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L’expertise du CTA au service de la création d’un Conseil digital international pour l’alimentation et l’agriculture

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Ben Addom lors de GFFA 2020, à Berlin.

© CTA

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Une vaste consultation, impliquant notamment le CTA et d’autres parties prenantes, a abouti à l’élaboration d’une note conceptuelle concernant la création d’un Conseil digital international pour l’alimentation et l’agriculture. Une fois mis sur pied, le Conseil adressera des recommandations aux gouvernements et aux autres intervenants concernés pour leur permettre de tirer parti de l’immense potentiel que recèle la digitalisation pour le système agroalimentaire mondial.

La note conceptuelle était présentée lors d’un événement organisé en marge du Forum mondial pour l’alimentation et l’agriculture (GFFA) à Berlin en Allemagne, le 16 janvier 2020, et a été approuvée par 72 ministres de l’agriculture. La FAO, le CTA et huit autres institutions partenaires ont élaboré la note à la demande de 74 ministres de l’Agriculture et représentants de haut niveau d’organisations internationales lors du GFFA 2019, qui avait pour thème « L’Agriculture passe au digital – Solutions intelligentes pour l’agriculture de demain ».

L’édition 2019 du GFFA, organisée entre autres avec le soutien du CTA, a permis de mettre en évidence certains des enjeux les plus urgents pour le système agroalimentaire : taux élevé de faim et de malnutrition dans le monde ; croissance démographique continue ; conséquences du changement climatique telles que les pénuries d’eau, la dégradation des sols et la perte de biodiversité, etc. Dans un tel contexte, la digitalisation pourrait apporter un second souffle à l’agriculture en facilitant et en accélérant la transformation du secteur, qui a cruellement besoin de changement.

Dans le communiqué publié au terme du GFFA 2019, les ministres présents lors du Forum ont fait part de leur intention de mettre le potentiel du passage au digital au service de la productivité agricole et de la production. Plus précisément, le communiqué indique que les solutions digitales doivent « favoriser une production respectueuse de l’environnement et du bien-être des animaux, accroître la qualité et la sécurité des produits agricoles, réduire les coûts de production, améliorer la disponibilité des informations dans l’ensemble du système agro-alimentaire et faciliter les échanges commerciaux ».

Afin de concrétiser cette ambition, le communiqué invite dans un premier temps la FAO à développer un concept pour la création d’un Conseil digital international pour l’alimentation et l’agriculture qui conseillera les gouvernements et les autres parties prenantes du système agroalimentaire, favorisera l’échange d’idées et d’expériences et tirera parti des possibilités offertes par la digitalisation.

Un rôle actif dans le processus de consultation

Au cours de l’année suivante, la FAO a consulté environ 355 parties prenantes issues de plus de 100 organisations, parmi lesquelles figuraient, outre le CTA, la Banque africaine de développement, le Fonds international de développement agricole, le Groupe de la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce. Le directeur du CTA, Michael Hailu, et moi-même avons pris part à certaines consultations, dont la première séance de réflexion conceptuelle organisée le 13 juin 2019 à Rome, en Italie. L’objectif de cette séance était d’esquisser une première définition du rôle et des activités du Conseil digital et des interactions qu’il aura avec les différentes parties prenantes.

En tant que représentants du CTA, une organisation pionnière dans le domaine de la digitalisation de l’agriculture (D4Ag), nous avons pu présenter divers aspects de l’expertise et de l’expérience du CTA en la matière ; nous avons notamment parlé du processus d’influence sur les politiques, de la promotion de l’agriculture de précision et de l’accès des petits exploitants agricoles à des services de financement et d’assurance innovants.

Du 17 octobre au 8 novembre 2019, les diverses parties prenantes ont eu la possibilité de soumettre leurs commentaires sur l’ébauche de la note conceptuelle. Michael Hailu a été l’un des intervenants invités à s’exprimer sur les recommandations relatives à la mise en place du Conseil digital lors de la présentation de la note conceptuelle finale au GFFA 2020. Il a souligné que bien qu’il n’existe pas encore de conseil semblable à celui proposé, de nombreuses organisations mènent déjà des activités D4Ag. Selon lui, pour que la note conceptuelle puisse se concrétiser, il est essentiel que le Conseil digital s’inspire des initiatives existantes dans le domaine et évite de réinventer la roue.

Le Rapport sur la numérisation de l'agriculture africaine, 2018-2019, publié en juin 2019 par le CTA, a constitué un outil précieux tout au long du processus de consultation. Véritable référence, ce rapport est le premier document visant à rassembler les données existantes et à apporter des connaissances et des preuves sur les effets des initiatives de digitalisation qui orienteront les décisions politiques et d’investissement prises à l’avenir. Dans le cadre de notre contribution technique à la note conceptuelle, nous avons partagé le rapport avec la FAO, car il expose un grand nombre des problèmes qui subsistent en matière de digitalisation, tout en formulant des recommandations concernant la création d’un écosystème D4Ag qui soit coordonné, durable et inclusif. A l’heure actuelle, cet écosystème est encore trop fragmenté et ne permet pas de produire des effets à grande échelle.

La digitalisation pour répondre aux besoins des bénéficiaires du système agroalimentaire

La note conceptuelle approuvée, les dispositions financières de soutien aux opérations du Conseil digital vont pouvoir être définies. Sous réserve de l’approbation de son financement, le Conseil sera officiellement créé et le groupe des représentants intergouvernementaux (l’une des cinq unités opérationnelles proposées) fixera l’ordre du jour initial.

Je suis intimement convaincu de la nécessité et de l’importance de créer un tel conseil pour un secteur aussi prometteur que l’agriculture. Lors de la mise en place du Conseil, des mesures devront être prises pour veiller à ce qu’il reflète les besoins des bénéficiaires du système agroalimentaire et pour que la digitalisation serve d’outil à même de transformer en profondeur le secteur agricole.

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