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Jaguza Tech, pour simplifier la gestion du bétail

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Jaguza Tech est une entreprise ougandaise qui applique la technologie du cloud à la gestion du bétail.

© CTA

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Un jeune garçon ougandais voulait aider les éleveurs de son pays à améliorer, moderniser et simplifier la gestion du bétail. Il a concrétisé sa vision et gère aujourd’hui Jaguza Tech, une entreprise internationale, qui a le potentiel de changer la vie d’innombrables acteurs de la chaîne de valeur agricole.

Jeune orphelin de 12 ans, j'élevais des lapins pour payer mes frais de scolarité. Imaginez ma consternation lorsqu’un beau matin, j’ai découvert que mes lapins – ma seule source de revenus – avaient succombé à une soudaine maladie. Tous ! A partir de ce jour-là, je n’ai eu qu’un seul objectif : trouver un moyen de prévenir la propagation de maladies animales pour éviter ce drame aux autres éleveurs, tout en améliorant la productivité des élevages.

C’est ce qui m’a donné l’idée et l’envie de suivre des études d’ingénierie logicielle. Encore étudiant à l’Université de Makerere, à Kampala, la capitale de l'Ouganda, j’ai expliqué ma vision à d’autres étudiants qui se sont joints à moi pour m’aider à concrétiser ce projet.

Une vision qui se concrétise

En 2017, mes amis et moi avons fondé Jaguza Tech, une entreprise qui applique la technologie du cloud à la gestion du bétail. L'entreprise utilise l'intelligence artificielle, l’Internet des objets, l'apprentissage automatique et le big data pour résoudre certains des principaux problèmes qui touchent de plein fouet le secteur de l'élevage. Il s'agit notamment de la perte de bétail à cause de maladies très répandues, des vols de bétail et de l'absence de systèmes appropriés pour le suivi et la gestion du bétail.

Le système mis au point par Jaguza utilise des capteurs à faible coût, des drones, des colliers et des étiquettes d’oreille intelligentes, ainsi que des trackers GPS pour recueillir en temps réel des informations sur la localisation, la vitesse de déplacement et la température corporelle des animaux. Ces données sont ensuite traitées, ce qui nous permet de trouver des solutions à certains problèmes du secteur de l’élevage. Les informations et les solutions sont intégrées et disponibles dans une application mobile. Les éleveurs ont ainsi accès en temps réel aux prix du marché et aux prévisions météorologiques. Ils peuvent aussi enregistrer les activités de leur exploitation au jour le jour et bénéficier de services vétérinaires en ligne.

Notre système n’a pas été uniquement conçu pour les éleveurs de bétail, notamment les éleveurs de bovins, de chèvres et de porcs. Il peut également être utilisé par les acheteurs, les consommateurs, les agents de vulgarisation et d’information sanitaire, les vétérinaires et les responsables politiques. Même si notre entreprise est relativement jeune, nous sommes déjà actifs dans trois autres pays : les Fidji, le Mozambique et la Namibie. Et nous envisageons également de lancer notre système à l’échelle pilote aux Etats-Unis.

Pitch AgriHack – une expérience très précieuse

Nous avions participé à l'édition 2017 du concours Pitch AgriHack ; nous étions classés parmi les finalistes. Lors de l’édition 2019, nous étions davantage confiants. Nous étions convaincus de l’utilité de notre produit et de sa capacité à faciliter la transition numérique pour une alimentation et un élevage durables. La préparation et la participation au Pitch AgriHack a été une aventure passionnante mais aussi un exercice difficile. Pour nous y préparer, nous avons dû lire et faire des recherches, nous entraîner pour l’épreuve du pitching et modifier notre produit en l’adaptant aux suggestions formulées par nos clients.

La finale du concours, qui s’est déroulée lors du Forum pour une révolution verte en Afrique (AGRF) 2019, au Ghana, a été très riche en enseignements pour notre équipe. La session sur la préparation à l'investissement a été très instructive. Nous avons aussi appris à identifier les phases de développement d’une start-up, ce qui est essentiel pour choisir le type de financement le plus approprié : subventions, épargne personnelle, capital-risque ou crowdfunding. Nous avons également appris à interagir efficacement avec les investisseurs potentiels et à leur « pitcher » notre projet. Autre plus, l’apprentissage de la modélisation d’entreprise, une technique très utile pour évaluer la pénétration du marché.

L'initiative AgriHack Talent est vraiment très importante. Elle assure la formation de jeunes entrepreneurs et de start-up, ce qui les aide à prendre des décisions commerciales parfaitement documentées. Et surtout, ce concours améliore notre visibilité et nous permet de bénéficier d’un feedback constructif et de services de mentorat.

Comme nous avions déjà participé à une précédente édition, nous attendions avec beaucoup d’appréhension les résultats du Pitch AgriHack 2019, d’autant que nous avions travaillé sans relâche afin d’améliorer encore notre produit pour la finale. Lors de la remise des prix, comme une série d’entreprises avaient déjà été récompensées, nous avons cru un moment que nous avions une nouvelle fois échoué. Mais à notre plus grande surprise, Jaguza a reçu le dernier prix annoncé, celui de la catégorie « Entreprises avancées ». Et nous avons ainsi eu la fierté de recevoir un prix de 15 000 €.

Grâce aux très nombreuses connaissances que nous avons acquises et au prix, nous envisageons de poursuivre notre développement en lançant nos activités et notre produit dans d'autres pays d'Afrique de l'Est, plus précisément au Kenya. Nous avons déjà obtenu des certificats ISO auprès de la National Information Technology Authority (NITA) ougandaise. Nous avons aussi récemment identifié un fabricant local à qui nous allons confier la préparation de nos étiquettes d'oreille intelligentes. Nous créerons ainsi des emplois et réduirons les coûts de production, ce qui nous permettra de proposer notre produit à un prix plus abordable.

Nous prévoyons par ailleurs d’utiliser le prix pour ouvrir une ferme de démonstration dans la partie ouest du pays. Nous l’utiliserons pour former les clients potentiels, les éleveurs, les vétérinaires, les chercheurs, les étudiants et les autres acteurs agricoles à l’utilisation de notre système de gestion du bétail.

En résumé, nous sommes vraiment ravis d’avoir une nouvelle fois participé à Pitch AgriHack du CTA.

Une start-up nigériane fait accéder les petits exploitants au potentiel des grands marchés

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Foodlocker, basée au Nigeria, était l’une des 11 start-up gérées par des femmes finalistes du concours Pitch AgriHack 2019 du CTA. Elle s’est finalement distinguée dans la catégorie « Plateforme avancée ». Cette entreprise aide les petits exploitants à accéder à des marchés importants et très rémunérateurs. Jennifer Okoduwa, cofondatrice, explique comment.

Smart Brooder : de l’espoir pour le secteur avicole kényan

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En août 2014, après avoir subi de lourdes pertes, un groupe d’étudiants ingénieurs qui s’étaient lancés dans l’aviculture ont eu une idée qui allait non seulement sauver leurs animaux, mais aussi aider des centaines de petits éleveurs de volaille kényans.

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