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Les drones pourraient devenir un des moteurs de l’agriculture au Sénégal

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par Malick Diagne

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Malick Diagne, à la tête de GeoRisk Afric, a participé aux formations sur l’utilisation de drones dans l'agriculture de précision, organisées par le CTA et l’entreprise Parrot, dans le cadre du projet "Transformer l'agriculture africaine - Les yeux dans le ciel pour des technologies intelligentes au sol". Ce chef d’entreprise sénégalais, fort de son expérience dans l’environnement et la gestion des ressources naturelles, explique l’opportunité que sont les drones pour innover dans les techniques d’acquisition de données géospatiales.

L’agriculture est au cœur des activités de mon entreprise, GeoRisk Afric. Si nous concentrons nos services sur la cartographie, la gestion des risques de catastrophes naturelles et les études environnementales, les services de drones dans l'agriculture de précision constituent une évolution évidente des actions que nous menons pour le développement agricole du Sénégal. Ils offrent par ailleurs de nouvelles possibilités de collaborations innovantes avec des clients potentiels comme la Compagnie nationale d’assurance agricole du Sénégal (CNAAS), la Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (CNCAS), la Direction de l’analyse, des prévisions et des statistiques agricoles (DAPSA) et la Direction de la protection civile pour la gestion des risques environnementaux et industriels.

La formation aux drones dans l'agriculture de précision proposée dans le cadre du projet Transformer l'agriculture africaine - Les yeux dans le ciel pour des technologies intelligentes au sol, dit Eyes in the Sky, du CTA, découverte au hasard des réseaux sociaux, représentait donc l’occasion parfaite pour GeoRisk Afric de mettre le pied dans un marché en pleine expansion. Une chance pareille ne se reproduirait pas de sitôt.

"Eyes in the Sky" : de la théorie à la pratique

Du 11 au 18 juillet 2018 à Lusaka, en Zambie, j’ai suivi, aux côtés de participants venant d’une douzaine de pays africains, différents modules de formation à l’utilisation des drones sous la houlette de plusieurs experts : Giacomo Rambaldi, coordonnateur de programme senior au CTA, Hamza Rkha Chaham, directeur général de SOWIT, Walter Volkman, expert en systèmes de positionnement, Thomas Subi, co-directeur et fondateur de la société iDrone Services, et le Capitaine Maxwel N Cjama, inspecteur des opérations à l’Autorité nationale de l’aviation civile de la Zambie. Deux autres membres de GeoRisk Afric se sont joints à moi : Alassane Mbengue, spécialiste en cartographie, et Mami Thioro Diouf, en charge de la communication et du marketing.

Les modules ont porté sur :

  • les applications des drones pour l’agriculture et les métiers relatifs aux données géolocalisées
  • la gestion d’entreprise (assuré par le cabinet Ernst and Young)
  • la communication digitale
  • les dernières avancées concernant la règlementation sur l’utilisation des drones par l’Union africaine.

La formation s’est poursuivie grâce au financement de Parrot, à l’université de Cape Coast, au Ghana, du 2 au 4 octobre 2018. Au programme : exercices de pilotage, manuel et automatique, contrôles et mesures de sécurité à considérer pour chaque mission de vol et exploitation des données.

GeoRisk Afric va proposer des services de drones

Les applications possibles des drones dans l’agriculture au Sénégal, qui emploie prés de 60 % de la population, sont nombreuses. Pour notre part, nous envisageons ainsi d’accentuer notre intervention dans ce domaine pour l’inventaire des cultures, la détection des maladies ou des stress hydriques et l’estimation de récoltes. L'utilisation de services de drones apportera une grande valeur ajoutée, d’autant que l’agriculture sénégalaise est fortement dépendante de la pluviométrie. En effet, cela permettrait aux autorités étatiques en charge de la gestion de l’agriculture de bénéficier de données précises et fiables pour une bonne gestion de la campagne de distribution des intrants agricoles. Dans le même sillage, nous souhaitons nous concentrer sur l’estimation des dégâts causés aux cultures suite à des intempéries et aux pauses pluviométriques pour les besoins de compagnies d’assurances. Cela permettrait à tous les acteurs (paysans, compagnies d’assurances, organisations communautaires de base, collectivités locales, etc.) de disposer d’informations pertinentes facilitant la prise de décision.

Par exemple, nous sommes en train de monter, avec la CNAAS, un projet d’assurance indicielle qui se basera sur les données antérieures de production et de rendement et les données de suivi actuel par drone pour définir sur la base d’indicateurs que nous mettrons en place des paramètres d’assurance. Ces paramètres tiendront donc compte des données exactes des cultures, et cela grâce aux drones. Un autre exemple est la cartographie des zones horticoles que nous proposons gratuitement à la Direction de l’horticulture afin d’exécuter, pour le compte du Projet de développement inclusif et durable de l’agribusiness au Sénégal (PDIDAS), un suivi des cultures horticoles par drone. Nous capturons l’hétérogénéité au sein de la parcelle pour fournir, avec l’aide des agronomes, des recommandations sur les apports précis de fertilisants (azote, phosphore, potassium ou NPK) dans chaque mètre carré de zone cultivée.

Attestation de participation en poche, GeoRisk Afric veut maintenant conquérir le marché sénégalais. Je peux déjà compter sur le CTA pour faciliter la mise en relation avec des clients potentiels, ainsi que sur le réseau des autres participants, rencontrés en Zambie puis au Ghana. En novembre 2018, je me suis rendu à Sindia et à Sébikhotane, à 70 km de la capitale, pour tester mon drone. L’aventure ne fait que commencer. Possibilités et opportunités sont immenses. L’utilisation des drones pour l’agriculture pourrait bien être l’un des moteurs tant attendus de l’agriculture du Sénégal.

Emplacement:

Les drones au service d’une agriculture de précision en Afrique

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