Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
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L’agriculture digitale au secours de l’Afrique dans la lutte contre le COVID-19

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With the impact of COVID-19 pandemic on food and nutrition security expected to be harsh, poverty and malnourishment could become even worse. Digital agriculture offers a glimpse of hope.

© CTA

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Le COVID-19 poursuit son parcours mortifère aux quatre coins de la planète, l’agriculture et les systèmes alimentaires sont mis à rude épreuve. Les communautés vulnérables des régions en développement, comme l’Afrique subsaharienne, pourraient subir de lourdes conséquences face au risque accru de récession, de pénurie alimentaire, de famine et de malnutrition.

En Afrique subsaharienne, le secteur agricole est principalement composé de petits exploitants, dont beaucoup travaillent déjà dans des conditions difficiles en raison de la variabilité climatique et du manque de ressources. Les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle risquent d’être dramatiques et d’exacerber davantage la pauvreté et la malnutrition. Il est donc impératif que l’Afrique subsaharienne soit en mesure de garantir les activités de base nécessaires à la production, au commerce et à la fourniture de denrées alimentaires. Dans un tel contexte, l’agriculture digitale représente une véritable lueur d’espoir.

En effet, les progrès réalisés ces dernières années en matière de digitalisation de l’agriculture en Afrique pourraient servir de base solide au développement de nouvelles initiatives visant à atténuer les effets du COVID-19 sur la sécurité alimentaire.

La pandémie est déjà en train d’accélérer la transformation digitale de l’Afrique. Il est donc nécessaire que les gouvernements et les parties prenantes soutiennent ces démarches de digitalisation de l’agriculture africaine en améliorant les infrastructures et les systèmes de livraison essentiels à la production, au commerce et aux chaînes d’approvisionnement agroalimentaires.

Grâce à la digitalisation, il est actuellement possible d’assurer l’approvisionnement en produits de base essentiels pour les activités agricoles en Afrique subsaharienne, en mettant à la disposition des agriculteurs des services de conseil, de commercialisation, de financement et de chaîne d’approvisionnement – qui sont autant de services essentiels en ces temps difficiles.

Ces dernières années, le CTA, dont la fermeture est prévue en 2020, s’est employé à promouvoir les nouvelles technologies et leur adoption par les petits exploitants et d’autres acteurs du système alimentaire afin que l’Afrique puisse exploiter pleinement son potentiel de digitalisation. Aujourd’hui plus que jamais, ces progrès doivent être encouragés.

Utiliser les services digitaux pour protéger les activités agricoles essentielles

Les activités de production alimentaire telles que le labourage, la plantation, le désherbage et la récolte sont des activités saisonnières où le temps est compté  : tout retard dans l’accès aux intrants et aux conseils agronomiques peut avoir des conséquences dévastatrices en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Alors que les gouvernements sont vivement encouragés à considérer la production et la logistique d’approvisionnement alimentaires comme des activités essentielles, le recours aux solutions digitales permet non seulement de réduire le risque de propagation du virus, mais aussi d’améliorer les rendements en cas de pénurie de main-d’œuvre.

Au Kenya, l’entreprise FarmIT fournit divers services aux agriculteurs : soutien agronomique, mise en relation avec les marchés, solution de commerce électronique... Tandis qu’en Zambie, eMsika constitue la principale plateforme africaine de commerce de gros et de détail pour les produits agricoles.

Dans la situation actuelle, il est essentiel de disposer de données en temps réel obtenues grâce à des outils de télédétection - tels que les drones et les satellites - et à un accès à des téléphones mobiles et à internet. Pour faire la différence, des systèmes inclusifs, destinés en particulier aux femmes et aux groupes défavorisés, doivent être mis en place.

Maintenir les chaînes d’approvisionnement alimentaire en mouvement

Les start-up qui se développent sur le continent ont besoin de soutien pour maintenir les chaînes d’approvisionnement en mouvement et garantir l’accès aux denrées alimentaires pour tous. A mesure que les chaînes d’approvisionnement mondiales s’effondreront, les entreprises et les marchés locaux devront plus que jamais être protégés.

Le commerce en ligne, la livraison de produits et les plateformes de partage d’équipements permettent de maintenir les activités de production et de distribution, tout en respectant les mesures de distanciation sociale. A titre d’exemple, les plateformes de commercialisation Mkulima Young et G-Soko mettent les agriculteurs en relation avec les fournisseurs et les distributeurs, veillant ainsi à ce que les produits parviennent aux commerçants et aux consommateurs.

Alors que les taux de pénétration d'internet et d’accès à la téléphonie sont en constante augmentation, l’Afrique subsaharienne dispose d’un immense potentiel de développement du commerce en ligne, qui est pourtant encore sous-exploité.

Renforcer les services digitaux dans les opérations logistiques permettra de garantir l’approvisionnement alimentaire des communautés isolées, en particulier en ce qui concerne le commerce transfrontalier. Les plateformes de commerce électronique rendent ces échanges plus efficaces ; en témoigne d’ailleurs la mise en place par l’Union européenne de « voies réservées » pour les produits de première nécessité afin de garantir la continuité du transport de marchandises.

Atteindre les populations vulnérables

On estime qu’en raison de la crise du COVID-19, le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde devrait doubler, ce qui ne sera pas sans conséquence pour les plus vulnérables comme les femmes, les enfants et les personnes âgées. Les effets de cette pandémie seront particulièrement dévastateurs pour ces populations si l’approvisionnement alimentaire venait à être interrompu, ce qui ne ferait qu’aggraver les problèmes d’accès actuels. Il est donc indispensable de soutenir les programmes d’assistance alimentaire et de sécurité sociale.

Les outils digitaux tels que la plateforme Chowberry permettent de garantir que les denrées alimentaires et les informations parviennent aux populations les plus vulnérables et d’éviter le gaspillage, même en cas de confinement, de quarantaine ou d’isolement volontaire. Même si ces outils ne sont pas toujours conçus spécifiquement pour ces groupes, ils peuvent être adaptés afin d’atteindre les populations qui en ont le plus besoin. Par exemple, la start-up ghanéenne Farmerline se sert de son service de messagerie vocale pour communiquer les dernières informations importantes relatives au COVID-19 aux communautés agricoles vulnérables.

Consolider les systèmes alimentaires

A l’heure actuelle, la priorité doit être de fournir des secours immédiats. Toutefois, cette crise est également l’occasion d’améliorer les infrastructures digitales et de mettre en place des systèmes de soutien plus fiables pour les petits exploitants agricoles, en favorisant des partenariats plus étroits entre le gouvernement africain et le secteur privé en vue de promouvoir la digitalisation à plus long terme.

Nous pouvons, en agissant rapidement, nous appuyer sur les services digitaux existants pour faire en sorte que les denrées alimentaires et les approvisionnements parviennent dès maintenant aux populations les plus démunies dans le monde – et ainsi faire face à la crise actuelle du COVID-19 tout en consolidant les systèmes alimentaires de demain. Cette démarche permettra de garantir l’approvisionnement alimentaire à court terme pendant la crise sanitaire et de créer un système plus durable à long terme.

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