Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
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Institutionnaliser la capitalisation des expériences pour la réussite des projets futurs

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Le projet de Capitalisation des expériences a promu l'adoption de différentes approches au service du développement rural.

© CTA

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Les initiatives de développement voient le jour puis disparaissent, entraînant avec elles une pléthore d’expériences et de connaissances qui, si elles étaient correctement exploitées, pourraient contribuer à la réussite de futurs projets. Malheureusement, les enseignements tirés de bon nombre de ces projets ne sont ni documentés, ni partagés, ni donc utilisés.

Au cours des trois dernières années, le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) a mis en œuvre le projet « Capitalisation des expériences pour un plus grand impact dans le développement rural », en collaboration avec l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l’Institut interaméricain de coopération pour l'agriculture (IICA), et avec le soutien financier du Fonds international de développement agricole (FIDA).

Ce projet, qui a débuté en 2016, comprenait une série d’ateliers auxquels ont participé des professionnels du développement des quatre coins du monde. Son principal objectif était de promouvoir l’adoption ou l’institutionnalisation de l’approche de capitalisation des expériences – c’est-à-dire leur utilisation régulière par les projets et les organisations afin d’identifier périodiquement des enseignements à tirer et des recommandations à formuler.

De nombreux cas dans lesquels un processus d’institutionnalisation est d’ores et déjà en cours ont été recensés, et 25 d’entre eux ont fait l’objet d’une analyse détaillée lors d’un atelier final qui s’est tenu à Amsterdam du 18 au 21 février 2019. Cet événement a permis de cerner et d’examiner les facteurs propices à l’institutionnalisation, et, lorsqu’ils seront publiés, les cas analysés seront partagés avec les participants au projet, ainsi que diffusés auprès d’autres personnes qui s’intéressent à ce processus.

« Le but de ce projet n’était pas simplement d’aider ou d’encourager les organisations à initier un processus de capitalisation ou à tester cette approche une unique fois, mais plutôt d’aider ces organisations à mettre en place les conditions qui leur permettraient de continuer à appliquer cette approche à l’avenir, ainsi que de développer le matériel de formation, les compétences et les conditions générales qui permettraient à une organisation de mettre cette approche en œuvre de façon continue », explique Jorge Chavez-Tafur, coordinateur de projet et responsable de la gestion des connaissances au CTA.

Adopter l’approche

Prudence Ayebare, représentante de la Fédération nationale des agriculteurs d’Ouganda (UNFFE) et participante au projet, estime que le projet de capitalisation des expériences a joué un rôle central dans la transformation de la manière dont les connaissances sont produites et utilisées au sein de son organisation. Elle reconnaît qu’avant de découvrir cette approche, son organisation se préoccupait surtout du suivi et de l’évaluation, ainsi que de l’établissement de rapports. Cependant, ce projet a eu un impact tel que l’approche de capitalisation a été adoptée, et cette évolution a modifié la façon dont le personnel de cette organisation recueille, documente et partage les informations.

« Quand j’ai quitté le tout premier atelier de formation organisé par le CTA dans le cadre de ce projet, à Nairobi, en 2016, je me suis demandé comment reproduire ce que nous avions appris, et j’ai alors élaboré une stratégie pour discuter plus facilement de cette approche avec mes collègues. Certains membres du personnel se sont montrés intéressés et nous avons organisé un atelier pour leur permettre d’en apprendre plus sur la capitalisation des expériences », raconte Prudence.

« S’il a d’abord été difficile de convaincre des membres du personnel de se lancer, ceux que nous avons convaincus en sont aujourd’hui aux premières étapes de la production de leurs propres publications. Des membres de la direction ont également manifesté leur intérêt pour ce projet et ont sollicité l’organisation d’un autre atelier », poursuit-elle. Prudence est convaincue que cette évolution constitue une avancée majeure et que ses collègues de l’UNFFE et d’autres organisations actives en Ouganda commenceront bientôt à partager de nombreux enseignements et recommandations.

Pour Esteban Tapella, un autre participant qui travaille comme professeur à temps partiel à l’Université de San Juan, en Argentine, et comme consultant freelance, la « capitalisation des expériences » n’était pas un concept nouveau, puisqu’il s’agissait de son domaine de travail. Toutefois, ce projet était unique à ses yeux : « Dans la plupart des initiatives auxquelles j’ai participé, les organisateurs se contentent de dispenser une formation. Je forme moi-même des gens, mais je n’ai aucune idée de la façon dont ils utilisent ensuite les informations fournies, ni même s’ils les utilisent seulement. Mais, dans le cadre de ce projet, nous avons suivi le processus du début à la fin. Cela a abouti à une série de publications sur les cas préparés par l’ensemble des participants, qui permettent de diffuser les informations et les enseignements tirés à grande échelle – non seulement auprès des personnes qui ont pris part au processus de formation, mais aussi auprès d’autres groupes. Je pense que c’est très utile, car cela démontre la valeur ajoutée de cette approche », conclut-il, en ajoutant qu’il a adapté certaines des leçons tirées dans son pays.

Beaucoup d’organisations différentes ont adopté l’approche de capitalisation des expériences, y compris le CTA. En janvier 2019, le CTA a achevé une série d’ateliers de capitalisation organisés à Wageningen et axés sur plusieurs de ses domaines d’intervention, à savoir la digitalisation, la jeunesse et le climat, ainsi que le thème transversal du genre. La participation du personnel et des partenaires de projet du CTA a permis de produire plusieurs fiches techniques, articles et blogs, avec encore plus d’enseignements tirés et de recommandations formulées.

Des directives pour mettre en œuvre cette approche de façon efficace sont décrites dans la publication, en anglais : Facilitating experience capitalization: A guidebook.

Une série sur la capitalisation des expériences

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Trois brochures consacrées à la capitalisation des expériences viennent de paraître : chacune comportant 12 histoires décrivant et analysant le travail de différents projets et organisations en Afrique de l’Est et de l’Ouest.

Capitalisation des expériences au CTA

Le projet « Capitalisation des expériences pour un plus grand impact dans le développement rural » est mis en œuvre dans différentes parties du monde par le CTA en collaboration avec la FAO et l’Institut interaméricain de coopération pour l’agriculture (IICA), avec le soutien financier du FIDA.

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