait aucun doute que l’avenir du secteur agricole du continent se trouve entre les mains des jeunes. Plus de 60 % de la population africaine a moins de 25 ans ; chaque année, entre 10 et 12 millions de jeunes font leur entrée sur le marché du travail et recherchent un emploi.

Parmi les jeunes qui entrent sur le marché du travail, de nombreux restent dans les zones rurales pour travailler dans le secteur agricole – l’agriculture représente une source d’emploi pour près de 70 % de la population –, mais la perspective d’un meilleur salaire et de moyens de subsistance plus sûrs pousse de nombreux autres jeunes à émigrer vers les villes. Cet exode rural peut mettre en danger la sécurité alimentaire et nutritionnelle du continent si aucune mesure n’est entreprise pour ralentir ou inverser cette tendance.

Les technologies numériques peuvent être la réponse – à condition que des politiques et des investissements adaptés soient mis en place. Au cours des dix dernières années, la digitalisation de l’agriculture (D4Ag) a connu une croissance remarquable. Néanmoins, les petits agriculteurs – qui cultivent près de 80 % des produits agricoles du continent – n’en bénéficient que trop peu.

Parallèlement, plus de 70 % des utilisateurs enregistrés de D4Ag ont entre 15 et 35 ans. Ces jeunes « agripreneurs » profitent de leur savoir-faire numérique pour explorer tout ce que les zones rurales ont à offrir. Ils découvrent et profitent ainsi de possibilités commerciales rentables non seulement dans la production alimentaire, mais également tout au long de la chaîne de valeur agricole.

Le CTA est un chef de file dans l’utilisation des technologies digitales au service de l’agriculture. Par ailleurs, le CTA est pionnier dans la promotion des solutions d’agriculture de précision, notamment la collecte de données par des satellites et des drones, la diffusion d’informations météorologiques, la mise en place de capteurs au sol. Ces outils numériques aident les agriculteurs à planter et cultiver leur culture avec une plus grande précision, leur permettant ainsi de développer une agriculture plus efficace et intelligente face au climat. Ces avantages non négligeables accentuent l’attrait pour un secteur souvent dépeint comme physiquement éreintant et imprévisible sur le plan économique.

Soutenir l’entrepreneuriat numérique

Depuis plus de cinq ans, le CTA n’a eu de cesse de promouvoir et soutenir l’entrepreneuriat numérique auprès de la jeunesse technophile d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique par le biais de son initiative AgriHack Talent. L’objectif principal de l’initiative est d’inciter les start-up agritech innovantes à participer au concours annuel Pitch AgriHack. Pendant cinq jours, les participants bénéficient de formations et d’un accompagnement intensif. En outre, ils ont l’occasion de présenter leur entreprise e-agricole à des investisseurs potentiels. Jusqu’à présent, les finalistes ont pu lever plus de 2 millions € et leurs services ont bénéficié à au moins un million d’agriculteurs et autres acteurs de la chaîne de valeur agricole.

Poursuivant un objectif similaire, le projet Les yeux dans le ciel a apporté son soutien à la création de 30 entreprises essentiellement dirigées par des jeunes. Toutes proposent des services en rapport avec l’utilisation des drones dans le secteur agricole et sont aujourd’hui en pleine expansion. Le CTA joue un rôle clé dans ce projet en permettant la collecte de données en temps réel et leur analyse – l’objectif étant d’améliorer la prise de décision et, partant, la productivité et le rendement. Les jeunes entrepreneurs ont bénéficié de formations techniques sur l’utilisation et le pilotage responsables des drones ainsi que sur la collecte et le traitement des données.

Au Mali et au Sénégal – deux pays marqués par un taux de chômage élevé chez les jeunes– le CTA s’est associé avec la Fondation Syngenta dans le but de former 50 jeunes entrepreneurs aux services consultatifs. Ces derniers apportent aujourd’hui leurs conseils dans différents domaines, notamment sur l’utilisation des intrants via RiceAdvice, une appli développée par AfricaRice dans le cadre du projet PEJERIZ (Promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes et la création d’emplois dans la filière du riz en Afrique de l’Ouest).

Au Burkina Faso aussi l’agriculture n’a été que très peu modernisée – alors qu’elle représente 86 % de l’économie du pays. Dans l'optique de remédier à cette situation, le projet Innovation, développement agricole et liens vers le marché pour les jeunes au Burkina Faso (iDEAL Burkina) vient en aide aux jeunes entrepreneurs du numérique pour rendre leurs services disponibles à 300 jeunes agriculteurs et agripreneurs du pays. A plus grande échelle, le projet atteindra 25 000 acteurs du secteur : des agripreneurs, des travailleurs innovants, des agents de vulgarisation agricole, mais surtout, la jeunesse redynamisée.

Mois de la jeunesse africaine

Le Mois de la jeunesse africaine offre l’occasion de revenir sur les nombreux exploits de la jeunesse du continent et de reconnaître le rôle essentiel que joue cette dernière en tant qu’agent du changement, de la croissance économique et du développement durable dans tous les domaines de la société africaine.

Un constat d’autant plus frappant dans l’agriculture. En effet, dans ce secteur, les jeunes visionnaires et ambitieux exploitent les innovations numériques pour atteindre les acteurs du secteur – plusieurs millions rien que dans le cadre des projets du CTA – et véritablement changer la donne. Selon Michael Oluwagbemi, opérateur de l’accélérateur d’innovations nigérian Wennovation Hub, D4Ag « rend l’agriculture 'sexy' pour les jeunes. Et les fermes pourraient bien devenir les bureaux de demain. » Nous constatons que grâce au travail du CTA, de ses partenaires et de la jeunesse africaine elle-même, ce changement est déjà en marche et pourrait devenir une réalité.

Attirer plus d’investissements

Cependant, nous sommes également conscients du manque de preuves pour attirer de nouveaux investisseurs si nous souhaitons continuer l’expansion de la numérisation pour l’agriculture en Afrique. Le CTA a publié le Rapport sur la numérisation de l'agriculture africaine, 2018-2019. Il s’agit d’une première tentative de ressembler et d’apporter les preuves et les connaissances nécessaires pour convaincre davantage d’investisseurs.

Ce rapport n’est que le point de départ qui nous permettra de diffuser des solutions éprouvées axées sur les jeunes par l'intermédiaire des organisations paysannes, des gouvernements, du secteur privé et d'autres partenaires afin que le continent atteigne ses objectifs en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle, d'emploi, d'égalité des sexes et de développement pour les décennies à venir.

Ne pas manquer l'opportunité de travailler avec CTA. Abbonez-vous maintenant!