Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
Leading image

Farmerline: « Ceux qui voient les défis du marché comme autant de tremplins seront les grands gagnants de demain»

Blog

Depuis 2013, Farmerline bénéficie du soutien du CTA.

© Farmerline

Blog

Farmerline, une entreprise ghanéenne classée en 2015 dans le top 20 des innovations du CTA, aide actuellement 100 000 petits exploitants à devenir des entrepreneurs prospères en leur assurant l’accès aux informations agricoles, aux services et aux marchés. Entretien avec Alloysius Attah, PDG de Farmerline, pour en savoir plus sur les difficultés rencontrées par les entreprises agroalimentaires africaines ainsi que sur les plateformes qui ont contribué à asseoir le succès de Farmerline.

Grâce à la plateforme de messagerie mobile de Farmerline, les gouvernements, les partenaires du développement et les entreprises peuvent fournir aux petits exploitants des informations à faible coût et dans des délais très courts sur la gestion agricole, et leur permettre ainsi d’avoir accès à des informations spécialisées et à un soutien sous la forme de données en temps réel. Cette technologie innovante regroupe un service de messagerie vocale sortante, des enquêtes mobiles interactives pour le suivi et la documentation des interventions agricoles ainsi qu’un support technique dédié que les agriculteurs peuvent contacter en cas de questions spécifiques.

« La principale motivation de Farmerline était avant toute chose la création de richesse pour les agriculteurs et les entreprises agroalimentaires africaines, explique Alloysius Attah, son PDG. Le marché alimentaire africain devrait atteindre en valeur 1 000 milliards $ – et les agriculteurs africains sont donc appelés à produire beaucoup plus. Pour y arriver, des données capitales – prévisions météorologiques, meilleures pratiques agricoles, conseils financiers et informations sur les marchés – sont communiquées directement aux agriculteurs. Nous voulons ainsi les aider à accroître leurs rendements et à accéder aux marchés. Les organisations paysannes et les ONG peuvent aussi de leur côté s’adresser aux agriculteurs dans leur langue locale, en utilisant les enquêtes interactives. J’ai pour mission de mettre mieux en lumière les interventions, d’améliorer les moyens de subsistance des agriculteurs africains, de partager les meilleures pratiques avec mes collègues et d’autres acteurs du continent africain. Je fais en sorte qu’ils puissent bien utiliser leurs mains, leur talent et leur cerveau pour profiter d’une partie de cette richesse et améliorer ainsi les conditions de vie de leur famille et de leur communauté. »

Développer la résilience commerciale

Le PDG de Farmerline explique que l’entreprise, active depuis 6 ans, a acquis une vision plus précise des problèmes auxquels elle entend remédier, ainsi qu’une meilleure compréhension du marché. « La situation est loin d’être idéale en Afrique et nous devons donc soumettre nos objectifs à un stress test. Quelles sont les causes à l’origine des problèmes rencontrés ? Nous avons prise sur certains d’entre eux, par exemple le changement organisationnel, mais d’autres échappent à notre contrôle. C’est le cas par exemple de la situation économique dans le pays où nous sommes actifs. Ce qui importe, c’est de lancer une entreprise qui sera capable de faire face aux défis et aux réalités du contexte local. « Ceux qui voient les défis du marché comme autant de tremplins seront les grands gagnants de demain. Les coupures de courant, une facture énergétique qui grimpe, une monnaie qui se déprécie… C’est cela la réalité en Afrique. Certaines choses se produisent sans que vous vous en rendiez compte. Ceux qui survivront dans cet environnement sont ceux qui seront toujours attentifs au bénéfice potentiel. »

