Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
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Les partenariats comme moyen de transformer l’agriculture

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Michael Hailu, directeur du CTA, durant l'AGRF 2019, à Accra, au Ghana

© CTA

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Le mandat de Michael Hailu, directeur du CTA depuis près de 10 ans, s'achève en février 2020. Nous nous sommes entretenus avec lui pour évoquer la façon dont le CTA a contribué à la transformation agricole dans les pays ACP au cours de la dernière décennie.

Au cours des dix dernières années, l’agriculture s’est hissée au rang des grandes priorités de l’agenda politique. Quelles en sont, selon vous, les raisons et quels sont les défis qui doivent encore être relevés pour transformer réellement le secteur agricole ?

J'ai rejoint le CTA en 2010, peu après la crise mondiale des prix alimentaires, une situation qui a clairement incité les décideurs politiques à donner la priorité au développement agricole durable. Depuis lors, les efforts se sont réorientés sur l’agriculture en tant que moteur de la croissance économique, de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans les pays ACP.

En 2015, lorsque les Objectifs du millénaire pour le développement ont fait place aux Objectifs de développement durable (ODD), la sécurité alimentaire, la nutrition et l'agriculture durable ont bénéficié d’une attention accrue au niveau des politiques. Ainsi, l’ODD 2 – « Faim zéro » – reconnaissait à plus juste titre le rôle de l'agriculture dans la sécurité alimentaire. L'Accord de Paris a également contribué à faire de l’agriculture une priorité clé et un enjeu majeur pour le développement – ce secteur contribue en effet au changement climatique tout en étant touché de plein fouet par les impacts de ce phénomène.

Au cours de ces dix dernières années, l’agriculture est ainsi devenue une priorité majeure du programme de développement. Gardons-nous toutefois de nous reposer sur nos lauriers. Nous devons encore consentir beaucoup d’efforts pour accroître la productivité, réduire le gaspillage alimentaire, renforcer la résilience au changement climatique et rendre l'agriculture plus durable. Car les chiffres ne sont malheureusement pas encourageants. Le nombre de personnes souffrant de la faim est reparti à la hausse en 2016 et s'élève aujourd'hui à 820 millions. Je me réjouis en revanche de l’évolution radicale de l’approche en ce qui concerne le secteur alimentaire. Alors que dans le passé, l'accent était mis uniquement sur la productivité, nous nous orientons à présent vers une approche de transformation des systèmes alimentaires. Les efforts sont donc aussi clairement axés sur la qualité des aliments, la durabilité et l'impact de l’alimentation sur la santé et l'environnement.

Comment le CTA a-t-il contribué au programme de transformation agricole au cours des dix dernières années ?

Le CTA est une organisation de taille relativement modeste. Nous avons donc dû adapter notre stratégie pour mieux répondre aux nouveaux défis. Le CTA s’est donné pour mission de faire des petites exploitations agricoles des entreprises dynamiques et pérennes. Nous avons axé nos effort, pour réaliser notre vision et notre objectif général de soutien à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, en faisant de l’agroalimentaire un secteur durable et résilient au changement climatique, sur les innovations agricoles, qui peuvent contribuer à la transformation du secteur et à la création d’emplois.

Plus récemment, le CTA a réorienté ses efforts et ses activités, misant sur la digitalisation pour stimuler la transformation de l’agriculture. Nous avons apporté ici une contribution significative en facilitant la diffusion des nouvelles technologies et la production d’énormes volumes de données pour que les agriculteurs puissent avoir plus facilement accès à des informations en temps réel. Nous avons également joué un rôle majeur dans l’introduction de technologies et d'innovations digitales pour aider à relever d'importants défis dans l'agriculture, notamment le changement climatique.