Même s’il est parfaitement conscient des défis uniques, Alloysius Attah estime qu’il est temps à présent de considérer le continent comme un endroit où faire des affaires et non plus comme un continent à sauver. « J’ai assisté à de très nombreuses conférences dans le monde entier et j’ai constaté que beaucoup ne considèrent pas l’Afrique comme un continent propice aux affaires et à la création de richesse. Qu’il s’agisse du travail des enfants ou de la déforestation, d’aucuns considèrent l’Afrique comme un continent malade qu’il faut soigner », explique-t-il. En novembre 2019, Attah a été invité à s’exprimer lors du Global Business Forum Africa. Ce forum, organisé à Madinat Jumeirah, à Dubaï, s’est surtout intéressé au renforcement des liens commerciaux entre l’Afrique et Dubaï. « Dubaï a un tout autre regard sur l’Afrique. L’idée n’est pas de sauver l’Afrique ou de lui apporter de l’aide, mais bien de collaborer avec le continent, autour d’un objectif unique, et pour qu’il en retire des avantages. Ils disent : "Vous, vous avez telle ou telle chose, vous savez faire ceci et cela, alors faisons affaires ensemble !" »

Un partenariat avantageux

Depuis 2013, Farmerline bénéficie également du soutien du CTA qui, en 2015, l’a hissé dans son top 20 des innovations au bénéfice des petits exploitants. Farmerline a ensuite coopéré avec le CTA dans le cadre de l’initiative Apps4Ag Learning Opportunities du centre. Celle-ci a permis d’organiser 20 ateliers de formation au Ghana afin de renforcer les capacités de 500 utilisateurs d’applications mobiles dans le domaine de l’agriculture. « Le CTA nous a aussi apporté son soutien pour de nombreux projets. Il nous a généreusement permis de nous faire connaître auprès de son public et nous a offert une tribune où nous avons pu présenter nos connaissances et notre vision d’entreprise en phase de croissance. On pourrait dire sans crainte d’exagérer que le CTA nous a vraiment aidés à mener à bien notre objectif : générer des avantages durables pour les agriculteurs », confirme Attah. L’entreprise figure également dans le récent Rapport sur la numérisation de l'agriculture africaine, 2018-2019. Ce rapport examine pour la première fois les données récentes sur les solutions digitales qui aident l’Afrique sur la voie de la transformation agricole.

Emplacement:

« Le CTA a scruté l’horizon et a fait découvrir aux petits exploitants l’agriculture de demain »

par

Theo de Jager préside l’Organisation mondiale des agriculteurs, qui représente plus de 1,5 milliard d’agriculteurs à travers le monde. Il nous explique ici ce qu’il a appris en collaborant pendant 10 ans avec le CTA et nous dévoile les clés de la réussite du Centre.

La blockchain, une opportunité pour une meilleure traçabilité du cacao durable en Côte d'Ivoire

par , et

La traçabilité est un enjeu majeur dans le secteur cacaoyer en Côte d'Ivoire. Pour Nitidae, la « blockchain » représente une solution pour lutter contre la fraude et favoriser une production éthique. L'ONG lyonnaise, avec l'appui du CTA et de Gaiachain, a mené de février 2019 à avril 2020, un projet avec une coopérative de la région de la Mé, en Côte d’Ivoire. Enseignements, bénéfices, perspectives : voici un premier bilan de l'expérience « Cocoblock ».

L’agriculture digitale au secours de l’Afrique dans la lutte contre le COVID-19

par et

Le COVID-19 poursuit son parcours mortifère aux quatre coins de la planète, l’agriculture et les systèmes alimentaires sont mis à rude épreuve. Les communautés vulnérables des régions en développement, comme l’Afrique subsaharienne, pourraient subir de lourdes conséquences face au risque accru de récession, de pénurie alimentaire, de famine et de malnutrition.

Une déclaration pour une meilleure utilisation des données ouvertes dans l’agriculture en Afrique de l’Ouest francophone

par , et

Les délégués des gouvernements des pays africains francophones se sont réunis pour discuter de l’importance des données ouvertes sur le développement économique et social.

Ne pas manquer l'opportunité de travailler avec CTA. Abbonez-vous maintenant!