L'UE, qui finance le CTA, investit massivement dans la digitalisation de l'agriculture. Le CTA a canalisé une partie de ce soutien et apporté ainsi une contribution directe à la politique "The EU Digital for Development policy", en particulier en encourageant l'agriculture durable et l'esprit d'entreprise grâce à la digitalisation. Nous espérons que le travail du CTA servira de base à la poursuite du soutien de l’UE à la promotion de la digitalisation, en vue de la réalisation de l’ODD 2.

Le CTA, par le biais de ces initiatives et de bien d’autres activités, a apporté une contribution importante à la promotion de la transformation agricole. Mais tout cela n’aurait jamais été possible sans nos partenariats solides avec un large éventail d'acteurs – notamment le secteur public, la société civile, les organisations du secteur privé – et le soutien institutionnel et financier de l'UE et des pays ACP. Nous explorons actuellement de nouvelles pistes avec une série de partenaires qui souhaitent poursuivre notre travail à travers des synergies avec d'éventuels bailleurs de fonds. Nous voulons en effet que les agriculteurs et les jeunes entrepreneurs puissent continuer à bénéficier d’un soutien.

Nous avons beaucoup évoqué ce qui s’est passé au cours des dix dernières années. Quels espoirs nourrissez-vous pour le secteur agricole des pays ACP au cours de la prochaine décennie ?

Des défis importants nous attendent, d’autant que les agriculteurs du monde entier sont touchés de plein fouet par l’impact du changement climatique et que les objectifs d’émission ne sont toujours pas atteints. Pour susciter de réels changements, les gouvernements doivent prendre des engagements et agir. L’éradication de la faim et la réalisation des cibles des ODD doivent absolument passer par le respect des engagements au niveau des pays. Alors la coopération internationale au développement peut réellement porter ses fruits.

Les nouvelles technologies et les innovations peuvent catalyser la transformation du secteur. Reste à définir comment faire en sorte que ces technologies et innovations soient plus facilement accessibles et abordables. Si les gouvernements, les autorités locales, le secteur privé et la communauté internationale du développement travaillent sur la base d’une vision clairement définie, je pense que nous avons de réelles chances de susciter une véritable transformation de l’agriculture.

Emplacement:

Les données au service des décisions agricoles : l’exemple de la CAPAD, au Burundi

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Le projet « Suivi des exploitations agricoles familiales au sein des coopératives membres de la CAPAD » financé par le CTA dans le cadre de l’initiative Data4Ag, a pour but d’améliorer les activités de valorisation et de commercialisation des produits agricoles à travers l’utilisation et l’expérimentation des technologies de l'information et de la communication (TIC) au service des producteurs membres de la CAPAD, au Burundi.

L’expertise du CTA au service de la création d’un Conseil digital international pour l’alimentation et l’agriculture

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Une vaste consultation, impliquant notamment le CTA et d’autres parties prenantes, a abouti à l’élaboration d’une note conceptuelle concernant la création d’un Conseil digital international pour l’alimentation et l’agriculture. Une fois mis sur pied, le Conseil adressera des recommandations aux gouvernements et aux autres intervenants concernés pour leur permettre de tirer parti de l’immense potentiel que recèle la digitalisation pour le système agroalimentaire mondial.

Une politique des données ouvertes pour stimuler la transformation de l’agriculture

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Les données ne sont utiles que si elles sont accessibles et utilisées. Dans de nombreux pays, l'accès aux données se heurte malheureusement à l’absence de politiques des données ouvertes dans de nombreux secteurs économiques, y compris celui de l’agriculture.

Travailler avec les communautés pour faciliter leur accès au crédit

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Hiveonline est une plateforme digitale qui instaure la confiance financière. Cette jeune start-up coopère avec des ONG, des commerçants et des institutions de microfinance afin de soutenir l’écosystème des petites entreprises. L’objectif est de contribuer au développement des communautés en leur donnant les moyens d’avoir accès au crédit et aux marchés. Entretien avec Sofie Blakstad, directrice et fondatrice de Hiveonline, pour évoquer son initiative et le rôle de la technologie de la « blockchain ».

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